‹ La cathédrale Saint-Julien du MansChapitre 71 sur 236 · DATE GRAV UNE DES PILES DE LA CROISÉE · texte numérisé non relu

DATE GRAV UNE DES PILES DE LA CROISÉE

ment en 1158, date de la dernière consécration de la nef On doit encore à Guillaume de Passavant,

les grosses piles de la croisée, jusqu'à la hauteur des voütes de la nef,

l'attribue à Hildebert s'arrêter à l'opinion de M. Parker (Bulletin monumental, 1863, p. 867, et 1864, p. 18

() M. le chanoine Persig

@) 11 ny à pas lieu à ),

qui enseigne que la nef qu'on attribue à Guillaume de Passavant appartient aux dernières années du XITe si

par conséquent aux évêques Renault et Hamelin, Cf. Reoue du Maine, L XXN, pp. 57, 60,

plusieurs piles des transepts qui ne sont que des restes des transepts complets réédifiés aux XIVe et XVe siècles, la partie inférieure de la grosse tour et le magnifique porche méridional que M. le chanoine Persigan met, mal à propos, au comple d'Hildebert'. Ce porche ne peut être d'Hildebert ; « ce qui le prouve, » remarque M. Lefebvre-Pontalis, c'est que ses » sculptures offrent une analogie frappante avec » celles des trois portails de la cathédrale de Chartres » lerminés vers le milieu du XIe siècle”. Du reste,

» si elle était antérieure à la dédicace de 1120, son

» archivolle ne décrirait pas une courbe en tiers-

» point, l'architecte d'Hildebert ayant fait cons-

GRIFFE D'UNE DES GROSSES PILES » tlamment usa

e de l'arc en plein-cintre dans ses

» constructions. Les bases de

colonnes et les feuillages des chapiteaux peuvent

» également fournir des arguments en faveur de la date que nous proposons, car

» tous ces détails d'ornementation sont semblables à ceux des piliers de la nef.

» Enfin le costume des soldats qui figurent dans les scènes du massacre des

» Innocents, sculptées dans les voussures,

» permet d'attribuer fort exactement le portail » méridional à une époque voisine de la dédi- » cace de 1158. Ces guerriers sont revètus » d'une longue cotte de mailles et leur figure » est encadrée par un capuchon qui fait

» corps avec le haubert: leur main soutient

» un écu très-allongé*”. Le costume militaire

» que nous venons de décrire n'ayant été

» adopté qu'après la seconde croisade, vers » 1150, les sculptures de larchivolle ne

» peuvent remonter à la premiére moitié du

» XIIe siècle. Quant au porche qui le précède,

» il fut sans doute élevé par les mêmes ou-

mai J6.

» vriers " Ses trois arcades en liers-point et sa CHAPITEAU ROMAN DU TRANSEPT SUD

» voüle sur croisée d'ogive...... nous donnent

» une véritable certitude à cet égard. M. de Dion lui assigne une date plus

ancienne”, mais son opinion est contredite par les caractères architectoniques

» de cette légère construction ».

(1) Recherches, pp. 89, 191, 275.

€) Entre 1131 et 1150, dit M. l'abbé A. Clerval, Chartres, sa cathédrale, (3) Comme celui de l'émail de Geoffroy Plantagenel.

$ monuments, p. 28.

(4) Il ne faut pas tenir compte des modifications modernes. (5) Bulletin monumental, XXXIX. Plan à la page 486.

Il s'agit maintenant de résumer cette longue dissertation. Suivant M. Lefebvre-

Pontalis, on peut répartir ces constructions ainsi qu'il suit: Gervais de Châteaudu-Loir bâtit avant 1055. la chapelle du Saint-Sauveur dont les ruines se voient au portail de la Psallette (ancien évèêché) ;

Hoël (1085-1097), les arcades des deux premières travées de la nef auprès des transepts et les deux collatéraux :

Hildebert (1097-1125), les arcs en plein-cintre engagés dans les travées de la

nef ét la façade à l'exception de la fenêtre centrale :

Guillaume de Passavant (1142-1186), les arcades en tiers-point, les colonnes,

e triforium, les fenêtres du clerestory, les voûtes de la nef, les piles de la croisée, e soubassement de la tour et le grand portail méridional !.

Je me permets une classification un peu différente de celle de M. Lefcbvre- ’ontalis. Aprés l'avoir élablie précédemment, je la résume ici en quelques lignes :

Vulgrin (1056-1065) ne laissa rien de la cathédrale d'Aldrie. Il jeta les fon-

dements d'un nouvel édifice plus vaste que l'ancien. De son œuvre, il nous reste

e plan roman et peut-être quelques fragments de murailles des basses-nefs, arliculièrement du côté méridional.

Arnaud (1065 ou 1067-1081) commença les bas-côtés dont il fit complètement

a première {ravée avec les arcades à plein-cintre du côté du grand vaisseau, et le mur des travées où se voient les arcalures à trois compartiments. On lui doit encore la partie basse des ruines de la porte de la Psallette (ancienne tour du nord), le bas de l'escalier de la tour actuelle, construit en roussard, et probablement le mur roman du transept sud, du côté de la place Saint-Michel.

Hoël (1085-1096) fit le reste des bas-côtés, la façade de la place du château (hormis les deux gros contreforts et le haut du pignon), la petite tour d'angle. De ses deux tours, qu'il acheva complètement, nous n'avons plus que la partie supérieure des ruines de la Psallette. I avait construit également les transepts,

mais le seul vestige qui nous en reste consiste en quelques claveaux de roussard,

dans le transept nord, au-dessus de l'entrée du pourtour du chœur.

Hildebert (1096-1125) peut revendiquer les seuls ares en plein-cintre de la nef, au-dessus des arcs en tiers-point du rez-de-chaussée.

Hugues de Saint-Calais (1136-1144), qui succéda à Hildebert après Guy S

d'Étampes, jeta les bases de la grande nef actuelle, des piles de la croisée et des

piles romanes des transepts.

Guillaume de Passavant (1145-1187) termina l'œuvre de Hugues de Saint-

Calais et doit être considéré comme le constructeur de cette partie de l'église.

Quant à la fenêtre centrale de la façade, non seulement il ne l'agrandit pas, mais,

() Revue du Maine, L XX, p. 60.

au contraire, il la diminua de hauteur en la coupant, à sa partie inférieure, par

un cordon au niveau des autres cordons de l'édifice. Au-dessous de ce cordon,

il fil p

effrité,

est due à Guillaume de Pass

aquer un revêtement en pierres de laille.

Sous le comble du bas-côlé nord, on voit que le mur de la grande nef à été

dans toute sa longueur, par la violence des flammes. Puisque cette muraille

iwvant, on ne peut y voir les traces des incendies de

de 1137, mais probablement de celui de 1189, qui réduisit en cendres une

grande partie de la ville et qui fut peut-être causé à la cathédrale par les assiégés

de la

Augus

our Orbrindelle, se défendant contre les hommes d'armes de Philippe-

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