‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 148 sur 236 · IUBÉ DU CARDINAL DE LUXEMBOURG · texte numérisé non relu

IUBÉ DU CARDINAL DE LUXEMBOURG

» pour avoir de luy, comme légat du Saint-Siège, des expéditions d'affaire * ». S'il

faut en croire cerlains auteurs, le plan de l'édifice fut donné par le fameux architecte Simon Hayeneufve *, né à Château-Gontier, en 1450 où 1455, chapelain à l'autel des Miracles de saint Julien en 1530.

Mais l'œuvre par excellence de Philippe fut l'érection d'un immense Jubé ou

Pupilre. M. E. Hucher a parlé trop longuement de ce monument en pierre

d'après un dessin d'architecte de l'époque pour quil soit utile d'en entreprendre ici la description minutieuse‘. Il me suffira d'en indiquer les dispositions générales.

Le Jubé du cardinal de Luxembourg succédait probablement à une ancienne

construction analogue dressée à l'entrée du chœur de la cathédrale, car on lit dans

(1) Legenda aurea.

(2) En 1562, les Huguenots en volérent les planetles de bois doré

(3) Bibliothèque du Mans. ms. ne 24 (Négrier de la Crochardière), & E, fol. 501, 502. igan (Recherches, p. 128) l'appelle Simon Haie Neofre.

(5) Archives du Chapitre B/1, fol.

(6) Le Jubé du cardinal de Luxembourg, à la cathédrale du Mans. Texte et planches. Le Mans,

(1) Le chanoine Pe

un document de 1245", que Brisegaud de Coesmes ayant été excommunié, la sentence avait été fulminée contre lui «€ in ecclesia Cenomanensi, in Pulpilo? ». Quoi qu'il en soil, le monument présentait quatre parties distinctes : 10 à droite de l'entrée du chœur, côté de l'Épitre, devant la grosse pile, l'autel des Miracles de saint Julien ou de la Sainte-Trinilé : 20 entre les deux grosses piles, fermant complètement le chœur, le jubé propre-

ment dil avec une porte centrale de

cuivre — divisé en deux éta en bas

Ë des statues dans leurs niches, figurant des personnages de l'Ancien Testament ; en haut les douze apôtres également dans des niches et accompagnant la scène centrale de la résurrection de Jésus-Christ. « Et au » hault dudict poupitre, faisant l'acoudouer » d'icelluy, y avoit une grande moulleure » saillant qui estoit enrichie d'une frize de » fueillaige de vigne de grant relief, au » hault et melicu de laquelle y avoit une » forme de terrasse en montaigne, enrichie » d'une teste de mort et ossemens esquelz » estoil plantée et assise une grande croix » de boys en laquelle estoit pendant la

» figure du Crucifix * » : 30 au-devant de la

grosse pile, à gauche, côté de TE

rangile!, SCEAU DE PHILIPPE CARDINAL DE LUXEMBOURG : + ge r À , l'autel de Notre-Dame de Pitié, couronné

comme celui des Miracles de saint Julien par € un grand paveillon de pierre de

» laille » : 40 en retour à l'entrée du déambulatoire, côté de l'Évangile, le reliquaire du Pied de saint Philippe, supporté par deux lions et orné des armes de Philippe de Luxembourg, ainsi que de celles du pape Alexandre VI, qui blasonnait suivant Ciaconius°?: Parti, au premier d'argent au bœuf de gueules sur une molle de sinople, à la bordure chargée de huit flanumes ; au ®, fascé d'argent

el de sable de six pièces”.

() Archives de la Sarthe ; fonds municipal, no 843, fol, 41.

€) Alors, le chœur n'était pas encore achevé.

(3) Le dessin reproduit par M. Hucher et qui est donné ici ne possède pas ce couronnement du Jubé, décrit dans les Plaintes el doléances de

(4) Le

and sceau de Philippe de Luxembourg publié par M. Hucher et reproduit ici, offre, dans son

ornementalion, beaucoup de ressemblance avec la N.-D. de Pitié du Jubé. (5) Col. 1322.

(6) Les mêmes armes d'Alexandre VI sont peintes dans le beau Missel de Philippe de Luxembourg (Biblio-

thèque du Mans. Ms. 254, fol. 97 vo), mais l'argent y est remplacé par l'or. Ce Missel appartenait à la cathédrale

LES ÉVÈQUES DU XVIe AU XIXe SIÈCLE 37

Dans l'intérieur du Jubé, entre la face donnant sur la nef et celle qui regardait le chœur, existait un couloir voûté avec escalier du coté de l'Épitre, permetlant d'arriver au sommet de l'édifice, à la gauche duquel se trouvait « l'aigle » de cuyvre qui estoit planté pour lire lévangille ! ».

monument du côté de

Les armes de Luxembourg décorant la partie dt l'Épitre, étaient surmontées d'une simple crosse épiscopale, sur celles de la partie

opposée, le chapeau de cardinal remplaçait la crosse. Les surfaces des deux

grosses piles de l'entrée du chœur, siluées en dehors des lignes de l'architecture

du jubé, avaient reçu une décoration picturale composée d'un semis de fleurs de

lis et de quelques écussons de Luxembourg lenus par des anges, dont on à

retrouvé les traces très apparentes lors des derniers débadigeonnages. Ce détail prouve que tout le Jubé était peint ainsi que Fa supposé M. Hucher.

Philippe de Luxembourg fit, le samedi, veille de Pâques 1507 (v. s.), son

testament dans lequel il demandait que sa € pouvre et méchante charogne » fût

enterrée à Saint-Julien, au lieu qu'il avait préparé ) Thibault. Il y ajouta les 4. 21 avril 1518

(v.s.) et 26 mai 1519, différents codicilles où il ordonnait spécialement de faire la

, à gauche, devant le Jubé, du

côlé opposé au tombeau de son pèt

tombe de feu son frère François de Luxembourg, vicomle de Martigues *, el de

ransporter celle de son neveu François, évêque du Mans, « de l'autre côté du

» pilier, où elle est de présent ». Le « rochet de monsieur sainet Pierre de

» Luxembourg, avec son escaffignon », élait donné à l'abbaye de Saint-Vincent ! Le décès du cardinal arriva le 2 juin 1519. Ainsi qu'il l'avait désiré. son cœur ut enseveli dans l'abbaye de Saint-Vincent, dont il était abbé”, et son corps à la

cathédrale, à gauche, devant le Jubé. Quatre Luxembourg reposérent alors dans

a croisée de l'église : Thibault, Philippe, devant le Jubé, François et le vicomte

de Martigues en face.

ement main basse sur « la représentation du cardinal de Luxembourg

Huguenots de 1562 n'épargnérent rien de toutes ces œuvres el ils firent éga-

qui estoil

» sur une colonne, jouste le pillier contre lequel estoit basty l'autel Saint-Jehan-

» l'Évangéliste”, laquelle représentation esloit de terre painete fort bien faicte* ».

avant la Révolution. Le 18 avril 1194, un chanoine, du nom de Pierre Hellouyn, donna à Saint-Julien un magnifique Missel, enluminé, avec lettres d'or et d'azur. Bibliothèque du Mans. Ms. 24, fol. 50,

(1) Plaintes el doléances

(2) Testament dans Le Corvaisier, p. 790.

(3) Cinquième fils de l'évêque Thibault et mari de Léonore de Savoie. Son anniversaire est au Marlyrologe 214, au 7 des ides de septembre.

() Le testament de Philippe de Luxembourg à été publié in-extenso par Le Corvaisier

». 187-813, el par

dom Piolin, \ () Voir à

épitaphe, fol.

{. Voir à la Bibliothèque du Mans. Ms. 206 bis, fol.

a Bibliothèque nationale, fonds latin (Gaignières), 17026, un dessin de son sceau, fol. 275; son ; sa tombe de marbre blanc à Saint-Vincent, fol. 279.

(6) Un portrait du cardinal existe à la Bibliothèque nationale, fonds latin (Gaigniéres) 17056, fol. 292, (7) Dans le haut de la nef, auprès de l'autel du Crucifix. (8) Plaintes el doléances.

Le 25 octobre 1862, différents travaux à l'entrée du chœur amenèrent la découverte du tombeau du cardinal. Le corps embaumé reposait dans un cercueil en plomb, avec mitre en têle el une crosse à son côlé gauche.

Deux chanoines de celle époque mérilérent surlout la reconnaissance de leurs confrères. le premier, Marlin Guerrande !, prèlre originaire d'Anjou, secrélaire, pendant vingt-sepl ans, de Philippe et de François de Luxembourg, mort le 26 février 1509 (vx. s.)”, donna à notre église la belle lapisserie des SS. Gervais et Protais qu'on

y voit encore, celles des douze apôtres, des

quatre docteurs de l'église latine, des quatre vertus cardinales ct des douze sybilles: l'autre,

Baudouin de Crépy, né dans le comté de Saint-

Pol, au diocèse de Thérouanne, amené au Mans

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