XII PREFACE
de l'imprimeur. Fadrique Aleman était un savant ; son nom se trouve cité dans une lettre adressée à la reine Isabelle la Catholique par Diego de Valera, qui, l'un des admirateurs de Part nouveau, y donne de grands éloges au talent et au caractère de l'habile escribano de molde.
C'est dans la curieuse collection de M. de Soleinne que j'ai eu le bonheur de découvrir ce précieux exemplaire, que je ne connaissais pas lorsque j'ai publié cette traduction pour la première fois, en 1841. Et voici comment je crois pouvoir établir que l'édition à laquelle il appartient a été la première dans la nombreuse série des impressions de notre drame célèbre : elle n'est encore qu'une partie incomplète de l'œuvre ; on n'y compte que seize actes et il s'en trouve vingt et un dans les éditions ultérieures. Le prologue explique cette différence.
Dès que l'ouvrage imprimé eût paru, les curieux se le disputèrent, il courut de main en main, comme, un siècle plus tard, il arriva aux deux parties du Don Quichotte, celle de Cervantes et celle d'Avellaneda : « Il fut, dit l'auteur dans le prologue de la troisième édition, un instrument de discorde entre ses lecteurs. Je cherchai à savoir ce qu'attaquaient le plus les1 critiques et les juges, et je trouvai qu'on voulait que les scènes entre les amants fussent un peu plus prolongées. Cette exigence me tourmenta beaucoup, je m'y rendis, quoique contre ma volonté; je condamnai de nouveau ma plume à un travail si étrange et si contraire à mes devoirs ; je dérobai quelquesuns des instants consacrés à mes études principales et même à mes plaisirs. »
C'est alors que fut imprimée tout aussitôt à