‹ La censure sous le premier empire; avec documents inéditsChapitre 153 sur 220 · DES GRAINS ET DES SUBSISTANCES · texte numérisé non relu

DES GRAINS ET DES SUBSISTANCES

Archives nationales, F^ 8350.

Poli«:e générale et Secrétariat général.

Paris, le 13 septembre 1810.

A M. le Conseiller d*£tat chargé du premier arrondissement.

Monsieur le comte,

J*ai rhonneur de vous transmettre copie d'une note dont Son Excellence a approuvé les motifs et Tobjet. La mesure proposée a été exécutée relativement aux journalistes de Paris, de la manière indiquée au dernier paragraphe. Son Excellence désire que le môme mode soit suivi à Fégard de ceux des départements, c'est-à-dire que Tavis leur soit communiqué de vive voix. Elle. ne pense pas non plus qu'il convienne d'écrire circulairement aux Préfets, ni même de leur adresser des lettres spé^^iales. Son intention serait qu'on profitât des circonstances où le sujet de la correspondance se rapproche de celui dont il s'agit, pour insinuer l'invitation comme moyen accessoire et de précaution.

Veuillez agréer, etc. Le Secrétaire général; Saulnicr.

(Note.) Il serait bon d'interdire aux journaux, jusqu'à nouvel ordre, de parler do tout ce qui concerne les grains.

Ainsi nulle mention daccidents, tels qu'incendies ou inondations qui pourraient détruire des meules de blé ou nuire dans quelques mois à la récolte naissante.

Nul récit des mouvements sur les marchés, si par hasard il venait à s'en élever.

Enfin, éviter soigneusement tout ce qui pourrait alarmer l'opinion pour un objet sur lequel les esprits sont si faciles à exalter; toute imprudence à cet égard pourrait soutenir et

élever dans une progression rapide et effrayante la cherté qui se manifeste en ce moment, et qu'a nécessitée le rapport des décrets qui permettaient Texportation.

Mais, comme le Ministre doit craindre toute espèce d'areu sur un sujet si délicat, peut-être faudrait-il se contenter de faire donner de vive voix cet avis â chaque censeur de journal.

Prier MM. Martigny et Rabateau de se pénétrer de cette note, dont ils apprécieront toute la sagesse.

N. B, — Le 22 septembre 1808, une circulaire du Conseiller d'État chargé du premier arrondissement de la Police géné-> raie avait déjà, en fait d'interdiction^ défendu aux journalistes de parler du passage et des mouvements des troupes de 8a Majesté et des alliés, sous peine de suspension immédiate du journal.

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