PERTE
de ins Vigier “ Pair,
| Eh em me . ‘ :
I mere ES + tr …
pen,
RE
2 28 à 2 1 M Red ad a crtanernaen ne vaine.
cavités plus grandes, les autres se contour nent et reviennent à l’allée principale. Sur l’espace de trois cents pieds en ligne droite, le réseau des corridors va en baissant.
L'eau a roulé des cailloux dans ces déclévités et dans tous les interstices de la muraille, à droite, à gauche, en haut, en bas ; il en est résulté des moules à boulets qui criblent partout les surfaces. Ce labyrinthe à lui seul dépasse en intérêt les trente cavernes de notre pays. Songez à une avalanche de rocs monstrueux, allant, se heur.tant, s’accrochant, trébuchant par leur voids dans les profondeurs de l’immensité.
C’est l’image du chaos. C’est le chaos luimême surpris dans un moment d'arrêt.
Rien ne témoigne aussi puissamment des agitations de notre pauvre planète à sa période d'enfance. Je comprends mieux maintenant l’exclamation du chantre des Martyrs en présence du Niagara : « C’est une colonne d’eau du déluge! »
Ici nous assistons à l’enfantement &es montagnes.
Ils n'étaient pas gais les temps primi-
CT GONE DS LAN AD EN LD v RLS po BARETT LEE TT
tifs. Bien sûr j'aurai le cauchemar cette nuit.
Toute la caverne est propre comme un sou neuf. Les eaux l’ont lavée et récurée tellement qu’elle ne contient aucun débris.
Pas la moindre trace de végétation. Pas
même de champignons. Ni mousse ni & moisissure. Quelques ossements de cas- | tors et de loutres qu’on y a trouvés sont
tout ce qu’elle renfermait au jour de sa découverte,
L'œil est frappé du travail que les eaux } ont accompli partout. La moindre pierre y est polie et arrondie par leur frottement.
Les roches d’origine ignée qui sont les nerfs et les muscles de cette colossale char. pente n’ont pas été rongées par le courant à cause de leur dureté, les quartz non plus, mais elles projettent partout d'une ma- } nière menaçante par suite des enfoncements des calcaires et de la chaux rongés et minés jusque dans les recoins les plus écartés des grottes. Bien souvent une pièce de ia taille d’une barrique est ainsi | déchaussée et pend sur votre tête. On
RERERSER Séars 2 à RE
dirait qu'elle va tomber. L’engrenage des blocs, pour ainsi dire, est parfait ; rien
ne s’en détache. La pierre à chaux ci-
mente si bien les parties entr’elles que
l’on ne distingue aucune fente ou crevasse . nulle part. Des bosses, des creux; une | irrégularité charmante dans les chambres et les passages; des grottes d’une blant cheur de neige et d’une transparence de marbre frotté; des corridors gris, des
pans de mur noirs, des alcôves drabs ; tan-
tôt un mélange de ces couleurs; parfois
X Se les scintillations du quartz ou des pierres
e ferrugineuses à la lumière des flambeaux,
ï | —]a variété n’en peut se décrire.
- Le sol est uni, battu par le courant ; par
rt ci par là un amas de pierre en rompt l’éga- < ’ lité; si vous regardez en haut, l’alvéole : Ve à d'où ces pièces sont tombées est visible, l e- mais cela a eu lieu avant que les eaux se 8 fussent retirées; nous ne le verrons pas | 15 recommencer.
16 É si Nous sommes douze personnes, disper.
)n # sées en tous sens, chacun sa bougie à la À
ontss re D 6 NT AA à PUS TE
main. Le jeu de ces flammes qui vont d’une ouverture à l’autre est magique.
te
Il n’y à pas deux passages ni deux grottes ou chambres d’un même niveau.
Pour les atteindre il faut grimper ici, descendre là, ramper dans un autre endroit,
enfin devenir ver de terre selon le mot de | M. Pélissier. |
— À propos, comment se fait-il, dis-je, que nous respirions ici un bon air et qu’on n’y cente pas l’odeur de renfermé que j'appréhendais ? V ©
4 OO, OO ND æ# OO,
— Pour la simple raison que la caverne à livré passage à une rivière autrefois, et que puisque les eaux y coulaient et en sortaient quelque part, il y a une circulation d'air parfaite.
—Et où est cette issue, M. Pélissier ? à
—Voilà ie problême! Depuis sept ou huit ans que j'explore ces lieux et que je découvre de nouvaux passages, je n’ai pas pu me renseigner sur ce point; mais j'?* une preuve de l’existence d’un lac sous la
ht oo ad à
} L montagne, cela suffit pour que nous s0yOns sans crainte sur l'épurement de l'air des é grottes et des corridors.
A. } __Je me rappelle que le Dr. J. À. Grant, — __ d'Ottawa, avait émis l'opinion qu’une % | nappe d'eau existait sous la caverne. Ce le | serait la décharge intérieure du lac Pélissier | qui passait jadis par les conduits où nous e, causons en ce moment. Savez-vous à quel ti niveau se rencontre le lac inconnu ?
16 À —]l me paraît être assez d'accord avec Ÿ celui auquel vous donnez mon nom.
A En effet, ce que j'appelle le lac Pélissier re | n’a pas de nom officiel.
r- 07 M. Pélissier est instruit et intelligent.
Ila fait son cours classique ; il étudie | autant que ie lui permettent ses fonc- Ÿ tions de maître de poste, de cultivasil teur, de marchand de bois, enfin l’explojé ration de sa caverne qui n’est jamais finie né et qui demande du temps et de l'argent.
Éd | —Alors, dis-je, les deux lacs n’en font
la ? qu’un; celui du dehors se déverse dans celui
ge
du dedans aujourd’hui comme autrefois, avec la différence qu'il ne passe plus par notre caverne et qu’il a son entrée secrète à travers d’autres labyrinthes pareils à celui-c:, situés plus bas.
—-C’est possible. Mais savez-vous que nous allons descendre ?
— Où cela?
—À l'étage inférieur, sil vous plait.
Nous sommes entrés par la lucarne. Per- :
mettez que je vous précède.
—Descendre est facile à dire, mais par où
encore une fois, par quelle porte secrète ?
Pélissier se prosterne à la façon des Japonnais. Va-t-il nous adresser une prière ?
Suis-je à ses yeux la quatorzième incarnation de Vichnou parce aue j'ai dit que le lac. ...
Pas du tout! Il se coule à reculons dans un boyau de stalagmites, en nous disant que la pente est raide sans toutefois offrir de danger.
Glissez, mortels, n’appuyez pas.
plaît.
Per- L
ar OÙ :
rète ?
»3 JaArière ?
arna-
ue le
dans lisant offrir
Il glisse, je glisse, nous glissons. Au bout de vingt pieds nous tombons... .au salon.
C’est un salon. Les murs sont de crême.
La moindre parole devient un tonnerre dans cet étage, car ce n’est qu'un étage; tout à l'heure il va falloir descendre les grands escaliers du bâtiment.
— Comment expliquez-vous ce double rang ?
— Par le fait qu’il y en a plus d’un semblable dans la caverne. La montagne entière doit être construite en ruche d'abeille, Vous voyez partout les traces du soulèvement de la couche des roches primitives. Ces roches, au lieu d’être à leur plase «au fond de l’abîne,» dans le voisinage immédiat du feu central, ont jailli de leur premier gite et se sont empilées les unes sur- les autres de manière à former cette montagne. Les crevasses, les sclutions de continuité vont de soi dans une organisation de cette nature. Il n’y a qu’à retrou-
ver les tenants et les aboutissants des corridors et à ne pas s’y égarer une fois qu’on C’est dû en partie à ce mo.
les a trouvés.
tif s1 J'ai fermé à clef l’ouverture de la caverne, sans compter les dégâts que des visiteurs ignorants ou méchants y ont déjà commis, comme d'allumer du feu par exemple et de noircir à jamais les grottes les plus coquettes, Voyez celle-ci.
En effet, c’est honteux. Des sauvages en culottes « crampées » et portant lorgnon laissent leur carte de visite sur ces lambris . de porcelaine, et salissent en dix minutes les stalactites que les pierres ont formées goutte à goutte par concrétion durant des siècles, —de même qu'il suffit d’une douzaine de coups de hache pour abattre un bel arb.,e dont les ramures et la force sont le produit de cent ans de croissance.
En dessous comme au dessus de ces étages, l'aspect général se ressemble, avec ceci de particulier que la ressemblance revêt une intinité de tons et d’allures qui en brisent: la monotonie, si monotonie il peut y avoir en ce lieu. Ni en haut ni en bas vous n'avez le cœur moins serré, le système nerveux plus calme, ie sentiment de votre
Um ln nn
st EE D pm
ut 0 bd © Et kb
faiblesse moindre. Sans rire, je me prenais à penser à Périchca s’exclamant :
‘ Que l’hemme est petit en présence de la mère de [glace ! ”?
Avec deux cents pieds de roc sur les épaules, on se trouve tout préparé à ces sortes de réflexions.
Nous voyez-vous en ce moment, accroupis onze ou douze personnes dans une chambre de quinze pieds de diamètre sur trois et demi de haut ? A quoi pensez-vous que nous estimions notre force humaine enr un pareil lieu ?
Mais il faut sortir, ou plutôt continuer la descente. Rampons dehors. Prenez ve passage où pour la première fois je crois reconnaître le basalte, roche noire, volcanique, témoignage nouveau de la formation plutonienne de la caverne. Les fentes sunt hautes, assez larges ; on y circule à l'aise.
Prenez garde ! Un précipice ! Un puits de quarante pieds s’ouvre sous vos pas. M.
Pélissier y a placé une échelle solide, à pic,
Se
| 2 ; et que bien membrée, néanmoins peu invitante. ral Sur vingt promeneurs, dix-huit se refusent cdi à la descendre. Nous la descendons tous Lo, pour prouver que nous sommes des braves céà et des savants. Beauset, à moitié matelot, :
nous lance des quolibets et déclare que qua ) sa & 1° . L::
l’obscurité qui l'enveloppe est plus rassu Ê ver rante que la vue de la mer par un gros che A La ." , + temps à la sixième vergue. D'accord. lac Qu'est ce que cela veut dire! Le puits P 9 A . È n’a pas de fond, ou plutôt il en a si peu gra que rien. Nous ne pourrons jamais nous ?
y tenir.
Attendez, voici Pélissier. En deux temps et trois mouvements il à fait disparaître sa bougie, et lui avec, par un repli du rocher ; nous le voyons descendre en trottinant sur une pente où les eaux ont dû tomber autrefois en cascades rageuses, car
la 8 la plus légère inspection le démontre.
Nouvelles chambres ; passages et corridors nouveaux. Ensuite un autre puits.
De toutes les horreurs celle-ci est la plus : pili belle, Il y a des pointes de cailloux blancs
emps aître U rorotilit dû 8, Car e
corripuits.
à plus lances
que huit hauteurs de baïonnettes ne pourraient pas imiter. Et pourtant il faut descendre. Notre réputation est à ce prix.
C’est six cents pieds que nous avons parcourus ; présentement on nous permet d'allumer un cigare à plus de cent cinquante pieds au-dessous du niveau de l’ouverture de la caverne, soit à quarante ou
cinquante pieds seulement au-dessus du lac extérieur.
Plus de deux cents pieds de blocs de granit, de quartz, de pyrite, de calcaire, de cailloux rouiés, au-dessus de nos coiffures |
—Prenez un siège, dit Pélissier. C’est l pierre où s’est assise lady Dufferin.
—Diantre ! vous l'avez menée jusqu'ici!
—T] le fallait bien, elle le voulait. C’est la seule femme qui ait fait connaissance avec ce ténébreux empire, comme on dit en poésie.
—Eh bien, écrivons son nm sur un “pilier !
ES sa É a Lu
— [1 me reste à vous montrer l’endroit où je me suis arrêté dans mes perquisitions, reprend Pélissier, après cela nous |!
remonterons. Frappez le sol du pied. Cela |!
résonne, n'est-ce pas? C'est qu’il y a du | vide en dessous. J’ai voulu savoir si ce vide ne me conduirait pas, comme tant de fois dans mes recherches, à une galerie | inférieure. Savez-vous ce que j'ai rencontré? L’abîme. Vous êtes sur une voûte et je l’ai percée. Regardez.
Chacun regarde... où il pourra se cramponner en cas d'éboulis. Les aspérités ne manquant pas, la confiance renaît. Tout de même c’est précaire, pense-t-on.
jé
+ u r Re Eu : menes pese e ; £ Rs RSR A nu Te mt RE Be SU À s. 2 a 3 eos tte PS RS MO he D 0 OS Te ge Æ tt rom ou A Ve eo Do Fe di SES PR ENS ds = Rare FLE = £ he) A nd Re Dm À AÉOEE EODES STE CAT En SES US > nn ES reprenne 5 a rm z-
—Oui, par ce trou, avec un fanal au bout d’une corde de cent pieds, nous expilorons le lac intérieur, celui qui recevait sans doute les eaux de la caverne avant la naissance de notre grand-père Adam, à ce que dit Sulte, qui paraît avoir vécu en ce
temps-là.
—Ce trou est fait au marteau. La ri-
vière n’y à jamais passé.
droit quisinous Cela a du si ce nt de alerie nconte et
—C'est moi qui l’ai ouvert, vous dis-je.
Reste à découvrir la route des eaux. D'un étage à l’autre nous y arriverons un jour.
J'y travaille depuis sept ans.
Ici nous interrompons visite et commentaires. Plusieurs jours sont indispensables pour tout voir et tout dire.
L’ascension commence. Tandis que nous sommes dispersés partout, selon l’agilité ou la fantaisie de chacun, un bruit épouvantable éclate autour de nous. La trompette du jugement dernier devra avoir de ces notes territiantes. Dans l’air libre rien de pareil n’est connu. Au fond des antres de la terre, parmi les roches et les détours de ces mystérieux corridors, l’effet d’un clairon sonnant le rappel est chose dont on n’a pas d'idée.
même à Ottawa.
Avant de saluer de nouveau le soleil, je prie le lecteur de ne pas prendre pour de la fantaisie ou de l’exagération ce qu'il vient de lire. La caverne de Wakefield Pas un
est réellement extraordinaire.
mot, pas un trait de mon récit ne s’éloigne de la vérité. Qu'importe la forme légère sous laquelle je me suis exprimé parfois, puisque l’on ne pourra pas me taxer d'invention.