‹ La CélestineChapitre 21 sur 179 · XXIV PREFACE · texte numérisé non relu

XXIV PREFACE

fine en maint passage de son œuvre célèbre, et que Sancho Panza est quelque arrière -petit -fils de l'adroite courtisane, ce Tl est difficile, a dit un (( de nos écrivains ', de mettre plus de vérité dans oc les portraits, plus d'esprit dans la satire, d'être ce plus fin et plus coloré, de mieux dissimuler par « l'habileté du travail la laideur et le vice de la « vieille et les redites éternelles d'un amour poussé ce jusqu'à la folie. Il fallait une rare fécondité « d'esprit pour obtenir des résultats semblables, ce Malgré la monstruosité apparente de la forme « et du fond, c'est un chef-d'œuvre. »

Faut-il maintenant accepter d'une manière absolue ce jugement de l'éminent critique : « La « monstruosité de la forme et du fond ? » Rojas voulut faire de la Cêlestine une œuvre morale, il le déclare dans son prologue, dans sa lettre à un ami, dans quelques vers qui tiennent lieu d'épilogue au drame; il l'écrivit pour ce faire connaître aux jeunes a gens tout ce qu'il y a de ruse et de fausseté chez « les valets et les entremetteuses ; » il la conçut (( pour la multitude de galants et jeunes amoucc reux que renferme l'Espagne et dont la jeunesse (( est en butte aux tourments de l'amour, faute ce d'armes défensives pour les combattre. » Mais il pensa que ce de même qu'il est nécessaire de (( tromper le goût du malade auquel on présente « quelque amère pilule, de même il lui fallait aussi « déguiser sa plume, l'entourer de récits tantôt (( joyeux, tantôt lascifs, détourner l'attention de (( ses malades et les soigner, les instruire en les (( amusant. » Aussi des admirateurs enthousiastes

I. M. Pliilarète Chasles. (J 'ournal des Débats , 3 octobre et 12 novembre 1839.)

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