FRANÇOIS DE LUXEMBOURG
François de Luxembourg, issu du mariage de Jacques de Luxembourg, seigneur de Fiennes, chevalier de la Toison d'Or, frère du cardinal Philippe, avec Marie de Barlemont !, fit prendre possession de son siège, le 26 février 1507 (n.s.), par l'abbé de Beaulieu". Le 1e mai, l'évêque qui était parti du château de
Q@) Archives du Chapitr
€) Dom Piolin, V, 190,
arrivée en 1502.
B/32, registre non paginé.
firme à Lort que Gilles de Laval conserva sa dignité de doyen jusqu'à sa mort,
(3) Ciaconius.
(1) Archives du Chapitre, B/15, p. 87.
(5) Dom Piolin,
ier de la Crochardière), & I, fol. 502 5, fol.
(6) Bibliothèque du Mans, ms.
(7) Voir aux Archives nationales, R/5 vo el suivants,
5, des pièces concernant la résignation du cardinal de Luxembourg.
. 40, Jules IL fit pr
(8) Archives du Chapitr nt à Philippe de Luxembourg d'une croix € où il y
avoit du boys de la Vraie.
(9) Jbid., p. 40.
(0) P. Anselme, HE, 7 (1) Archives du Chapitre, B/15, p. 40.
caressé par le cardinal, de reconstruire entièrement la nef
LES ÉVÈQUES DU XVIe AU XIXe SIÈCLE 971
Touvoie, en compagnie de Gilles de Luxembourg, évêque et comte de Châlons, vint coucher à l'abbaye de Saint-Vincent. Le lendemain, il se rendit, non à l'église S
es huit barons ordinaires le transportèrent à la cathédrale !.
de Saint-Ouen comme c'était la coulume, mais, à Saint-Pierre-de-la-Cour, d'où
Avant l'intronisation de son neveu, Philippe de Luxembourg donna au
Chapitre, le 7 avril 1507, mille écus et soixante livres de rente pour la fondation
de son anniversaire”. Vers le même temps, les chanoines firent d'importants
ravaux au grand autel de leur église et permirent au cardinal d'établir une porte
our entrer directement de l'évêché dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste * Déjà, pendant son premier épiscopat, Philippe de Luxembourg avait doté le
clergé manceau de livres liturgiques, notamment d'un Missel!, imprimé à Rouen,
en 1489, par les soins du chanoine de Saint-Julien, Pierre Hennier, curé de l'église
aroissiale de Saint-Pierre-de-la-Cour”. François, voulut imiter le zèle de son oncle en mettant entre les mains de tous ses diocésains le premier caléchisme
connu, précédé d'une lettre pastorale, datée de Paris, le 10 mars 1508 (n. s.)°
François de Luxembourg, qui, outre l'évêché du Mans, possédait encore celui
de Saint-Pons, s'était rendu à Rome avec le cardinal, Il y trépassa le 8 ou le
9 septembre 1509 *. Le corps de l'évêque fut ramené plus tard au Mans et enterré
à l'abbaye de Saint-Vincent".
dans la cathédrale tandis que son cœur repos: Philippe de Luxembourg fonda pour lui un anniversaire à Saint-Julien”. PHILIPPE DE LUXEMBOURG
Le cardinal de Luxembourg reprit le siège du Mans "et devint successi-
vement, grâce à la protection de Jules Il, évêque de Saint-Pons, d'Albano, de
Frascati et d'Arras. Il obtint du Souverain Pontife de précieux privilèges pour
() Voir le curieux récit de son intronisation dans dom Piolin, V, pp. 264 Archives du Chapitre, B/5, p. 41. Archives de la Sarthe, Fonds La Sue. Pirmil; Titres honorifiques. Accord du 2 mai 1507, entre François de Luxembourg et Louis de Labregement.
€) Archives du Chapitre, B/15, p. 41.
(3) Jbid., pp. 41 et 42.
(4) In-fol. gothique, à deux colonnes. Bibliothèque du Mans. Imprimés. Maine, ne 59.
(5) Pierre Hennicr, mort, selon Hauréau (L VI, p. 103) en 1510, est l'auteur d'un « Ordinarium novum, secun- » dum usum ecelesie Cenomanensis », écrit en 1481 et resté manuscrit. Bibliothèque du Mans. Ms. n° 165.
(6) CF. Abbé Angot, Le caléchisme au diocèse du Mans, depuis 1508, pp. 11 et suivantes. Dom Piolin, date ce mandement du 13 février
(7) Le 8 septembre d'après le Testament du cardinal de Luxembourg, dans Le Corvaisier, p. 797. Le Gallia,
dom Piolin et autres donnent la date du 9 septembre, d'après une inscription venant de Saint-Vincent, conservée au Musée archéologique du Mans, ne 571.
(8) Testament du Cardinal, p. 800, Bibliothèque nationale, fonds latin (Gaignières) 17036, lol. 285.
(9) Testament du ( (0) Le 6 octobre 1509, le siège du Mans est dit
rdinal, dans Le Corvaisier, p. 797.
at et le 27 novembre de la même année, le cardinal est
donné comme évêque. Archives du Chapitre, A/2, fol. 32 et 15 vo.
notre église. Aussi, le Chapitre célébra-t-il tous les ans l'anniversaire du pape !, le lendemain de la Dédicace, et fil-il graver en grandes capitales, sous la fenêtre de la croisée de la cathédrale, l'inscription suivante : JVLIO II. PONT. MAX. BENEFACTORI.
Au dire de Négrier de La Crochardiére ?, cette inscription, qui existe toujours, était accompagnée, à chacune de ses extrémités des armes de Jules IT, c'est-à-dire d'un écusson : d'argent à un arbre d'azur *.
Léon X, à l'exemple d'Alexandre VI et de Jules IT, favorisa l'évêque du Mans. Par ses bulles du 18 août 1516, il le nomma légat a lalere en France’. Probablement à cause de sa dignité, Philippe couronna, dans la basilique de Saint-Denis, la reine Claude, femme de François Ier, le 10 mai 1517°.
Malgré la peste qui désola périodiquement le Maine pendant ses deux épiscopats, en 1484, 1490, 1499, 1500, 1515, 1517", et un procès au Parlement
(1510, 1511), au sujet de la terre de Nogent-le-Rotrou ?, le cardinal de Luxembourg, trouvait des ressources pour l'embellissement de sa cathédrale. Outre cent livres
qu'il légua, le 22 avril 1507 (v. s.), à la fabrique pour gagner le pardon, il donna
au Chapitre deux cents écus sol. quatre livres « pour l'ayder à faire les belles
grosses orgues * » ; des petites orgues dor auprès de la chapelle Saint-Yv
“ambulatoire du chœur, côté de l'Evangile”; des fonts
l'entrée du premier « baptismaux en cuivre à ses armes, soutenus par trois lions, dans la chapelle de Saint-Jean-Baptiste : une grosse cloche : la pelite horloge ”, placée au pilier de la chapelle de Saint-Jean-Baptiste.
D'après une lettre écrite en 1861, par le R. P. Tournesac à M. Espaulart !, cette horloge se composait « d'une tour en pierre, en partie à jour et partie » sculptée. Le haut était terminé par une galerie circulaire où l'on voyait passer
» de petites statues en couleur, représentant les douze apôtres, qui frappaient les
» timbres de l'horloge dont les sons faisaient entendre l'air si connu de la prose
» de la messe de
saint Julien commençant par ces mots : Juliano præsuli. Aussi
» disait-on : Allons entendre les Juliano. I y avait une lucarne ou une fenêtre
(1) Jules IT mourut le 21 février 1513 @) Bibliothèque du Mans, ms., ne 2u, L I, fol. 501. (3) Ciaconius.
(1) Catalogue des actes de François Le
G) Journal de Jean Barrillon (Édition de la Société de l'Histoire de France), L I, P. (6) Bibliothèque du Mans. ms. nv 238, fol. 186 ve. Archives nationales JJ 234, fol. 133, ne 233; JJ 236, fol
uicrche. Comptes d'un receveur du
Maison de Broc, pp. 1