AMORTISSEMENTS DE VOUTES
l'absence de documents positifs, il est supposable qu'au Mans, comme ailleurs, les Juifs furent l'objet de rancunes populaires, et que le comte Geoffroy Plantagenet confisqua plusieurs de leurs biens, comme la maison de Vaslin, le juif, qui fut
vendue le 28 octobre 1150, à Eustache, clere de l'évêque Guillaume de Passavant”.
(1) A cette époque les Juifs prétaient aux Chrétiens au taux plus qu'usuraire de 65 fr. 62 pour cent par an. Abbé Vacandard, Vie de saint Bernard, M, 286 @) « De Noctua. Hec avis figuram geril
Judæorum, qui, veniente Domino Salvatore ad sa
andos cos, repu- » lerunt eum, dicentes : Non habemus regem nisi Gesarem, et plus dilexerunt tenebras quam lucem ». Bibl. du Mans. Ms. ne 84 (Bestiaire du XIIIe siècle) fol. 42,
(3) Abbé Ern.-L. Dubois, L'église de N.-D. de la Couture au Mans, pp. 15, 16.
(D Livre blanc (imprimé), p.4, no 6. aslin, le juif, vivait au commencement du XIIe siècle et était judei », au XII siècle. Cf. Gartulaire de Saint-Vincent (imprimé), no 218, p. 151. Livre blane, pp. 81, 106, et Cartulaire de Saint-Victeur (imprimé), p. 157.
drapier. On trouve encore « domos Vaslini » en 1180, et « vinea Vaslini
mbolique déjà publié dans
Je dois encore signaler un autre chapiteau
l'Abécédaire! de M. de Caumont : deux oiseaux à queue de serpent buvant dans un calice *
La première travée de la nef, près du portail, où se rencontre le chapiteau du Juif, se distingue des autres par quatre motifs sculptés au-dessus du tailloir des chapiteaux supérieurs et servant d'amortissement aux arcs ogives de la voûte. Quelques-uns ont voulu y voir des personnages de l'Ancien-Testament, comme
Moïse et David, et un groupe figurant le sacrifice d'Abraham. Malheureusement,
riée par l'ange qui se présente sous la forme
SO
MARQUES DE TACHERONS
celte dernière interprétation est contr d'un horrible démon tentateur. Un cinquième personnage se rencontre à la même place, dans la travée suivante *.
On peut nommer Galilée, cette travée de la nef. Autrefois elle possédait un pavage en contre-bas du reste du dallage de la cathédrale, car les bases de ses colonnes sont à un niveau au-dessous des autres bases. C'était vraisemblablement là, in galilea ecclesiæ , que se tenaient les pénitents et ceux qui, tout en assistant à certaines cérémonies, ne devaient pas être mêlés aux fidèles !. Je crois, sans
toutefois pouvoir en faire la preuve, que cette partie de l'église remplaçait l'ancien
() Architecture religieuse, (2) Un chapiteau du même genre existe à la Couture. Abbé Dubois, Op. ci. pp. 13, 11
(3) On peut voir dans le chœur de l'église de la Couture au Mans, des amortissements de voûles, qui thédrale.
offrent plusieurs points de rapprochement avec ceux de cette travée de la «
() Cependant, le mot Galilea, Galilée, signifiait souvent porche d'église où galerie. On trouve dans les chartes du XIe siècle, les galilées de Saint-Facile de Lucé, de Saint-Martin de S de Saint-Malo de Sablé, de Saint-Pierre de Melleray auprès de Montmirail. Cart. de Saint-Vincent, col. 167, 191, 218, 440.
narthex où les païens, les Juifs, les hérétiques et les schismatiques devaient se tenir quand ils entendaient la prédication de la parole évangélique.
Sur le tympan intérieur du grand portail et autour de son archivolte se voient de; restes de peintures murales récemment découvertes sous le badigeon. Appli-
quées sur un parement du XIe siècle, aux environs du XVe, elles représentent le