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RENÉ DU BELLAY

Pourvu du siège du Mans après la résignation de Louis de Bourbon, René du Bellay prèla, suivant Le Corvaisier ?, serment de fidélité au roi François [er, « qui » estoil lors à Fontaine-Françoise” », le 27 seplembre 1535. Un de ses premiers soins fut de choisir comme vicaire général le chanoine du Mans Jean Broullier, licencié en droit *,

René du Bellay, d'abord évêque de Grasse, était issu de Louis du Bellay, seigneur de Langey, et de Marguerite de La Tour-Landrvy. I avait entre autres frères : Guillaume, vice-roi de Piémont: Jean, cardinal, évêque de Paris, et Martin, prince d'Yvelot, lieulenant du roi en Normandie. Son intronisation au Mans eut lieu le dimanche 17 septembre 1536*. Le Chapitre avait décidé qu'à

celle occasion on devait tendre « les grandes tapisseries », parer « le devant des

» chaises de MM. le grand archidiacre et de Sablé et quelques-unes des voisines » pour les prélats », el placer « les sièges couverts de tapis aux deux côtés du » grand autel pour les personnes de qualité ».

De goûts très simples, René du Bellay vécut presque toujours dans son diocèse, faisant sa résidence ordinaire au château de Touvoie, où il menait une vie douce el tranquille, s'adonnant aux études convenables à son état et

prenant ses divertissements aux plaisirs de l'agricullure, du jardinage et de

la possession des plantes rares, qu'il faisait venir de toutes parts pour en peupler

son jardin *. I fut l'un des protecteurs du naluraliste manceau Pierre Belon

Au commencement du mois d'août 1540, deux cardinaux, Jean du Bellay,

évêque de Paris, et Charles Hémard, évêque de Mäcon el d'Amiens, vinrent au Mans. Ce dernier, qui habitait chez le chanoine Marlin Funet, tomba bientôt

gravement malade de la fièvre. Le mal augmenta rapidement et l'illustre visiteur

{) Dom Piolin (V fication de la maison des Morets.

(2) Page 825.

(3) François Ir se trouvait en effet à Fontaine-Française le 27 septembre 1535. Calalogne des actes de Francois Ier, L III, pp. 140, 141.

(4) On le trouve comme tel, dès le 12 février 1535 (v. s.). Archives du Chapitre, A/4, fol

3), commet une autre erreur en mettant au comple de l’archidiacre de Montfort lédi-

3 vo,

(G) Archives de la Sarthe. Fonds La Sue. Pirmil; Titres honorifiques. Délégation faite par Francoise de Bouesnay, veuve de Christophe du Fou, baron de Pirmil. (6) Archives du Chapitre, B/15, p. 67.

(7) Le Corvaisier, p. 824.

mourut le lundi 23 août 1540. Il avait demandé la sépulture à la cathédrale pour

son cœur el pour ses entrailles, et légué à notre église la somme de cent écus.

Dès le 24 août, le Chapitre décida que linhumalion des entrailles et du cœur du

cardinal, par l'évêque René du Bellay, auprès du tombeau de François de

Luxembourg, vicomte de Martigues, aurait lieu, le jour même, sur les huit heures

du soir. I

jeudi 26 août, il fut convenu que les chanoines pourraient, le lendemain, si l'heure des offices le permettait, accompagner jusqu'à la porte du Chàteau !, le corps du défunt, qu'on devait emmener au lieu de sa sépulture (cestà-dire à Amiens®). Un poële de velours couvrit longtemps à la cathédrale la sépulture de Charles Hémard *, lequel portail pour armes, au dire de Ciaconius :

d'argent à cinq fasces de sable.

() Ces renseignements très-précis, qui peuvent servir à rectifier dom Piolin (V, 385), sont extraits du

registre G 19, fol aux Archives de la Sarthe,

@) Le tombeau de Charles Hémard se voit toujours dans la cathédrale d'Amiens, au dernier pilier de la nef.

(3) Pour protéger ce poële « à minelura eanum et calcatu pedum transientium », on établit autour du

tombeau, une clôture en bois. Archives de la Sarthe, G 19, fol. 242.

LES ÉVÊÈQUES DU XVIe AU XIXe SIÈCLE 381

Un autre décès vint attrister l'évêque du Mans. Ce fut celui de son frère

ainé, Guillaume du Bellay, seigneur de Langey, vice-roi de Piémont, qui mourut

en revenant d'Italie, le 9 janvier 1543 (n. s.), au bourg de Saint-Symphorien,

de Lyon. Le corps du fameux guerrier fut rapporté au Mans par les soins

frères et enterré, avec la plus grande solennité, le 5 mars 1543 (n. s.), par l'archidiacre de Montfort, Christophe de Chauvigné, évèque de Léon. Le Chapitre était allé attendre le corps, qui arrivait de l'abbaye de Saint-Vincent, «entre les deux portes de la basse-cour du Château ». M. des Aubiers « professeur » en théologie el théologal, revêtu de sa chappe de laine, prononça l'oraison

» funébre dans la croisée de la nef. Après la messe finie, le corps qui avait été

» pendant l'office déposé dans le milieu de la croisée, sur une chapelle préparée

» à cel effet, fut conduit au lieu de sa sépulture marquée dans la chapelle de » Notre-Dame du Chevet, après avoir auparavant été porté au grand autel par » le chœur ! ».

René du Bellay”, qui s'était rendu à Paris, se préparait à regagner son diocèse quand il mourut en août 1546, après avoir fait un testament le 15 du même mois”. Son corps reçut la sépulture à Notre-Dame de Paris, sous une tombe de cuivre ‘, el son cœur, ramené au Mans, fut déposé dans la chapelle de Notre-Dame du Chevet”. René portait: Écartelé, aux 1 el #. d'argent à la bande Juselée de queules, accompagnée de six fleurs de lis d'azur mises en orle, trois en chef el trois en pointe (du Bellay): aux ? el 3, d'azur semé de fleurs de lis d'or, au lion de méme (Beaumont) : sur le tout, de queules au chef d'argent, au lion d'azur,

armé, lampassé el couronné d'or brochant sur le tout (Vendôme ancien)‘.

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