‹ La cause des restes d'IsraelChapitre 30 sur 85 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

Signatures et paroles des Eoêques de Belgique et de Hollande.

I. On sait que sainte Julienne de Liège fut suscitée de Dieu pour faire établir dans l'Eglise catholique la fête du Très Saint Sacrement ; cette fête nous ramène à Fesprit un des plus touchants souvenirs de notre enfance : bonne augure pour notre Postulatum auprès des Evêques belges. — IL La Belgique sera-t-elle absente de notre Postulatum? Refus catégorique d'un Evêque de le signer ; ce refus n'a pas de durée ; triomphal assentiment de l'Evêque de Gand ; la main paralysée d'un autre Evêque fait sienne cette précieuse signature. — IIL Un éloge de l'Evêque de Bois-le- Duc. Brillantes carrière et conversion de l'avocat Lipman racontées par l'archevêque d'Utrecht.

Quand nous dûmes présenter notre Postulatum aux évoques de Belgique et de Hollande, la ravissante dévotion envers sainte Julienne enflamma notre zèle, raviva notre courage, parce qu'elle s'entrelaçait à un souvenir de notre enfance. On sait que cette jeune sainte, passionnée d'amour pour la divine Eucharistie, fut suscitée de Dieu pour faire établir dans la catholicité les processions du Très Saint Sacrement.

Eh bien, quand nous étions tout jeunes enfants, alors que la France était gouvernée par des princes chrétiens, de magnifiques processions se déroulaient dans les rues de Lyon, au jour de la fête du Très Saint Sacrement, Notre bonne était une pieuse cathoHque au sein de notre famille

Israélite. Lorsque la procession avec ses bannières, ses fleurs, ses encensoirs, s'avançait dans la rue Saint- Dominique où nous habitions, elle nous faisait mettre à genoux, et, nous montrant le dais et l'ostensoir d'or, elle nous disait : « Mes petits, voici le bon Dieu qui passe, demandez- lui de vous bénir. » C'est au passage du Très Saint Sacrement que se rattache la première étincelle de catholicisme qui vint animer nos jeunes cœurs. Nous nous sentions pénétrés, et nous nous disions tout bas l'un à l'autre : quand nous serons grands, nous nous ferons catholiques.

Nous nous permettons de tracer ici ces détails intimes, parce que nous alhons aborder les évêques de cette Belgique privilégiée où fut instituée la première fête du Très Saint Sacrement.

Puissent les israélites qui liront ces lignes, imiter les deux petits et s'agenouiller sur le passage de la divine Eucharistie, sacrement d'amour.

L'évêque de Gand (Mgr Enrico Bracq); l'évêque de Bruges (Mgr Giovanni Faiez) ; l'évêque de Namur (Mgr Giuseppe Gravez). — Au collège belge, où nous nous rendons, ces trois évêques se présentent ensemble. L'un d'eux refuse catégoriquement de signer, et engage les autres à refuser, en nous disant : « Vous avez suffisamment de signatures, et les nôtres ont été déjà souvent données. » — Nous répliquâmes : « Monseigneur, les juifs sont dispersés partout, dans toutes les nations, il faut donc que pour ce vœu toutes les nations y prennent part. Voulez- vous que la Belgique en soit absente? » — « Les choses essentielles avant les secondaires, et pour les essentielles nos signatures n'abondent pas ». — « Moi, je signerai », dit fermement l'évê-

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