‹ La cause première d'après les données expérimentalesChapitre 77 sur 197 · Albert Gaudry, les Ancêtres, page · texte numérisé non relu

Albert Gaudry, les Ancêtres, page

subdivisé en plusieurs rameaux, dont les deux seuls encore existants sont l'éléphant de Tlnde et l'éléphant d'Afrique.

« Ces tableaux, dit Quatrefages, ont pour la science un réel intérêt en ce qu'ils permettent de saisir d'un coup d'œil les rapports multiples que présentent certains mammifères des anciens mondes entre eux et avec leurs représentants actuels ; ils n'apprennent rien quant à la cause qui a déterminé ces rapports *-. >

La science moderne ne connaît que quatre causes qui puissent déterminer des modifications dans les êtres organisés : ce sont le croisement, Tinfluence du milieu, la sélection suivie ou non de la divergence des caractères et la variation brusque. Voyons si ces causes sont capables de rendre compte de la communauté d'origine qui unirait les éléphants aux mastodontes pris pour exemple. « Il est difficile de douter, dit M. Albert Gaudry, que nos éléphants actuels aient été dérivés des éléphants fossiles, et qu'à leur tour ceux-ci aient été dérivés de leurs prédécesseurs les mastodontes... C'est d'après la forme des molaires qu'on a distingué les mastodontes des éléphants. Chez les mastodontes, les molaires sont formées de gros mamelons couverts d'une épaisse couche d'émail, de telle sorte qu'elles ont pu broyer les corps les plus durs. Chez les éléphants, les dents sont formées de lamelles superposées; elles sont disposées pour un régime herbivore. Grâce aux recherches de Cravvfurd

\, QcATREFAGEs, Ck. Daî^win, page 191.

et de Falconer dans l'Inde, on connaît maintenant un grand nombre d'espèces fossiles de mastodontes et d'éléphants qui établissent une série d'intermédiaires entre les formes extrêmes des molaires. La meilleure preuve que certaines espèces de proboscidiens fossiles de rinde font la transition entre les deux genres,^'est qu'une même espèce a été rapportée par d'habiles naturalistes, tantôt à l'éléphant, tantôt au mastodonte *. »

40 Le croisement. Pour expliquer la forme intermédiaire affectée par une partie du squelette aussi importante que le sont les dents, le croisement est d'une impuissance absolue. En supposant que le type éléphant existât déjà et n'eût pas le mastodonte pour ancêtre, le croisement entre ces deux types séparés par une telle différence eût été stérile dès le début ou promptement infécond. On sait que les espèces du genre equm, cheval, âne, zèbre, etc., se ressemblent tellement par le squelette qu'on ne saurait les déterminer d après les caractères ostéologiques seuls, t Si elles venaient à être ensevelies enseml?le, les paléontologistes futurs n'en feraient qu'une 2. > Or ces espèces vivantes, cheval, âne, zèbre, etc., bien autrement voisines l'une de l'autre que le sont les mastodontes et les éléphants, lorsqu'on les croise entre elles, donnent un hybride infécond ou le devenant à la 2^ ou 3« génération. A plus forte raison, une ^pàce

i. A. Gaudry, les Ancêtres, pages 52-53.

Page 1