Livre rouge
(12) Ibid., fol. 25 verso et 26.
LES ÉVÊÈQUES DU XVe SIÈCLE 347
à Rome !, Si le résultat du voyage nous est inconnu, nous savons que, par lettres
du 6 avril 1456, l'évêque du Mans, en vertu des concessions faites autrefois par Benoît XIII, Alexandre V et Eugène IV, accordait au roi René, mari de Jeanne de Laval, des lettres de pardon, in extremis, pour le récompenser d'un don de soixante-six sous, huit deniers tournois, fait en faveur de l'achèvement des travaux de la cathédrale”. Le lendemain, 7 avril, il rédigeait un important mémoire relatif à la réhabilitation de Jeanne d'Arc, ce qui ne l'empéchait pas d'être mystifié, en 1460, par une aventurière « de l'aage de xvnr ans, où environ, » qui esloit en la ville du Mans, laquelle fist plusieurs folies et grandes mer- » veilles ». Celle-ci, convaincue de concubinage avec un jeune clerc, avoua son imposture et fut condamnée à être mitrée et prèchée publiquement au Mans,
à Tours et à Laval, enfin à pleurer ses péchés en prison à Tours, pendant
sept ans
Vieux et « débile” », Martin Berruyer songeait à faire son lestament. Dom
Piolin® prétend que dès 1452, « pour plus de solennité, il voulut le signer Ï [ g
» dans l'église, sur la tombe même » qu'il s'était fait préparer. Le document sur lequel le Révérend Père appuie une si singulière affirmation ne contient rien de semblable. Il indique simplement, que l'évêque écrivit et signa son testament de sa propre main, le 31 mai 1459’, et non en 1452.
Dans l'état actuel de la question, il est assez difficile de fixer exactement l'époque de la mort de Martin Berruyer. Dom Briant la place avant le 2 novembre 1465$, le Gallia, l'abbé U. Chevalier”, Carré de Busserolles ", le 24 avril 1465,
dom Piolin, le jeudi, 23 avril 1466", Le Corvaisier, le 24 avril 1465 ou plutôt en
1467-1468, Bondonnet, le 24 avril 1468. La bonne date semble être celle du
24 avril 1465. Dom Piolin ® prétend que l'évêque mourut au château de Touvoie
() Archives du Chapitre, B/4, 2° partie, fol. 27 verso Guezenot de Tréanna était curé de Maigné-en-
ampagne. Le 5 mai 1454, Martin Berruyer qui se trouvait à Maigné, lui accorda des lettres relatives à cette
paroisse, Archives du Chapitre, A/1, fol. 60 verso.
« Ad dictam fabricam perfectionem, re ionem et restauracionem.... ». Archives de la Loire-Infé-
rieure, aselte 100, Pièce parchemin. — Cf. Notes
herat, Procès de Jeanne d'Arc, & I, pp. 31
sur quelques bienfaiteurs de la cathédrale du Mans 317. Dom Piolin (V, 162) dit faussement que Martin
Berruyer présida à Rouen (juillet 1456) la séance solennelle de réhabilitation (4) Journal de Jean de Roye (édition de la Société de l'Histoire de France), & I, pp. 13, 14. (5) Archives de la Sarthe, G 479, p. 140. — Voir page 116 de ce volume.
(6) Église du Mans, N, 1% (7) Archives du Chapitre, B (8) D'après la confirmation faite par l'évêque Thibault de Luxembourg, le 2 novembre 1465, de la fondation 9, fol. 224- 236. — Selon le Registre A/1 du Chapitre du Mans, fol. 133 vo à 137 ve, les
5, fol. 70 ve, Bibliothèque du Mans, ms. 251, p. 46.
de l'hôpital d'Arquenay par Jean Eschart. Livre blanc, ms arlufol.
d'Arquenay, sont du 17 novembre 1473, et l'approbation, au nom de Thibault
cité ainsi par dom Bri
larium Capituli Cenomannensi
lettres de fondation de l'hôpit de Luxembourg, par ses vie Mayenne, À. 1, p.
(®) Répertoire des sources his
res généraux, du 11 janvier 1473 (v. s.). M. l'abbé Angot, Dictionnaire de la
ceple la date 1473.
oriques dix moyen-äge.
(0) Dictionnaire d'Indre-et-Loire 1) Église du Mans, N, 170. Il importe de remarquer que le 23 avril 1466, tombait un mercredi.
(12) Ibid., N, 170.
d'où il aurait été rapporté pour être enseveli € devant l'autel majeur de l'église » cathédrale, du côté droit, près d'Adam Chastelain ». Le Corvaisier ! dit égale-
ment que « son corps fut enterré * devant le grand autel et non devant celuy
» de sainte Geneviève, ainsi que le pensent quelques-uns, fondez sur ce que les » Chantres y célèbrent un de ses anniversaires et appliquent ses armes sur les » quatre cierges qui sont allumez pendant le service ».
Martin Berruyer blasonnait: d'azur à trois coupes couverles d'or. Ces armes se voyaient autrefois « gravées dans la cloison de bois ou retranchement de la » sacristie de l'église cathédrale, que Jacques d'Argouges, chanoine, archidiacre » de Sablé, son exécuteur testamentaire, fit faire après sa mort* ». Son sceau, orné de ses armes (1462) a été reproduit dans l'Union historique et littéraire du
Maine *, el l'inventaire de ses ornements pontificaux publié dans la même Revue,
par M. l'abbé Ern.-L. Dubois”. Le sceau de Martin Berruyer, de 1462, est iden-
tique, sauf les armes, à celui d'Adam Chastelain de 1413. Sous un dais gothique,
un évêque tenant sa crosse et mitré, à genoux aux pieds d'un saint évêque debout, mitré, crossé et bénissant de la main droite: à dextre et à senestre,
des anges dans deux niches ouvertes dans les tourelles qui soutiennent le dais.