‹ La Cellule de KupfferChapitre 16 sur 64 · STRUCTURE · texte numérisé non relu

STRUCTURE

A. — Corps protoplasmique.

Le corps protoplasmique est, en général, mal différencié à l'état de repos, il se confond avec la lame endothéliale qui délimite le capillaire. À l'état d'activité, il se charge d’enclaves, ce qui rend difficile l'étude de sa structure intime; avec les fixateurs les

Fig. 15. — Ki, Cellule de Kupffer, adhérente à la travée. K,, Cellule de Kupffer détachée de la travée. N, Son noyau. L, Enclaves.

plus variés, il est impossible de mettre en évidence un spongioplasma; le protoplasme apparaît comme une masse granuleuse, très fortement acidophile.

Les enclaves, très fréquentes à l’intérieur des grosses cellules sont constituées par des fragments d'hématies plus où moins déformés, des leucocytes, encore facilement reconnaissables ; toutes ces inclusions sont entourées de larges vacuoles ; souvent une même cellule endothéliale, surtout à l'état pathologique, en renferme trois, quatre et même plus, et ces vacuoles, en se juxtaposant, donnent à l'élément Paspect de frai de Grenouille. Quelquefois, il exisle au sein du corps cellulaire une vacuole vide d’enclaves; il est difficile de savoir s’il s’agit d'une vacuole réelle ou si cette apparence est due à ce que le plan de la coupe passe au-dessus ou au-dessous d’une inclusion cellulaire.

La cellule de Kupffer affecte des prolongements qui contribuent à lui donner les aspects les plus divers, qui vont jusqu'à une forme étoilée, voisine de la cellule nerveuse (la confusion, du reste, a été faite) d'où le nom de Sternzelle (cellule en étoile) donné par. Kuplffer dans son premier mémoire. Get auteur avait attribué à des artifices de préparation, les prolongements que les cellules endothéliales poussaient entre les cellules hépatiques; nous les avons retrouvés dans bien des cas, mais surtout dans des foies pathologiques.

B. — Noyau.

Le noyau est en général unique; il est régulièremeut ovalaire à l'état de repos et occupe sensiblement le milieu de la cellule. Son aspect est parfaitement homogène et il est impossible, même sur les coupes les plus fines, d’en saisir le moindre détail de structure, tandis que sur ces mêmes coupes, les noyaux des cellules parenchymatenses se montrent dans toute leur complexité; ses dimensions varient de 8 à 12 microns de longueur sur 2 à 4 de largeur.

A l’état d'activité, le noyau perd de sa régularité; il prend la forme d’une équerre, d’un triangle isocèle, d’un trapèze, d'un sablier; il s’arrondit parfois sans arriver cependant à l'aspect arrondi du novau parenchymateux. Sa structure intime devient plus facilement perceptible, il devient clair, il est possible de reconnaître à son intérieur des karyosomes dont la disposition n’affecle aucun ordre fixe; il existe même parfois un réseau de linine plus ou moins bien développé. Souvent, à l'état d'activité le noyau cesse d’être central, il émigre vers l’un des pôles de la cellule, parfois il se rapproche d’une enclave sur laquelle il moule sa face adjacente. Nous n'avons pas observé de divisions mitosiques du noyau mais un certain nombre de divisions directes, amitosiques, auxquelles appartiendraient probablement les noyaux en sablier.

A. — Rapports des cellules de Kupffer avec l'endothélium vasculaire.

Nous avons posé en principe au début de cette étude, que les cellules de Kupffer étaient les cellules de l’endothélium vasculaire

des capillaires du foie; cette opinion presque généralement admise, depuis le second mémoire de Kupffer a été encore combattue par certains auteurs et en particulier par Browicz.

Kupffer, qui dans son premier mémoire (1876) avait admis que les cellules étoilées (Sternzellen) étaient des cellules périvasculaires, revient sur sa première opinion.

Les cellules de Kupffer, dit-il, forment un syneytium, qui représente à lui seul la paroi endothéliale du capillaire. Cette opinion était donc en harmonie avec celle de Ranvier, qui faisait des capillaires du foie des vaisseaux indéfiniment embryonnaires, c’est-àdire réduits à une lame endothéliale, « ainsi se trouve expliquée l'absence de ligne d’imprégnation dans certains capillaires soumis à l’imprégnation par l'argent, en particulier par l'ilot hépatique ».

« Les cellules qui constituent la paroi des capillaires seraient encore embryonnaires, c’est-à-dire protoplasmiques et, au lieu d'être séparées, les diverses cellules formeraient un ensemble dans lequel il y aurait des noyaux distincts, mais les travées protoplasmiques seraient encore en continuité les unes avec les autres, comme dans un réseau formé en cellules conjonctives. »

A côté de Disse, qui rattache les cellules en question aux espaces lymphatiques périvasculaires, Browicz rejette les conclusions de Kupffer.

« L'opinion de Kupffer, dit-il, est fondée sur l'impossibilité de trouver un espace libre entre la travée hépatique et la cellule étoilée. Cela est vrai sur certains points, mais ailleurs, ajoute-t-il, il existe réellement un espace clair entre la paroi capillaire et le bord pariétal de la cellule parenchymateuse, l'élément à émigré vers le milieu du capillaire. Parfois la cellule n’adhère à la paroi que par lPune de ses extrémités et prend alors un aspect piriforme.

« Ces cellules, enfin, se rencontrent à l'état libre dans la lumicre du vaisseau, où elles sont parsemées d'hématies : ce n’est pas là le fait de cellules endothéliales normales. donc, malgré leur situation en apparence endothéliale, elles ne font pas partie intégrante de la paroi du vaisseau, elles forment un revêtement discontinu. »

Ces différents points ont été bien observés; ce décollement de la cellule de Kupffer, cette migration vers la lumière du capillaire sont parfaitement exacts; ils résultent de l’activité physiologique de l'élément dont ils constituent un des modes de réaction pathologique.

Gette individualisation d’un grand nombre d'éléments est un processus de suractivité morbide, sur lequel nous aurons l'occasion de revenir. Même dans les cas où il est souvent facile de suivre le décollement progressif de l'élément, on peut observer que la cellule de Kupffer entraine, dans sa migration, un fragment d’endothélium indivis, adhérant encore par une de ses extrémités à la paroi du vaisseau.

D'autre part, il est possible de voir sur des pièces accidentellement macérées, un décollement en masse de l’endothélium renflé par places en une cellule de Kupffer. Les observations de Browiez ne sont donc point en contradiction absolue avec l'opinion de Kupffer, du reste l’auteur est moins absolu dans ses conclusions que dans ses prémisses : il ne nie pas formellement les rapports de ces cellules avec la paroi du capillaire: il admet néanmoins la possibilité d’un capillaire à plusieurs couches, les cellules pourraient donc faire partie de ce capillaire dont elles représenteraient l’assise la plus interne. Cela revient presque à les considérer comme des cellules endothéliales qui ne seraient pas en rapport direct avec les travées hépatiques.

B. — Rapports des cellules de Kupffer avec les cellules hépatiques.

Les rapports entre la cellule de Kupffer et la cellule hépatique ont été diversement compris suivant les auteurs. Les opinions émises peuvent se résumer en trois groupes.

4° Les cellules de Kupffer sont séparées du parenchyme par une gaine lymphatique.

2 Les cellules de Kupffer sont séparées du parenchyme par les « (ritterfasern ».

3° Les cellules de Kupffer sont au contact immédiat des travées

hépatiques.

Are TnéorE. — Les cellules de Kupffer sont séparées du parenchyme hépatique par les qaines hymphatiques. Cette théorie a êlé soutenue principalement par Disse : pour cet auteur dont le travail est très antérieur au second article de Kupffer, les cellules étoilées étaient, comme pour la plupart des auteurs de cette époque, des éléments périvasculaires; la gaine périvasculaire était un espace lymphatique; dont la paroi serait formée par des « Gitterfasern » ou fibres en grillage cimentées par une substance unissante.

Get espace lymphatique péricapillaire existerait de même pour Eppinger et se distendrait en cas d'œdème.

Maresch (1905), qui a repris ces travaux, ne se prononce pas très franchement en faveur de cet espace périvasculaire, et Oppel, dans un compte rendu analytique de ce mémoire, mentionne justement cette indécision de la conclusion. Plus récemment Géraudel a essayé d’injecter les lymphatiques du lobule à l'encre de Chine; il a réussi à injecter des lymphatiques sus-lobulaires; rien n'est apparu à la région intralobulaire.

Les espaces lymphatiques, ainsi mis en évidence, semblent résulter d’un artifice de préparation sur des foies macérés ou mal fixés ; nous avons produit'accidentellement des desquamations en masse de l’endothélium, qui réalisaient ainsi un pseudo-espace injectable.

La technique de Disse a été du reste reprise et critiquée par Renaut dans le passage suivant :

« Pour Disse, les capillaires radiés seraient entourés d’une gaine péricapillaire. Il développe cette gaine en poussant une injection par la veine porte, de façon à obtenir une transsudation de la masse, à travers la paroi des capillaires radiés. Après quoi la coloration des préparations par lhématoxyline lui permet de reconnaître que celte gaine, comprise entre les capillaires et les travées hépatiques, est cloisonnée par une foule de filaments fins. Quant aux cellules connectives ou « cellules étoilées du foie », elles seraient appliquées sur la surface externe des gaines péricapillaires. Le traitement au pinceau des coupes du foie congelé le conduit à la même conclusion, et de plus à celle-ci : c'est à savoir que les fibrilles parties des gaines péricapillaires s'étendraient entre les

Fo

cellules hépatiques en formant le stroma des travées, à peu près comme l'avait dit depuis longtemps Frey.

« Dans tout ce stroma fenêtré, Disse voit l'une des origines des lymphatiques par un vaste système de lacunes non revêtues d’endothéliam. Nous savons positivement aujourd'hui qu'une telle conception est erronée, et que les lymphatiques ne s'ouvrent jamais dans aucun espace interorganique dépourvu d'endothélium. On peut faire aisément la critique du travail de Disse. L'hématoxyline qu'il a employée comme colorant, détermine fréquemment des apparences fibrillaires tout à fait étrangère à la conception des tissus. La transsudation forcée d'une masse à injection à travers les capillaires radiés, de même que les congélations, sont aussi parfaitement capables de disloquer la paroi embryonnaire de ces vaisseaux ou de développer des apparences fibrillaires dans les ciments qui soudent les capillaires aux travées et les cellules glandulaires de celles-ci entre elles. Enfin, le dispositif décrit par Disse ne répond à aucune forme de tissu conjonctif. »

Il semble donc impossible jusqu’à plus ample informé d'admettre l'existence d’une gaine lymphatique périvasculaire.

2° Taéorte. — Les cellules de Kupffer sont séparées du parenchyme par des fibres conjonctives ou des « Griller fasern ».

La question du tissu conjonctif intralobulaire a été beaucoup plus discutée.

Le stroma, pour Wagner (1861) est constitué par des cellules conjonctives évidentes; Kolliker, Henle, contestent leur existence, de même que Hering (1872). Ewald et Kühne (1877) reviennent sur la question; le foie est digestible à l'exception des noyaux et de la substance collagène, le tissu conjonctif pénètre dans les lobules et arrive jusqu'à la veine centrale, il semble entourer les travées d’un réseau serré.

Kupffer (1889) cherche à mettre en évidence des fibres conjonctives, à l’aide d'une technique spéciale : fixation à l’acide picricosulfurique, lavage à l’eau, puis au liquide d'Erlicki, coloration pendant une demi-heure à l'hématoxyline, puis différenciation à l'hypochlorite de sonde. Le système conjonctif forme des traînées noires comme dans les préparations au chlorure d'or. Les capil-

laires sont entourés par ce réseau; les fibrilles se terminent en pinceaux qui se disposent autour des vaisseaux capillaires, ce sont des fibres élastiques.

Il y aurait donc deux choses : des capillaires et un réseau péricapillaire; mais à l'époque de ce travail, Kupffer plaçait encore les « cellules étoilées » en dehors du capillaire, de telle sorte que cette description perd de sa valeur avec la nouvelle conception de l’auteur. Depuis, dans son ouvrage de 1899, Kupffer ne fait plus aucune allusion à ses recherches antérieures, il ne parle que du système d'Oppel, auquel il semble se rallier.

Oppel étudie le stroma fibrillaire, par la méthode à l'argent; il trouve un réseau qui s'imprègne d'argent et qui relie les capillaires radiés, il ne dit pas s’il trouve sur les capillaires radiés deux couches, à savoir : un endothélium et un réseau périthélial; il donne à ce réticulum le nom de « Gitterfasern » qui ne préjuge en rien de sa nature.

Frenkel (1892), après s'être débarrassé des cellules hépatiques par la méthode des oscillations, arrive aux conceptions suivantes : « Dans le foie, les trainées des cellules hépatiques sont séparées des capillaires par une membrane formée de cellules conjonctives: dans les stades jeunes, celles-ci s'anastomosent, en réseau; plus tard, elles sont si serrées qu'elles constituent une membrane réticulée. »

Frenkel range les cellules de Kupffer dans les cellules conjonctives périvasculaires, mais le mot de stroma réticulé, de stroma cellulaire, de membrane fenêtre est prononcé, comme il Pavait déjà 6t6 par Ponfick en 4869. Il suffit de rattacher les cellules de Kupfler à l'endothélium pour arriver aux conclusions de Mall, que nous développerons au cours de ce chapitre.

Kupfler (1899) imprègne par la même méthode, et les cellules de Kupffer, et les « Gitterfasern ». Il admet néanmoins la dualité des deux formations puisque dans les coupes où les cellules sont bien imprégnées, les Gitterfasern sont difficilement visibles et réciproquement, c'est là un argument qui ne semble pas péremptoire ; avec cé que nous savons du rôle phagocytaire de la cellule, il est permis d'admettre son affinité plus grande pour la granulation

colorante. De plus Kupffer ne décrit et ne figure nulle part dans la couche d'un vaisseau un périthélium interposé entre l'endothélium et la travée hépatique. Un travail plus récent celui de Maresch (1905) remet en question l'étude des fibres conjonctives du Jlobule hépatique : l’imprégnation est faite par la méthode de Bielshosky; pour la discussion il nous semble nécessaire d'exposer cette technique dans ses détails.

Fixation au formol à 10 p. 100.

Lavage à l’eau courante.

Coupes à congélation.

Imprégnation.

1° Laisser les coupes de 2 à 30 minutes dans le mélange suivant : Azotate de soude à 2 p. 100.

Soude à 40 p. 100 — 3 gouttes — (dissoudre le pré-

cipité en ajoutant de l’ammoniaque goutte à goutte).

20 Lavage à l’eau distillée.

3° Réduction dans une solution de formol à 2 p. 100.

Les coupes qui ont pris une couleur ardoisée sont portées pendant 12 heures dans la solution suivante :

Eau distillée, 10 cent. cubes.

Chlorure d’or, 2 à 3 gouttes.

Acide acétique, 2 à 3 gouttes.

Passage pendant une demi-minute dans l'hyposulfite. L'auteur à pu se servir d’inclusions à la paraffine ou à la celloïdine; dans le cas d’inclusions à la paraffine, il faut la laisser pendant l’imprégnation.

Avec cette technique, Maresch a pu montrer des fibres radiées allant de l’adventice aux veines centro-lobulaires.

La chose est possible, ces fibres radiées sont très rares, mais existent. Il a décrit, se branchant sur les premières, des fibres en ponts, qui passent au-dessus des travées et se branchent sur les fibres des capillaires.

L'auteur va plus loin, il précise les rapports entre les Gitterfasern et l’endothélium; les Gitterfasern forment un réseau qui moule la forme des capillaires, qui forme une adventice aux vaisseaux.

Il ajoute que, dans un cas d’œdème, il a pu voir une zone libre

périvaseulaire; dans un cas de tuméfaction de la cellule hépatique au cours d’une intoxication phosporée les Gitterfasern étaient visibles en très grand nombre. Les planches qui représentent ces deux cas figurent une lame d'apparence anhiste séparée de la travée hépatique : l’endothélium n’est pas représenté et rien ne prouve que cette lame anhiste ne résulte pas d'une desquamation de l'endothélium.

En effet, la technique de Maresch peut exposer à des erreurs el amener de ces desquamations artificielles. La fixation au formol est bien dure pour un organe aussi délicat que le foie et rend difficile une étude topographique très approfondie.

En somme, aucun auteur, en dépit des différentes techniques employées, n'a pu obtenir simultanément un endothélium et un endothélium cellulaire.

Ce réseau conjonctif, ces Gitterfasern, ont été contestés par un certain nombre d'auteurs.

Renaut (1899), après avoir passé en revue les différentes théories relatives au tissu conjonctif intralobulaire, conclut de la facon suivante :

« Sur une coupe du foie du Lapin, du Rat, ou encore du Chien, dont les vaisseaux sanguins catgutés, fixés, développés par l'envoi d'une solution d'acide osmique à 4 p. 200 dans la veine porte, on peut se convaincre que, dans tout le domaine du parenchyme formé par des travées hépatiques et les capillaires radiés, il Y à, entre la paroi protoplasmique des capillaires et les travées, rien du tout d'interposé. La lame endothéliale du capillaire est directement adjacente à la surface des travées formées de cellules glandulaires. Je parle ici, bien entendu, du lobule normal et adulte. Si, mainte nant, on pousse par la veine porte une injection de gélatine de facon à remplir complètement les capillaires du groupe, puis qu'on achève le durcissement par l'acide picrique et qu'on traite les coupes transversales ou sagittales par l'agitation dans l’eau sur le diapason actionné par un courant ininterrompu, on dégage sur nombre de points le réseau des capillaires radiés. Les cellules glandulaires des travées hépatiques sont chassées et l'on n'a plus sous les yeux que le stroma du lobule. On peut

ensuite colorer ces coupes par la purpurine de Ranvier et les examiner dans la glycérine formiquée à 4 p. 100, qui gonfle la gélaline de facon que tous les capillaires radiés se montrent exactement distendus, en même temps que tous les noyaux sont colorés en rouge par la purpurine. On peut alors reconnaitre qu'entre les capillaires et les travées, il n'y a pas de périthélium d'Eberth. En revanche, de distance en distance les capillaires sont réunis par des cordons grêles, prenant leur origine sur les entonnoirs latéraux disposés sur leur trajet ou sur leurs diverticules borgnes en forme de doigt de gant dont j'ai déjà parlé plus haut. Dans l’épaisseur de ces mêmes cordons, on voit quelquefois des noyaux. Il s’agit ici d'une disposition signalée depuis longtemps par His et rapportés avec raison par Kolliker aux pointes d’accroissement des capillaires radiés du lobule. Toutefois sur la marge de ce dernier, et à son centre à une petite distance de la veine centrale, on voit le réseau des cellules fixes du tissu conjonctif envoyer des prolongements dans le parenchyme. Mais très rapidement ces cellules connective, plates, rameuses et portant à leur surface les crêtes d'empreintes dues à limpression des cellules hépatiques et des parois des capillaires radiés dans l'interstice desquelles elles se sont engagées, disparaissent d’une façon complète. »

Franklin Mall, dans deux articles relatifs à l'histogénèse du tissu conjonctif en général, étudie en particulier le tissu de soutien du lobule hépatique. Dans un premier travail (1896) où il fixe les propriétés chimiques et histochimiques des différentes variétés du tissu conjonctif, Mall range le tissu de soutien du lobule parmi le tissu réticulé, en effet, la substance collagène se transforme par l’ébullition en gélatine : or après ablation du périloine et de la capsule, il ne reste plus, après ébulition du foie, qu'une quantité infinitésimale de gélatine ; d'autre part, ce tissu de soutien ne possède aucune des réactions caractéristiques du tissu élastique. La fréquence des anastomoses, le faible indice de réfraction sont également contre l'hypothèse d'une substance collagène : au contraire ce tissu interstitiel du lobule possède les réactions caractéristiques du tissu réticulé en présence des acides et de l'alcali. Mall

note en outre un certain parallélisme topographique entre ce réticulum et les vaisseaux capillaires.

Dans un mémoire plus récent sur l'unité anatomique du foie (1906), l'auteur revient encore sur les vaisseaux et le tissu conjonctif du foie en partant alors de l’embryologie. Il admet la théorie du sinusoïd, mais au bout de la cinquième semaine le boargeonnement du sinusoïd et du parenchyme s’effectuerait de concert.

Chez le fœtus, dit-il, lendothélium vasculaire entoure les cellules hépatiques : chez l'adulte, après digestion des cellules parenchymateuses par la pancréatine, il est possible de mettre en évidence un tissu réticulé, tissu qui se superpose assez bien au réseau kupfférien d'autant plus que les noyaux ovalaires plaident bien en faveur de son caractère endothélial, l’auteur semble donc admettre l’homologie complète entre ce tissu de soutien et l'endothélium vasculaire.

Ce tissu qui s'imprègne par les méthodes de Oppel et de Kupffer se rapprocherait bien de l'endothélium : Le développement qui montrait la constitution de l’endothélium en tissu réticule, puis sa régression progressive, semble un argument de plus en faveur de cette hypothèse. Enfin, même sur les coupes les plus fines, nous n'avons pu voir autre chose que la lame syncytiale de l'endothélium séparant la cellule hépatique de la lumière du vaisseau. C’est également l'opinion de Gilbert et Carnot.

« La couche endothéliale capillaire n'est accompagnée d'aucune fibrille conjonctive. Rien ne s'interpose donc entre elle et la cellule hépatique dont elle est très difficile à séparer. Sur la surface de la cellule qui touche le capillaire, on ne trouve même pas la mince lame de ciment péricellulaire qui existe sur toutes les autres faces, substance réfringente, colorée en bleu violacé par l'hématoxyline, réduite en noir par le nitrate d'argent, très molle et demi-fluidée. On voit donc combien intime est le contact vasculohépatique et combien facilement peuvent se produire les échanges simplement à travers une simple lame endothéliale sans structure, parsemée de noyaux, où la dialyse est très facile, mais qui présente en plus une activité protoplasmique spéciale. »

La physiologie fournit encore des arguments importants à la -

théorie du contact intime entre l'endothélium vasculaire et la travée hépatique.

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