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LES TECTIFORMES DE FONT-DE-GAUME

ENCE SSAIURES PRIMIDIVES" 239

mais en revanche cela rappelle d'avantage les «tectiformes » presque rectangulaires de Marsoulas, d'Altamira et de Castillo.

Mais dans les parties moins méridionales de l'Amérique du Sud, on trouve de nombreuses constructions rappelant également les « tectiformes ». Telles les huttes Caraïbes de la Guyane Hollandaise (fig. 231) presque identiques à celles des Séminoles précédemment décrites, et les cases des Indiens Paumari et Jamamadi du Rio Purus au Brésil (1).

Nous en trouvons une forme dérivée, quoique plus compliquée chez les Indiens

FiG. 231. — Hutte Caraïbe du Haut Saramacca (Surinam) d’après le Pr W. Joest, in Internationales Archiw für Ethnographie, suppl. au tome V, 1803.

Goaijiros du Vénézuela (fig. 230) : la hutte est montée sur une estrade reposant sur pilotis, elle est close de paroïs, recouverte d'herbes sèches, ainsi que le toit. Parfois un péristyle précède la maisonnette, et reproduit la construction fondamentale, avec pilier central du côté de la façade, et sans paroïs clôturant l'intérieur.

Si nous passons en Océanie, nous devons d’abord noter un groupe de légers abris dessinés par le Capitaine Cook au détroit de la Reine Charlotte, Nouvelle Zélande, à son passage en Février 1777 (3° Voyage, vol. I, p. 126). L'un d’eux

1. Report of the U. S. National Museum, 1901. Narrative of a visit to Indians tribes of the Purus

River (Bresil), pl. 2 et 9.

très bas, est soutenu au milieu par un piquet, supportant évidemment

l'extrémité d'une perche rigide dont l'autre bout devait reposer sur un autre piquet ;

sur cette perche formant l'axe du toit, deux appentis couverts de feuilles s'appuient de chaque côté : il semble que la hutte, pas plus haute qu’un mètre, ait été rectangulaire. D'autres huttes voisines

sont formées d'une toiture d'apparence herbue, supportée par des piquets sur lesquels reposent des perches horizontales ; mais entre les piquets latéraux, des traverses, en manière de clayonnage, fixées horizontalement à faible intervalle, reçoivent une garniture de graminées qui y sont attachées

et forment une légère paroi.

2 2 5 a planche 52 loyag ë 32.— Huttes temporaires des Néo-Zélandais, La F lanche = du OYRSE de

du district de la Reine Charlotte, d’après Cook. l’'Astrolabe au Pôle Sud représente

un grand nombre de petites construc-

tions formant le « Pà » de Kahouwera (Nouvelle-Zélande) ; les unes sont de simples

| petites plateformes en planchettes supportées par quatre piliers égaux, d’autres ont la forme de toits allongés reposant à

terre par les côtés; d'autres sont faits | d’un long clayonnage soulevé d'un côté par des piquets, de façon à ressembler à des chassis ouverts ; enfin des huttes véritables sont constituées d'une toiture en forme de toit aplati, de carène renversée, ou même de voûte en cintre surbaissé, et présen-

tant au centre de la façade une double

| | ouverture. Üne grande palissade entoure | le tout, et l’on y voit de gros piquets

| | réunis, des traverses plus légères supportant | des lattes serrées. Une autre enceinte, BIS à : ro ue F1G. 233. — Hutte sur la rivière Sekanto entourant un point fortifié, est faite de {Ne Guinée Hollandaise), d’après G. A. J. Van der Sande, in Nova Guinea. Résultats de lexpédition scient. Néerlandaise en

| pieux élevés et assez rapprochés, rejoints

entre eux par une ou plusieurs rangées de MB VO JOUE pe ve traverses (pl. 51, loc. cit.) Peut-être les nombreux traits verticaux associés aux tectiformes d'avant le Rubicon figurent-ils quelque chose d’analogue.

Les huttes Australiennes nous arrêterons peu de temps, ce sont le plus souvent

d'informes monceaux de branchages feuillus, disposés de manière à laisser une

| | CEA a . ñ : as | cavité centrale et une ouverture latérale qui permette d'entrer et de sortir (Spencer

CESSTE

et Gillen). Il est vrai que dans les planches du « Voyage au Pôle Sud et en Océanie », Dumont d'Urville figure des huttes un peu moins sommaires quoique encore très simples ;

les unes sont coniques et faites de grandes plaques d'écorce arc-boutées (pl. 18), d’autres, en quart de sphère, sont composées d’une carcasse de brins de bois entrecroisés, garnie de graminées.

Stokes (1) en figure une analogue, il dit que les indigènes semblent avoir des notions bien rudimentaires sur l'architecture ; l’une des huttes les plus compliquées qu'il ait vues, et qu'il figure, consiste en quatre piquets à sommet fourchu, de trois à quatre pieds de haut, supportant deux baliveaux parallèles entre lesquels sont placés des branches feuillues ou des graminées formant

couverture. Une seule fois, dans le Nord-Ouest de l'Australie, il a vu une agglomération d’habitations indigènes assez bien construites ; la charpente en était faite avec de forts piquets de plus de quatre mètres de haut, réunis ensemble en voûte

conique recouverte d’un chaume si épais qu'il était

imperméable au vent et à la pluie. La figure qu'il Æ ; À OU 2 — Tombe sur le Mio donne montre en effet une hutte cylindrique en Korwar(N.Guinée Hollandai ; à M Û d'après Van der Sande, ibd. fis

coupole surélevée, avec à la base une ouverture 172.

cintrée haute de moins d'un mètre (2).

Dans ce merveilleux district ethnographique de la Nouvelle Guinée, nous devions, sans doute, rencontrer d'heureuses comparaisons. En effet, dans la partie de la belle publication « Nova Guinea » que M. Van der Sande consacre à l'étude de ses habitants, tout un chapitre est attribué à l'étude des habitations.

M. Van der Sande publie une hutte fort simple qu'il a rencontrée sur le cours de la rivière Sekanto, et qui est faite d'une toiture à deux pentes, soutenue au centre par de grands piliers, et sur les côtés par de plus petits (fig. 233) ; la couverture ; l'ensemble rappelle très bien les huttes Séminoles de Floride et les « tectiformes » de nos cavernes. Une hutte de montagnards qu'il représente un peu plus loin (fig. 2

est faite de feuilles de palmiers

5) est construite sur le même type, mais plus

achevé : le chaume du toit est très serré et très épais, des traverses maintiennent

l'écartement des piliers, et supportent en même temps de légères parois. Certaines tombes rappellent, en réduction, la même forme d'habitation (fig. 234). Parkinson (Dreiszig lahre in der Südsee, pl. III) figure une hutte de l'Ile Ave-

leng, très basse et petite ; elle consiste en un toit à deux pans surbaissés, dont les côtés reposent à terre, et le faît est soutenu par un piquet central.

Toute l'architecture Néo-Guinéenne dérive, par complication, de cette forme de charpente élémentaire. La modification la plus essentielle est que le plancher est lui-même suspendu, placé sur une sorte d'estrade: que les maisons soient construites

1. Stokes, Disc 2. Voir aussi Topinard. Etudes sur les Races indigènes de l'Australie, 1872, p. 56 et 57.

overies in Australia. Tome II, pl. de frontispice, p. 101 et 172.

ER oui TRES

sur les bords d’un rivage, et rappellent ainsi les palaffittes des lacs Suisses, ou bien qu'elles soient élevées sur la terre ferme, elles reposent sur un pilotis supportant la plateforme. La hutte ainsi constituée conserve le type fondamental de l’autre, mais sa silhouette s'exhausse, sa façade ressemble à une palissade, à cause des nombreux mats parallèles qui s'en vont soutenir la toiture (1).

En Nouvelle Guinée Britannique, certaines cases, avoisinant la hutte où l’on conserve les têtes, rappellent aussi les types rectangulaires de tectiformes, à

F1G. 235. — Hutte de montagnards, à Dremta (N. Guinée Hollandaise), d’après Van der Sande, ibid., p. 132.

toit plat ; les parois sont garnies de feuillage et d'herbe, soutenus par des traverses hofizontales, fixées elles-mêmes à des piquets de soutènement. Sur la façade, une large baie est laissée sans parois, au milieu de laquelle, au centre, un pilier de soutènement est visible (2).

Les huttes des Célèbes, pour mieux faites qu'elles soient, rentrent dans la série des palaffittes Néo-Guinéennes, et dérivent du même type de construction : la hutte tectiforme (3).

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