PREFACE XXXI
modernes, tels que Juan de Herrera, auteur de F Ingénieuse Hélène, file de Célestine, et André s Parra, qui écrivit FEcole de Célestine. La plupart de ces continuations ne se distinguent guère que par une honteuse immoralité.
La plus remarquable assurément^ ce fut, non plus une copie, mais une émule de la Célestine, la Lena, que Velazquez de Velazco publia à la fin du xvic siècle, alors que Lope de Vega s'emparait, comme dit Cervantes, de la monarchie comique. On pourrait établir que révolution de la Célestine dura un siècle et qu'elle fut close d'une manière remarquable par cette comédie de Velazco, fort digne des nombreux chefs-d'œuvre de son temps. On peut ainsi juger des progrès que, dans un même ordre d'idées, l'art dramatique espagnol fit danscettedurée d'unsiècle,etaussi dece que devinrent, pendant ce temps, les mœurs que Rojas avait prétendu corriger etle type original qu'il avait tracé d'après nature. A cette distance, ces deux comédies enferment tout un cours d'histoire morale.
J'ai encore à citer le savant docteur Gaspard Barthius, admirateur passionné de la langue espagnole qui, l'un des derniers, publia à Francfort, en 1624, une traduction latine annotée de la Célestine, à laquelle il donna le titre grec de Pornoboscodidascalos\ par allusion à sa traduction des Ragionamenti de l'Aretin, qu'il avait intitulée Pornodidascalos . « C'est un livre divin, écrit-il à la « suite du titre que je viens de transcrire, une « œuvre sous forme de drame, remplie d'une telle
I. Pornoboscodidascalus latinus : de lenonum, lenarum, conciliatricum, servitiorum dolis, veneficiis, machinis plus quam diabolicis, de miseriis juvenum incautorum, qui florem aetatis amoribus inconcessîs addicunt, de miserabili singulorum periculo et omnium interitu.