‹ La Cautérisation par le Feu: Son Application aux Lésions Tendineuses sur le Cheval de LuxeChapitre 29 sur 34 · CASTRATION · texte numérisé non relu

CASTRATION

Ce paragraphe se rattache, croyons-nous, à ce qui touche les résultats et les suites de la cautérisation.

Bouley écrit : « En castrant le cheval, on se propose deux buts

1° Rendre les animaux plus dociles.

2° Diminuer leur volume et leur masse et de les approprier par leurs formes plus élancées et plus légères aux exgiences des services rapides (selle et cavalerie).

Sous l'influence de la castration, la nutrition générale se ralentit dans les parties antérieures, l’encolure s’affine et tout l’avant-main s’allège.

La répercussion de cette opération sur l'organisme nous intéresse particulièrement.

Le cheval atteint de nerf-férure, si nous envisageons le cas d’un pur-sang, et destiné à recevoir le feu, voit sa carrière de plat sérieusement compromise. Si l'accident survient dans l’année de ses trois ans, il lui est interdit de courir les épreuves classiques et par là, sa valeur comme étalon, baissera considérablement. Les tendons, une fois guéris, ne seront plus capables de supporter la violence des réactions aux allures trop vives et la vitesse en sera sensiblement diminuée.

Les courses plates nécessitent l'intégrité des

organes, et tout cheval claqué est mis en tel état d’in-

fériorité, même après guérison par la cautérisation, qu'il est rare qu'il fasse à nouveau ses preuves dans celte spécialité. Aujourd’hui, un cheval est un capitai que l’on veut faire fructifier, et seules les courses d'obstacles pourront rémunérer le propriétaire qui a consenti au sacrifice d'attendre la guérison de l’opéré. En admettant que le caractère du cheval s'adapte à son nouveau mélier de sauteur, il faut encore apprécier la force avec laquelle, après avoir franchi un obstacle, l'animal va se recevoir sur ses antérieurs. Comme on ne saurait diminuer la vitesse, pour atténuer la projection ou la violence de la prise de contact avec le sol, il faut agir sur la masse, le poids même du cheval. Un seul moyen permet d'obtenir ce résultat, c'est la castration. En allégeant l’encolure et l’avantmain, on aura à force égale de détente des postérieurs, un enlever plus facile ; la masse à soulever étant moins grande, le cheval sautera plus librement et, débarrassé de la surcharge inutile d’une encolure moins épaisse et d’épaules moins massives, soulagera ses tendons dans leur effort. Le balancier cervico- -céphalique, si utile dans le déplacement du centre de gravité, beaucoup plus maniable puisque plus libre de poids mort, pourra jouer un rôle d'autant plus efficace dans la reprise de l’équilibre après le saut.

Quel est le moment optimum pour pratiquer la castration au cheval claqué ?

Dans la pratique, on intervient à la fois sur les tendons par la cautérisation, et l’on agit sur la masse du cheval par la castration.

Rite

On commence d’abord par appliquer le feu, puis immédiatement après on castre : double avantage, de ne nécessiter qu'une fois l’abatage du patient, et surtout de commencer à voir paraître les premières manifestations de la neutralisation sexuelle aussitôt.

Toute la masse inutile qui va disparaître sera autant de poids superflu qui ne reposera pas sur les tendons durant le processus de réparation de ceux-ci. C’est là le bien-fondé de cette méthode, et ce pourquoi nous avons estimé que cette parenthèse sur la castration et ses effets était intimement liée à l’action

de la cautérisation sur les lésions tendineuses.

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