‹ La Cellule de KupfferChapitre 36 sur 64 · ADRÉNALINE PAR VOIE BUCCALE · texte numérisé non relu

ADRÉNALINE PAR VOIE BUCCALE

Deux lapins ont recu de l’adrénaline par voie buccale.

4er LAPiN. — Lapin gris et blanc, 1 kilog. 265, recoit le 28 août 6 gouttes d’adrénaline Byla par voie buccale, collargol. 30 août, 1 kilog. 200. 2 septembre, { kilog. 035, recoit 6 gouttes d’adrénaline-collargol. Meurt le 4 septembre.

2e LAPIN. — Lapin marron, 1 kilog. 780.

28 août, à gouttes d’adrénaline par voie buccale, collargol. 30 août, 4 kilog. 705. 2 septembre, 1 kilog. 530. VI gouttes d’adrénaline-collargol. 4 septembre, 1 kilog. 570. 7 septembre, même poids (collargol). 11 septembre, { kilog. 325, collargol; l'animal est sacrifié.

Ces deux foies présentaient un aspect à peu près identique, pas de lésion macroscopique. À l'examen histologique, pas de sclérose appréciable, lobulation du foie sensiblement normale. Les cellules hépatiques sont en général assez bien conservées, quelques-unes néanmoins prennent mal le colorant et offrent un noyau pyknotique. Les cellules endothéliales sont plus apparentes qu’à l’état normal, plus nombreuses, mais elles sont très petites; souvent quadrangulaires, comme rétractées sur elles-mêmes : les éléments allongés, les formes macrophagiques et plasmodiales sont relativement rares.

3° ADRÉNALINE INTRAPORTALE.

4er LapiN. — Lapin gris perle, femelle, 1 705 grammes.

Le lapin recoit dans une branche de la veine mésentérique une goutte d'adrénaline Byla diluée dans un centimètre cube de sérum physiologique. La veine a été liée au-dessus du point de l'injection, un autre fil a été disposé à l'avance au-dessus de l'aiguille et serré quelques instants après la pénétration du liquide. Suture de la paroi en deux plans, injection de collargol (un centimètre cube) dans la veine marginale de l'oreille. Le 6 septembre, le poids est de 1 kilog. 665; 7 septembre, 4 kilog. 710; nouvelle injection d’adrénaline (11 gouttes) par voie portale et suivant, la même technique, un centimètre cube de collargol dans Ja veine de l'oreille. {1 septembre, 1 kilog. 810. 13 septembre, 1 kilog. 750. 16 septembre, 1 kilog. 765.18 septembre, réinjection des VI gouttes d'adrénaline par voie portale, { centimètre cube de collargol par la veine de Foreille. 20 septembre, 1 kilog. 540. 23 septembre, 1 kilog. 525 collargol.

A l’autopsie, adhérence d’une anse intestinale à la paroi, peu de lésions macroscopiques du foie. À l'examen histologique, pas dè sclérose, pas de lésion parenchymateuse appréciable, mais l'endothélium est le siège d'une prolifération très intense; les cellules de Kupffer, très nombreuses, remplissent toute la lumière de certains capillaires : elles se montrent sous la forme de gros éléments allongés, souvent macrophagiques; les plasmodes allongées, à deux, trois, quatre noyaux, sont aussi très nombreuses, les formes prédominantes sont encore des formes en massues. En quelques points, où les travées sont plus frêles, les cellules hépatiques sont en voie de dégénérescence, et à leur voisinage les cellules de Kuplfer sont petites, rétractées, et d'apparence atrophique.

En somme, prolifération et hypertrophie des cellules de Kupfer en voie d'activité; pas de modification notable dans la structure du globule.

2° LariN (en collaboration avec le docteur Ficaï).— Lapin gris, mâle, 3 kilogrammes.

12 avril, l'animal recoit 11 gouttes de « Rénaline francaise » (adrénaline au millième) dans une veine de l'intestin, suivant la même technique que pour le lapin précédent, collargol par la veine de l'oreille.

Le 15 avril, réinjection de 2 gouttes d’adrénaline dans une veine de Vintestin, 16 avril, collargol. 18 avril, nouvelle injection de 2 gouttes

Lu +

PARTIE EXPÉRIMENTALE 57 d'adrénaline dans une veine de l'intestin. 23 avril, collargol; poids, 2 kilog. 330. 26 avril, 2 kilog. 120; l'animal est sacrifié le 27 avril.

Pas de lésion macroscopique.

EXAMEN MICROSCOPIQUE

Au faible grossissement les lobules sont entourés et séparés les uns des autres par un réticulum à mailles assez larges, constitué par des cellules d'apparence multipolaire et reliées entre elles par des anastomoses multiples. Ge réticulum n’affecte aucun rapport avec l'espace de Kiernan. Au contraire, il semble se continuer dans l'intérieur des lobules en passant entre les travées cellulaires. Certains lobules sont même complètement dissociés par un réticulum absolument semblable au précédent et en continuité direct avec lui.

Au fort grossissement on constate que les cellules du réticulum sont pour la plupart imprégnées de granulations de collargol, comme celles du réticulum intertrabéculaire du lobule. Leurs formes sont variables : les unes sont représentées par un noyau entouré d’une mince lisière acidophile; d’autres, mieux délimitées, varient dans leurs dimensions entre à et 25 microns. Les éléments les plus nombreux sont allongés (3 microns de large environ) : le noyau occupe souvent un de leurs pôles : pourtant quelques cellules ont un aspect plus tassé et se rapprochent des formes globuleuses. Ces cellules ‘représentent comme les points nodaux d’un réticalum délié, fortement acidophile, sur lequel se détachent de loin en loin des granulations de collargol : par places ce réliculum plus épais prend une apparence rubanée. Souvent, le réticulum périlobulaire isole dans ses mailles une ou plusieurs cellules parenchymateuses, ce réticulum se colore en rouge cerise par le méthode de Van Gieson.

Dans le lobule, la structure générale est assez bien conservée : les cellules de Kupffer se réunissent et forment des bandelettes ramifiées qui convergent vers une veine centro-lobulaire ‘parfois entourée d’une bande de sclérose jeune. Quelques lobules au contraire présentent un réseau kupfférien si richement anastomosé qu'ils aboutissent en certains points à de la cirrhose monocellulaire. La réaction au van Gieson est moins sensible dans le lobule qu’en

dehors, mais la continuité entre les deux réseaux semble indubitable.

Espaces de Kiernan légèrement épaissis mais sans rapport avec le réseau périlobulaire.

En laissant de côté l’action différente de l'adrénaline suivant la voie d'administration, il est encore intéressant de suivre sur les deux derniers lapins l’évolution de la cellule de Kupffer vers la sclérose intralobulaire. Chez le premier lapin, dont les dernières doses avaient été très fortes, la cellule de Kupffer avait proliféré, réagi très activement, mais les éléments tendaient à garder leur individualité; l'intoxication, plus brutale chez cet animal, n'avait pas abouti à la formation du réticulum; le parenchyme présentait également une réaction assez manifeste.

Chez le second lapin, l'administration de dose minime avait permis l'édification d'un réticulum périlobulaire, qui aurait pu passer pour un tissu conjonctif banal sans la présence de collargol dans les cellules et dans le reticulum, sans la présence d'enclaves intracellulaires, sans la notion de continuité directe avec le réseau intralobulaire. Il est encore intéressant de saisir dans ces cas l'opposition entre la réaction si prononcée de l’endothélium vasculaire, et le rôle si effacé du tissu conjonctif périportal.

TOXINE PYOCYANIQUE

Les toxines pyocyaniques isolées par Charrin, Guignard, Arnaud et Gley, ont été déjà étudiées au point de vue de leur réaction hépatique par Charrin, Krakow et Claude.

Yest à Claude que l'on doit les études d'ensemble les plus complètes. Les lésions observées au niveau du foie variaient suivant la durée de l’intoxication, suivant la virulence des cultures, et, comme ses devanciers Charrin et Krakow, Claude a obtenu toutes les lésions possibles depuis les dégénérescences massives de parenchyme jusqu'aux scléroses les plus caractérisées, accom-

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