ADAM CHASTELAIN
Adam Chastelain, ancien confesseur du duc d'Orléans, successeur, en 1398, de l'évêque Pierre de Savoisy, était originaire de Laon, selon le chanoïne Jean Moreau’, Le Corvaisier* et autres, de Noyon, suivant Renouard”, de Lyon, d'après un Registre du Chapitre’, de Bayeux au dire de dom Briant?. Devant un
ccord, il importe d'attendre la découverte d'un document probant,
semblable dés
avant de rien affirmer à ce sujet.
Dès le 11 octobre 1399, le nouveau pontife se trouvait installé, peut-être à cause « de la grant mortalité » qui régnait alors", au château de Touvoie où il
donnait une charte relative à l'élection comme abbé de la Couture de Guillaume
(1) Bibliothèque du Mans, mss. 97, 206 et 245. (2) Histoire des Évesques du Mans, p. 631.
2ssais historiques sur le Maine, J, 384.
(5) Cenomania.
(6) Archives nationales. JJ 164, fol. 89 ve, ne 158.
Patry, ancien prieur de Solesmes’. Le Maine allait bientôt être envahi par les Anglais. Dès l'année 1412, ceux-ci ravagaient notre contrée”. En 1417, ils s'étaient avancés jusqu'auprès du Mans après avoir pris différentes places, en particulier le château de Touvoie”, et avaient épargné le bourg de La Chapelle-Saint-Aubin moyennant rançon’, Par bonheur, la capitale de la province possédait un vigilant capitaine, « noble et puissant Pierre Chaperon, chevalier », mari de « dame Jeanne d'Averton ». Afin de récompenser le zèle de celui-ci el aussi « sa dévo- » tion envers Dieu, la glorieuse Vierge Marie et saint Julien », le Chapitre lui accorda, le 24 mai 1419, la jouissance d'un jardin situé entre le couvent des Frères Mineurs et les fortifications de la ville”. En même temps (20 octobre 1419), les chanoines payaient certaine somme au maçon Henry Gillot, pour la restauration des murailles d'enceinte, auprès de la maison de l'archidiacre de Sabléf. À la porte de Saint-Vincent, on ne restait pas inactif; comme on
y bâtissait une tour, sur la réquisition de Pierre Bouju, lieutenant, et de
Jean de Breuil, procureur de la reine de Sicile, le Chapitre, en présence de
l'évêque, permit, le 17 septembre 1421, aux bouchers qui avaient leur étal à cet
endroit, d'exposer provisoirement leur viande sur la place devant la cathédrale *. Pierre Chaperon n'existait plus alors”, mais la cité n'en était pas moins occupée par de nombreux hommes d'armes” et ravagée par des maladies contagieuses ".
Le dauphin de France se trouvait au Mans avec son armée, le 15 mai
1421 !!. Le dimanche de la Trinité, 18 mai, il voulut assister dans la cathédrale à
la messe célébrée par Félix, abbé de Beaulieu. Pendant que ce dernier s'habillait au revesliaire, Jean de Bussy, archidiacre de Montfort, et le chanoine Jean de Landisson vinrent le trouver, protestant que, par respect pour le prince, ils le laisseraient célébrer, mais que son exemple ne pourrait servir de précédent,
saints Gervais
l'évêque et les chanoines ayant seuls le droit d'officier à l'autel des et Protais et à celui de saint Julien ?.
En 1423 %, les ennemis faisant des courses continuelles sous les murs de la
G) Gartulaire de la Couture Gmprimé), p. 316. XIb, in festo Nativ » nense…... ». Martyrologe, 244, fol. 314.
@) « Anno Domini Me C is Beate Marie Virginis, venerunt Anglici in Cenoma-
(3) Bibliothèque nationale, ms. De Camps, 48, fol. 663.
(#) Archives de la Sarthe, 8. fol. 44 vo et 45 vo.
(5) Archives de la Sarthe, G 18, fol. 4
(6) Zbid., fol. 21.
(7) Ibid, fol. 51 vo.
(8) 26 février 1420 (v. s.) « Deffunctus dominus P. Chapron, quondam capitaneus, miles... ». 1bid.,
fol. 44 vo.
(9) Voir Bibliothèque nationale, Titres scellés de Clatrambault, à. 5 (10) Archives de la Sarthe, G 18, fol. 31. À (11) De Beaucourt, Charles VII, LI, p the, G 18, lol. 4 (3) Le 4 septembre 143, Jean Michel, chanoine et receveur de la panneterie, se plaint de ne pouvoir en
hives du Chapitre, B/5, p.
, d'après Archives de Grenoble, B 3044, fol. 107.
Archives du
(2) Archives de la apitre, B/15, p. 26
percevoir les revenus, à cause des guerres. Archives du Chapitre, B/15 p. 29.
LES ÉVÈQUES DU XVe SIÈCLE 335
ville, le Chapitre fit placer des chaînes de fer à l'entrée de la cathédrale ! et défendit, le 29 mars 1423 (v. s.) aux processions de sortir en dehors des fortifications ?.
Rien ne put préserver la cité. En 1425, après la donation de notre comté à Bedfort”, les Anglais résolurent de tenter une attaque sérieuse contre Le Mans. Les préparatifs du siège furent poussés avec vigueur dès au moins le 12 juillet.
Bientôt à bout de ressources, les Man-
ceaux songérent à capituler et Adam Chasielain alla, le 2 août, trouver le comie de Salisbury au couvent des Frères Prècheurs ‘, où l'on convint que, si la ville nélail pas secourue, elle se rendrait le 10, à midi. La place, abandonnée à ellemême, ouvrit ses portes le 10 août 1425
el la garnison se relir
, laissant aux ennemis toute son artillerie avec ses munitions.
Chaque homme d'armes conserva simplement son cheval el son équipement militaire ?.
Jehan Falstaff, grand maître d'hôtel du duc de Bedfort, devint capitaine du Mans‘, tandis que Pierre Bouju, lieute-
nant de la reine de Sicile, gardait « le
» gouvernement de la justice » pour les
Anglais et le bailliage de Touvoie pour
l'évêque *. ADAM CHASTELAIN, Malgré une tentative essayée en 1428, BARS LE ENG HER avec le concours de La Hire, Xaintrailles, Guillaume d'Albret, Baudouin de
Champagne, Jean de Bueil, Ambroise de Loré et autres, tentative qui fut d'ailleurs
Mans res
cruellement réprimée", I aux mains des Anglais jusqu'en 1448.
De si malheureux événements semblaient devoir arrêter l'essor donné aux
travaux de la cathédrale. Il n'en fut rien.
Le 1er février 1401 (v.s.), Adam Chastelain remit au Chapitre une circulaire
(1) 6 décembre 1433. Archives de la Sarthe, G 18, fol. 91 vo,
2) Ibid., fol. 99.
(3) Le 21 juin 1424. Archives nationales, JJ 173, fol, 152 ve, no 315 (1) Chronique de Jean Le Févre, seigneur de Saint-Rémy, &. I, p. 1 , Cousinot.
(5) G£. sur le siège du Mans, Monstrelet, Alain
(6) Octobre 1425. Bibliothèque natior , fonds français, 4491, fol. 2 ve.
(7) 1496, mai. Livre rouge, 247, fol.
(8) Voir La Province du Maine, L. II (1895), pp. 1 à 9.
pour faire connaître les indulgences accordées à ceux qui contribuaient à l'œuvre de l'église dont il était question depuis le voyage de Charles VI, en 1392'. Les dons affluèrent car, lout en offrant six écus d'or, l'archidiacre de Sablé* put poser, le 17 février 1402 (v. s.), la première pierre du transept nord où transept royal. Au 9 février 1404 (v. s.), les troncs de la forge rendaient seulement trente-trois livres quatre sous six deniers, plus sept onces de billon noir, somme
augmentée, le 12 mars suivant, de cent livres tournois ? par l'évêque lui-même.
Des indulgences concédées par le pape Benoit XIII, en 1405, et renouvelées plus tard par Alexandre V et Eugène IV, vinrent stimuler le zèle. Le 26 mars 1405 (v.s.). on adopta pour fils spirituel de l'église un trésorier royal
qui s'était employé à faire payer une somme donnée par le roi, et le 30 juin 1406,
« l'os sacré du chef de saint Julien » fut placé dans un reliquaire précieux offert
par Marie de Blois, mère de Louis IT d'Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile. A litre d'exemple, le Chapitre se taxa lui-même, décidant, le 27 novembre 1406, que
tous les chanoines, présents où absents, auraient à payer «€ pour l'ouvrage de la
» forge, la dixième partie du gros de leur prébende”? ». L'archidiacre de Châteaudu-Loir, Pierre de Forges, conseiller de la reine de Sicile et neveu du cardinal
avoir fait son testament le 9 du même
de La Forêt, mort le 18 mai 1409, ap
mois ‘, fut enterré à la cathédrale 7: il légua à la fabrique la somme de huit cents livres et deux cents autres livres pour son anniversaire *.
De 1406 à 1418, l'absence de documents ne permet pas de suivre la marche
des travaux. Mais dès le 10 mars 1418 (v. s.), les renseignements deviennent assez
nombreux. À cette dernière date, apparaît un des princi-
D UT ) gril paux ouvriers du monument, le maçon Henry Gillot”,
dont le nom se voil encore gravé en lettres gothiques
l'intérieur d'un passage pratiqué dans un contre-fort du transept. La direction de
l'œuvre était alors confiée à Nicolas de L'Escluse ", successeur immédiat ou médiat de Jean Lemaçon. Grâce à la persévérance du Chapitre, que n'effraient pas trop les bruits de guerre el qui recommande à ses quarante curés, au synode du 9 juin 1419, en même temps que « la forge de l'église », d'exhorter leurs paroissiens
à venir au moins une fois l'an visiter la cathédrale !!, les murailles s'élèvent
€) Voir plus haut le paragraphe de Pierre de Savoisy €) Était-ce Jean Le Chat (Joannes Cati) qu'on trouve archidiacre de Sablé en 1410, Livre rouge, 247, fol. 251. (3) Et non mille livres ainsi que le dit l'abbé Esnault, Le transept septentrional de La cathédrale du Mans, p. 8. () Morte le 12 novembre 1404.
(5) Archives du Chapitre, B/5, pp. 11 à 15 (6) Archives nationales, X/11 9807, fol. 247 ve. tement reproduite, se trouve dans Gaigni
(7) Son épitaphe, ine . Bibliothèque du Mans, ms. 474. 244, au 15 des calendes de juin.
arthe, G& 18, fol. 2.
(10) 1419, 26 mai. Magister Nicolaus de Lescluse, lathomus, magister operum dicte nostre ecclesie ». Archives de la Sarthe, G 18, fol. 4.
(1) Ibid. fol. 4 vo et suivants.
(8) Mariyrologe, (9) Archives de la
TRANSEPT NORD OÙ ROYAL (XVe SIÈCLE)
LES ÉVÈQUES DU XVe SIÈCLE 339
rapidement, trop rapidement peut-être. En effet, le 20 juin 1419, les chanoines jettent un cri d'alarme: on vient de constater que la construction menace ruine. Immédiatement, ils s'appliquent à réparer le désastre, et, le jour même, ils chargent le chanoine André de Montourdel! de recevoir, de toutes personnes ecclésiastiques ou laïques, tout ce qu'on voudra bien donner, en argent monnayé
ou non monnayé, anneaux d'or el d'argent, joyaux, biens ou choses quelconques,
pour conjurer, s'il est possible, le danger qui menace le transep En présence de ce malheur, des offrandes ne tardent pas à affluer. Le
26 juin 1419, Gervais Le Sourd *, prêtre, donne spontanément une somme de dix
livres tournois *. Deux jours après, 28 juin, on enregistre un don de quatre cents
livres fait au nom du défunt archidiacre de Montfort”, « pro fabrica et refectione » ejusdem ecelesie Cenomanensis ». En même temps, le chanoine Jean Jacquemin
verse vingt livres tournois, sur quarante qu'il avait promises, pour la restauration
du somplueux ouvrage de la cathédrale" et est imilé par le chanoine de Saint- Pierre-de-la-Cour. Jean Lotin”. Plus généreux, Jean de La Forêt, archidiacre de Château-du-Loir, donne, le 24 août suivant, mille livres, dont huit cents étaient destinées à la Croisée de l'église et le reste pour fonder l'anniversaire du cardinal de La Forêt”, À la suite de ceux-ci, il faut encore citer Jean Gremelin, prêtre, Guillaume de Lucé, chanoine du Mans, évèque élu de Maillezais, frère de Thibault de Lucé, également chanoine du Mans et évêque de Maillezais après Guillaume, Étienne du Tertre, chanoine semi-prébendé, et Guillaume Joibert, qui léguèrent certaines sommes à la fin de l'année 1420, « ad opus novum ecclesie ? ».
>endant que le Chapitre s'efforçait de provoquer les dons © pour raffermir et
continuer les constructions de Nicolas de L'Escluse, ce dernier mourait, avant le 21 octobre 1420 !!, et était remplacé, dès le 16 janvier suivant, par Jean de
Dampmartin, originaire de Jargeau, au diocèse d'Orléans. Instruits par l'expé-
rience, les chanoines exigérent de leur nouvel architecte l'engagement de ne pas
(1) « Andreas de Montcordelli ».
(2) Archives de la Sarthe, G 18, fol. 6.
urdi ». M. l'abbé G 18, fol. 6.
hidiacre de Montfort était Arnoul Le Flament (Archives nationales, X 11 4784,
« Gervasius alt (Transept, p. 11), l'appelle Gervais Sinet.
(1) Archives de la Sarth:
in 1597 et 1402, le 370 ve, et Livre rouge, 247. fol. 46 ve). Le 15 novembre 1119, son successeur médiat ou immédiat, était
fol.
Jean de Bussy. Archives de la Sarthe, G 18, fol. 22 ve
(6) « Pro opere sumpluoso ccclesie Cenoman., per Dei gratiam reficiendo ». Jbid., fol. 6 vo. Jean Jacquemin, mort le 19 avril 1419 (v. s.), fut enterré dans la cathédrale devant l'autel Saint-Jean, auprès des Fonts. Jbid., fol. 26.
() Ibid, fol. 6 ve.
(8) « VIILe lib. turon. pro opere medie cruciale nostre ecclesie et Ie lib. turon. pro anniversario dicti
Sarthe, G 18, fol. 18 ve.
» quondam magistri Petri Archives de 1 (9) Archives de la Sarthe 18, fol. 7, 38 vo, 4 (0) Voir les synodes du 31 mai et du 8 novembre 1420. Archives de 1
the, G 18, fol. 28 et visitabunt eciam domum quam inhabitavit deffunetus magister operis
(11) Les commissaires du Chapitre
Esnault (fransept, p. 11), suppose à tort que les chanoines mécontents
abandonner l'œuvre sans leur autorisation et lui firent promettre de réparer à ses frais les accidents qui pourraient survenir par sa négligence ". Sous sa direction, les travaux se continuérent ma
gré la présence des armées
ennemies dans le diocèse. Le 3 janvier 1420 (v.
, quelques jours avant sa réception, le Chapitre avait délibéré qu'on demanderait un sauf-conduit aux Anglais, afin de faire venir des pierres et d'autres matériaux € ad conficiendam
» ecclesiam * ». De nouvelles re
ourc
arrivaient grâce à la générosité de Jean
Anfroy, pénitencier de l'église d'Angers (27 juin 1421), du dauphin Charles qui donna mille livres (22 et 27 septembre 1421) el de l'orfèvre Eudes L'Empereur (29 sep-
tembre 1421) demeurant dans le cloître *.
Vers le même temps, Adam Chastelain faisait reconstruire son évêché dont les nouveaux murs, {rop près où s'appuyant sur le
transept nord de la cathédrale, nuisaient à
l'édifice. Le Chapitre députa vers l'évêque, le 23 juin 1422, deux chanoines, Guillaume Riquentays et Jean de Landisson, pour lui
exposer ses remontrances à ce sujet". L'accord
ne put avoir lieu et le débat fut porté au
Parlement de Poitiers en décembre de la
même année”. Ce malentendu ne prit fin que le 2{ juillet 142
Sans se laisser émouvoir par ses difficultés avec Adam Chastelain, le Chapitre continuait à faire appel à la bonne volonté de tous et à recevoir des offrandes. Le 9 juin 1428°, il délibère qu'il faut s'adresser aux dames de Laval” et, le
6 décembre, il charge le chanoine Jean de Launay d'aller à Angers pour recou-
vrer trois cents écus donnés à l'œuvre du transept par le cardinal de Saint-Marc ”,
qui n'était autre que le fameux Guillaume Fillastre, originaire du Maine, l'un
(1) Archives de la Sarthe, G 18, lol. 43
@) Ibid., fol. 41. — Autre sauf-conduit le avier 1423 (v. s.). Archives du Chapitre, B/5, p. 30.
(3) Archives de la Sarthe. G 18, fol. 48 ve, 51 ve,
(1) Ibid, fol. 63 vo.
6) CE La Province du Maine
(6) Livre rouge, 247, fol. 240 ve.
I t été d’une extraordinaire fertilité, Archives de la Sarthe, G 18, fol. 84.
(8) Archives de la Sarthe, G 18, fol. 82.
(9) Jbid., fol. 91 ve. Voir encore fol. 103 vo, 116 ve, 125 ve, 127, 131, 133, 135 ve. — M. le chanoine Persi (Recherches, p. 124) confond le cardinal Guillaume de Braio, mort en 12 D ec Guillaume Fillastre. Dom Piolin Lombe dans une erreur du même genre en disant (V, 195), « qu'après la mort de Guillaume Fill
II (1894), pp. 82 à 89.
année ava
(voi
lise de Saint-Julien 200 livres lournois pour fonder son anniversaire ». La fondation, dont parle le Révérend Père et qui se trouve au Martyrologe, ZM, au 3 des calendes de mai, est celle l'aile par le cardinal Ancherus (et non Saucher) Pantale
rdinal du titre de Sainte Praxède, en faveur non de Guillaume Fillastre, mais de Guillaume de Braio (voir p. 255).
LES ÉVÈQUES DU XVe SIÈCLE 34
des personnages influents du concile de Constance. En reconnaissance du
bienfait, les chanoines représentérent le cardinal dans l'une des vitres de la
Grande Rose où il se voit encore, avec son blason {de gueules au massacre d'or, à la bordure dentelée de méme). De plus, ils firent seulpter ses armes à l'une des clefs de voûte du transept.
Pour en finir avec les bienfaiteurs, je nommerai ici le chanoine Guillaume Riquentays, archidiacre de Château-du-Loir. Le 16 décembre 1429, il donna cent cinquante livres pour l'ancien ouvrage de la forge et cent livres pour
l'augmentation du divin service, demandant en retour différentes exemptions
à cause de son grand âge, spécialement d'être dispensé de chanter au chœur
« attendu que sa voix est désagréable ! ».
?, En 1423,
le gros œuvre du transept semble sur le point d'être achevé, car le 26 mai
Dès 1419, le charpentier André Julien s'employait pour l'ég de celle année, le Chapitre achète de Jean de La Masquière, procureur du seigneur d'A
destinés à la couverture de l'édifice”, à prendre, suivant les besoins, dans les
6, pour la somme de soixante-dix livres tournois, deux cents chênes
bois de Méziéres-en-Champagne *.
Très content de leur architecte, les chanoines le gratifient, le 9 juin 1433, de dix écus d'or’. Le 5 octobre de la même année, ils lui accordent une pipe de vieux vin et le 1er juillet 1424, une autre pipe de vin et dix agnels ou petits moutons d'or qui valaient vingt sous *. Le 20 novembre 1424, les charpentiers du
nouvel œuvre, Guillaume Raoul et Etienne Julien, reçoivent à leur tour dix
ivres tournois pour acheter deux tuniques Mais en dehors des gratifications, il fallait payer des indemnités. Le 16 août
1423, Jean Le Long reçoit huit écus pour deux bœufs perdus en amenant des
ierres de Bernay destinées au transept”. Afin d'éviter à l'avenir de semblables accidents, les chanoines prennent la résolution, le 18 et le 22 janvier 1423 (v. s.), d'envoyer un messager au duc de Bedfort et aux autres chefs anglais, our en solliciter des sauf-conduits à l'usage de leur argentier, de leurs officiers et de tous ceux qui travaillent à la cathédrale ". Et, pour obtenir plus
sûrement ces lettres de circulation, ils arrêtent le 16 mars suivant, que, avec la
ermission du capitaine de la ville du Mans, Baudouin de Champagne dit de
(1) Archives du Chapitre, B/15, p. 34.
(2) Archives de la Sarthe. G 18, fol. 6 et 19
(3) « Ducenlorum quercus ad faciendam cooperluram {) Archives de la Sarthe, G 18, fol. 78 ve.
(5) Ibid, fol. 80 vo.
(6) Ibid, lol. 86 ve.
(7) bid., fol. 104.
(8) Ibid, fol. 110 vo.
(9) Ibid., fol. 83 vo.
(0) Ibid. fol. 95.
deux pipes de vin au capitaine anglais de Fresnay * et à
Tucé', il sera adressé
quelques autres chefs influents
Pendant le reste de l'année 1424, le Chapitre prohibe les processions en dehors de la ville à cause du danger des gens de guerre, demande un sauf-
conduit aux Anglais, emprunte cent écus d'or à l'hospice des Ardents et vend des
vases d'argent". Le 2 avril 1424 (v. s.), Nicolas Cornilleau, chantre de Saint- Julien, chargé de la fabrique, est prié par ses confrères de payer au maitre
de l'œuvre, vingt livres, pour avoir fait certains cloche-
ons en pierre?
L'occupation, le 10 août 1425, de la capitale du Maine, par les ennemis du royaume, ne refroidit pas le
zèle du Chapitre, mais, en dehors de la nomination,
le 16 novembre 1425, de Jean Le Vayer, prêtre, recteur de Brülon, comme « fabricalorem fabrice ecclesie », et de la mention, le 9 décembre de ladite année, du maçon
Henry Gillot®, il devient impossible de suivre le progrès
des constructions qui d'ailleurs ne furent complètement achevées qu'à la fin du XVe siècle. Tout au plus peut-on
signaler la délibération du 8 octobre 1427, ordonnant
l'édification d'une infirmerie canoniale ?.