HUITIÈME TABLEAU
... Et je meurs de ça, sais-tu, d'être devenue une misérable comme je suis, une... putain. Oui, je meurs de la tromper, de lui voler son affection, de la laisser m'aimer toujours comme sa fille, moi ! moi !
On remarquera que le mot putain est suivi dans le manuscrit et la pièce imprimée, de cette phrase : (Le mot doit être dessiné par la bouche, respiré et pas dit). Mais il faut être franc, le moyen n'avait pas été trouvé d'en
DE M. LMMOM» DE C.nNr.oUHT. WXIII
faire un murmure, un soutile crachoté, et le mot impur, Kéjane le disait superbement, et comme si elle se vomissait tout entière. Eh bien I quoique je sente, à propos de ce mot, que la majorité du public sera avec la censure, je soutiens que dans langoisseuse tirade oîi il se trouve, c'était un grand et déchirant cri, un cri de remords qui se dépouillait de sa signification ordinaire.
Et non, je n aime pas le mot sale pour le mot sale, et j'ai, parfois même, des timidités à le risquer. Qu'on me permette, à ce sujet, de parler dun de mes anciens livres. En 1864, lorsque je publiai Renée Mauperin,]e, racontai un duel, où un homme reçoit une balle dans le ventre, et dont le premier mouvement est de sentir ses pouces, qu'il a portés de suite sur les deux trous de sa blessure, pour s'assurer si l'intestin n'est pas perforé. Et je n'osai lui faire dire à mon homme que : « Ça ne la sent pas... je suis raté. » Je reculai devant le mot m... même