TERNAIRE
même caverne présente une gravure de Bœuf, très mauvaise et mal proportionnée, à tête longue et cornes gigantesques s’élevant tout droit (fig. 186).
Deux gravures de Laugerie-Basse (fig. 187, n° 2) représentent trois individus à museau court (fig. 184); il en est de même pour une gravure sur lame d'os de , une autre
la grotte des Eyzies (fig. 187), une du Mas d'Azil sur caillou (fig. 188 sur galet schisteux de Gourdan (fig. 188 et pl. LXV) et deux symétriques sur les deux faces d'une lame d'os de ce gisement, auxquelles il faut ajouter plusieurs têtes se surchargeant mutuellement de Limeuil (fig. 189).
FiG. 183. — Bos primigenius, gravé sur un fragment de corniche de la grotte des Combarelles, détaché par les soins de MM. Capitan, Breuil et Peyrony et déposé au Museum d'Histoire Naturelle (Galeries de Paléontologie). — Echelle : demi grandeur.
Il existe aussi d'importantes variations dans le développement des cornes et leur disposition. Très souvent leur ampleur ne dépasse pas celle de nos races domestiques (fig. 182, n° 3 ; 184; 187; 188 ; 189) et les formes générales semblent bien celles auxquelles nous sommes accoutumés dans le Bos taurus. Dans d’autres cas plus rares, les cornes sont très grandes, très longues, tandis que le corps, très svelte, repose sur des jambes longues et fines comme celles d’un Cheval (fig. 185, 186). Une remarquable silhouette de Bœuf à tête allongée, réunissant tous ces caractères, peut se lire sur un fragment de corniche donné par nous au Museum d'Histoire Naturelle de Paris, et que nous avions extrait de la grotte des Combarelles (fig. 183). Il n’est pas douteux que ce soit là l’image du Bos primigenius.
Malgré ces variations du type Bœuf, le dessin de la tête présente toujours les caractères suivants : la ligne des naseaux au sommet du front est à peine ondulée ; le front est faiblement bombé ; les cornes naissent au sommet du front, au-dessus des yeux, et se développent entièrement en dehors de la tête, en se dirigeant soit en haut, soit presque horizontalement après leur départ ; l'oreille est située derrière la corne, au sommet de la tête, et est dessinée derrière la nuque, en dehors de la ligne d'échine ; la mâchoire inférieure est glabre, la gorge est libre de barbe et même de fanon ; celui-ci, très réduit, ne se voit qu’au poitrail, de sorte que la tête est dégagée
ne
F1G. 184. — Gravures de Bos primigenius ou taurus. — Sur pierre, Laugerie-Basse; a fait partie de la collection Marty, objet perdu : grandeur réell 2, Les Forges, à Bruniquel, British Museum, grandeur vraie. — 3, Laugerie-Basse, collection Vibraye au Museum de Paris,
deux tiers de grandeur.
comme celle d'un Cheval ; du reste la silhouette générale, surtout chez les Bœufs à tête longue, semble-t-il, est très svelte ; le dos n’a qu'un garrot peu marqué, même chez les Taureaux, et ne présente aucune bosse.
Ces caractèr
s ne sont assurément pas ceux du Bison (1); si l’on cherche, dans les monuments de l’antiquité, quelques points de comparaison, il ne manqueront pas d’être très suggestifs.
1. M. le Professeur Ü. Düerst, auquel j'ai communiqué les documents décrits ci-contre, a bien
voulu me donner son opinion dans les termes suivants : « Nous avons l'habitude € qui n’ont pas la bosse et les énormes crinières du Bison comme Bos primigenius ; cette détermination ne me parait pourtant pas si sûre : Prenez votre photographie pl. LXV, no 4. Dans mon ouvrage sur le Schlossberg, j'ai donné cinquante longueurs de cornes du Bos primigenius ; la plus petite mesure om43 de long, et omrr de diamètre. Au-dessous de cela, nous ne pouvons plus parler de Bos primigenius que chez les jeunes individus.
regarder tous les bovidés
Sur les cylindres Chaldéens, se trouvent plusieurs fois représentés des Bœufs à la corne nettement insérée tout en haut du front, tournée en avant, et fortement incurvée ; ils sont très puissamment musclés et membrés, malgré des proportions sveltes et véritablement élancées (fig. 190, 191). C'est le même animal que ‘on reconnaît dans les frises en brique émaillée du palais de Khorsabad et d’ailleurs (Perrot et Chipiez, II, pl. XV) tantôt marchant à pas comptés, tantôt aux prises avec des Lions (1). Dans cette dernière scène, les formes des ruminants igurés sont si sveltes, leurs mouvements d'apparence si agile que ces savants archéologues prononcent le nom d’Antilope et de Licorne. En réalité, l'unité de corne est extrêmement fréquente dans les représentations d'animaux cornus par es artistes de Mésopotamie, et la légèreté des formes est presque la règle dans toutes les représentations des bovidés de civilisation orientale et égyptienne. La
corne d'une autre race bovine, avec petite bosse sur le garrot, museau court et
formes plus trapues est aussi représentée unique (fig. 192). D'ailleurs, la statuaire Chaldéenne a représenté des têtes en proportions vraies qui fixent, avec une vérité remarquable (fig. 194), les traits caractéristiques du Bos primigenius, tels
qu'ils se sont conservés jusqu'à nous, à travers certaines races domestiques (fig. 177).
Des têtes de Taureaux en bronze ou argent trouvés à Mycène (2) et dans la Méditerranée fixent les mêmes caractères; on les reconnaît sur les Taureaux à museau relativement court des coupes de Vaphio (fig. 193), ceux-ci donnent un type beaucoup plus massif que les Taureaux assyriens (3); mais la forme légère, extraordinairement
Admettons que la tête dont nous parlons mesure om70, les cornes de cet animal auraient alors om50 de longueur sur omo6 de diamètre. Comme les om43 de tout à l'heure se rapportaient aux chevilles osseuses, il faut
parler d’une longueur de cornes de om6o à peu près, y compris la matière cornée. La tête de Gourdan aurait
donc des cornes trop petites et surtout trop minces, pour représenter un Bos primigenius, même jeune. Cette
bête a plutôt l'air d’une Vache de race brachycère. Je considérerais comme Bos primigenius les peintures
noires des planches XI et XII (1,3), et de la fig. 191, en soulignant la hauteur marquée du garrot, qui se fs sauvages de l'Inde, Gour et Gayal. Je ne me prononcerais pas sur la fig. 190,
Fort curieux est la « Vache et son Veau » du Mas: d’Azil (fig. 182,4); malheureusement, on
trouve également chez les Bœu
mal déterminée.
ne voit pas bien la longueur des cornes ; on serait porté à croire qu’il s’agit de la e domestique ; mais je ferais valoir la longueur extrême de la tête et la forme du garrot pour considérer également ce dessin comme une très belle figuration du Bos primigenius; mais comme le pis n’est pas figuré, il serait peut-être plus
183, no 4, et pl. LXV, no 7, et sur l'os,
prudent de ne pas parler de Vache. Sur la petite pierre, fig no 3, et pl. LXV, no 5, vous avez également ce Bœuf, représenté à la façon Babylonienne ou Assyrienne ; celui de la petite pierre est le premier où ce voit nettement l'indication du sexe mâle. D’autres têtes, comme rpte : appelez-les tranquille-
celles fig. 18o, sont bien un peu dans le genre des Bœufs à longues cornes d'Es
ment « Bos primigenius ». (H. B.)
IT, p. 578, fig. 273 : Combat du Lion et de la Licorne ; broderies d’un vêtement — Très généralement, les cornes d’un animal sont au