XXXIV
INSTRUCTIONS DONNÉES A MAILLOCHEAU.
Archives nationales, ibid.
Paris, le 14 juin 1809.
S. Ëxc. le Sénateur Ministre, en me renvoyant, monsieur, la
lettre que vous lui avez écrite le 8 de ce mois, m'invite à vous informer que M"» de Staël ne peut venir à Paris et doit se tenir toujours au moins à cinquante lieues de distance de la capitale. Quant au voyage qu'elle se propose de faire à Besançon, elle est libre d'aller dans cette ville, d'après Tautorisation qui lui a été accordée à cet effet le 26 novembre dernier.
Je vous serai obligé de me faire connaître les personnes qui l'accompagnent et de mefairepartdevosobservationssurcequi pourrait avoir rapport à cotte dame pendant son séjour à Lyon. A son départ, vous voudrez bien m'informer de la destination qu'elle suivra.
Recevez, etc. Le Conseiller d'Etat.
RÉPONSE DE MAILLOCHEAU.
Archives nationales, F' 6331.
Lyon, 19 juin 1809.
Monsieur le Conseiller d'État, le séjour de M"« de Staol n'a jusqu'ici donné lieu à aucune observation qui méritât de vous être communiquée. Lors de son départ, j'aurai soin de me conformer aux instructions que vous avez bien voulu me donner, par votre lettre du 14. Il paraît qu'elle se propose de retourner àCoppet, dès que les représentations de Talma seront terminées, c'est-à-dire la semaine prochaine. Elle désire beaucoup emmener cet artiste pour lui faire donner quelques représentations sur le théâtre de Genève, et surtout sur celui de Coppet. Talma m'ay an t parlé de ce projet, je l'en ai délourné, mais je ne sais pas encore ce qu'il fera. M"»® liécaniier est arrivée hier au soir ; elle vient ici pour M"* de Staèl qu'elle doit suivre A Coppet.
Veuillez, monsieur, agréer, etc.
NOTES DE POLICE SUR L'OUVBAGE : L'aLLEMAGNE.
Archives nationales, F' 6331.
On a dit à M. le Conseiller d'État que M"* de Slaèl se rapprochait de Paris à rcffet de soigner la correction d'un ouvrage qu'elle se propose de publier sur l' Allemagne.
M. Desmarets a-t-il connaissance qu'il lui a été délivré des passeports ?
R. — Non.
En marge : — R. Le 8 mars 1810, le Ministre m'a dit: t Elle a un passeport pour les États-Unis. Kn attendant elle a demandé qu*on lui permît de se rapprocher de Paris. Elle restera à quarante lieues pour pouvoir sun-eiller l'impression de son ouvrage sur l'Allcmagno *. »
LETTRE DU PRÉFET DE LOIR-ET-CHER SUR L'aRRIVÉK DE MADAME DE STAËL A BLOIS.
Archives nationales, ibid.
Blois, le 24 avril 1810.
Le Préfet du déparlement de Loir-et-Cher, baron de l'empire, à S. Exe. le Sénateur Ministre de la Police générale de l'Empico :
Monseigneur, j'informe Votre Excellence que M"» de Slael a passé aujourd'hui à Blois, se rendant au château de Chaumont, dans mon département. Elle compte y rester un ou deux mois, jusqu'à ce qu'un parlementaire, qui doit ramener des États- Unis le propriétaire du château de Chaumont, hii donne à elle-même le moyen de se rendi-o en Amérique. Vous savez,
t. « Je suis d^ailleurs informé par une voie siire que depuis la remise qu'elle a faite des feuilles des deux premiers volumes, on a vu chez elle un autre volume que je présume avoir été formé avec les feuilles du troisième. »
1810 DOCUMENTS RELATIFS k MADAME DE STAËL 347
Monseigneur, que M»« de Staël désire surtout qu'il lui soit permis de retourner à Paris, cl, bien résolue, dit-cllc, à ne plus donner lieu à des rapports fâcheux sur son compte au gouvernement, elle espère que Sa Majesté daignera la comprendre au nombre des heureux qu'elle doit faire àToccasion de son mariage. Elle m'a prié de donner ces informations à Votre Excel* lence et j'ai vu qu'elle comptait toujours sur sa bienveillance et sur sa justice.
Je vous prie d'agréer, etc. Corbigny: