TABLEAU CHRONOLOGIQUE DES EMPEREURS DES DYNASTIES
MING ET THSING
Les pièces cle céramique chinoise portent fréquemment des marques chronologiques qui sont d’autant plus précieuses qu’elles nous guideront dans la recherche des époques de fabrication. Il ne faut pas cependant y attacher une importance absolue parce qu elles sont parfois fausses ou apocryphes. On m’affirme même (fait utile à constater) que, pour honorer la mémoire d’un empereur défunt, la coutume a prévalu de continuer à timbrer la porcelaine de son nien-hao pendant une année. Ces marques sont ordinairement placées sous la partie inférieure de la pièce; d’autres fois, elles apparaissent sur le col d’un vase près de l’orifice ou à sa naissance entre les deux renflements d’une gourde, au revers d’un plat près du bord et, par exception, au centre d’une assiette ou d’une soucoupe, à la surface supérieure. Elles sont de deux sortes : les unes indiquent le règne pendant lequel les pièces ont été fabriquées, ce sont des nien-hao , noms d’années; les autres sont des noms de fabricants ou d’ateliers privés ou bien désignent soit le destinataire de l’objet, soit le lieu que cet objet devait occuper dans une demeure.
Les marques dynastiques, en général, se composent de six caractères chinois disposés par colonnes de deux ou de trois lettres qu’on doit lire de haut en bas et de droite à gauche. Les deux caractères de droite, dans le premier cas, indiquent la dynastie, les deux suivants, le règne; les deux derniers, invariables, signifient « fait pendant la période » nie// tchi. Dans le second cas, les deux premiers caractères de droite, lus de haut en bas, indiquent la dynastie, le troisième caractère de la colonne de droite et le premier de la colonne de gauche indiquent le règne, les deux autres de la colonne de gauche signilient a fait pendant la période ». Quand les deux caractères dynastiques sont sup-
MARQUES DYNASTIQUES ET AUTRES
primés, il n’y a que quatre caractères; les deux premiers à droite spécifient le règne , les deux derniers sont le nien tchi. La marque est-elle placée près du bord de la pièce, les six caractères sont disposés sur une seule ligne.
Les deux inscriptions suivantes se liront :
Ta Ming Tching hoa nien tchi.
Fait pendant la période Tcliing-lioa de la grande dynastie des Ming.
Taï Tlising Khang hi nien tchi.
Fait pendant la période Khang-hi de la grande dynastie des Tlising.
Les dates de règne sont inscrites sur les porcelaines soit avec les caractères Siao-tc/iouaii, soit avec les caractères Kiaï-chou. Ceci m’amène à dire qu’il y a eu, en Chine, six écritures différentes et successives, je ne parlerai que des deux seules qui aient un intérêt constant pour les amateurs de céramique. Quant à l’écriture t/iscio, elle ne figure que sur les flacons tabatières découverts en Egypte par Rosellini on sur d’autres similaires, elle n’a donc qu’une importance secondaire pour notre sujet. Je n’insisterai pas sur des écritures qui ne se rapportent pas directement à mon but ; pour les renseignements complémentaires on peut consulter les ouvrages de Pauthier et de Stanislas Julien qui renferment les détails les plus circonstanciés. Il suffira de savoir que les caractères Siao-tc/touan ou petits t chouan ont été principalement employés pour les cachets ; leur forme se prête merveilleusement à cet usage, aussi ce genre de marque est-il fréquent sur la porcelaine.
L’écriture Kiaï-chou fut inventée la dernière, elle l’emporte sur ses devancières par la commodité, la noblesse et la correction; conservée jusqu’à nos jours, elle sert pour les manuscrits et les livres imprimés, elle est usuelle sur la céramique.
Les inscriptions tracées plus haut sont en caractères Kiaï-chou ; la marque de Kien-long en cachet carré on sigillographique nous offrira un modèle de l’écriture Siao-tchouan.
Les marques dynastiques sont des noms d’années, nicnhao. En Chine, chaque empereur, perdant son nom de famille à son avènement au trône , choisit la dénomination
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sous laquelle il désire que son règne soit désigné pendant son existence, dénomination qui dénote les tendances de son administration future et la voie qu’il entend suivre dans ses actes et sa conduite. Ainsi Khang-hi signifie joie paisible; Yung-tching , droiture indissoluble ; Kien-long , secours du ciel; Kia-king, augure de bonheur; Tao-kouang , éclat de la voie droite ; Hienfong , abondance universelle .
L’histoire prouve que les événements d’un règne sont souvent en contradiction flagrante avec les intentions d’un souverain à son accession au trône. Le nom définitif que tout empereur porte dans l’histoire ne lui est décerné qu’après sa mort par un jugement public; il est plus ou moins honorable à raison de ses actions pendant sa vie. Je n’ai pas à enregistrer ces noms posthumes qui ne figurent jamais sur la porcelaine.
En général, les nien-hao embrassent un règne entier et ne permettent pas de fixer l’année exacte de fabrication; cet inconvénient est considérable poulies longs règnes comme ceux de Khang-hi et de Kien-long qui ont duré soixante années chacun. Les nien-hao indiquent uniquement qu’une pièce a été fabriquée durant une période déterminée.
Il existe bien, en Chine, une autre méthode qui consiste à diviser le temps en cycles ou périodes égales de soixante ans; ce mode a l’avantage d’une précision invariable et fixe la date de chaque année. Je ne compliquerai pas mes explications en parlant des cycles, attendu que ce genre de marque est excessivement rare en céramique; je ne les mentionne que pour mémoire.
L’empereur Tchin-tsong des Song fonda la manufacture impériale de Kingte-tchin pendant la période king-te (1004-1007) et il ordonna d’inscrire les nienhao sous les pièces sorties des fours de la manufacture élevée par ses soins. Quel qu’en soit le motif, sur les porcelaines antérieures à Siouen-te des Ming 1426) les nien-hao n’apparaissent que de loin en loin et par exception. Malheureusement ces inscriptions chronologiques furent brusquement interrompues, en 1677, la seizième année de la période Khang-hi, sur l’ordre du préfet du district de King-te-tchin. Ce fonctionnaire défendit de peindre à l’avenir, sur les pièces céramiques, les actions des hommes saints ou illustres et de continuer l’usage des nien-hao, prétendant que, si ces porcelaines étaient brisées, ce serait une espèce d’offense pour le souverain désigné par le nom d’année ainsi que pour les grands hommes représentés. Cette prohibition ne fut levée qu’à l’avènement de Yung-tching.
MARQUES DYNASTIQUES ET AUTRES
J’accueille avec satisfaction les nien-hao dynastiques qui fournissent un com- • mencement d’information sur l’époque de fabrication; mais je préviens les collectionneurs de se méfier et de n’accorder leur confiance que sous bénéfice d’inventaire. Les Chinois, de tout temps, ont aimé avec passion les produits céramiques de leur pays; aussi pour satisfaire aux demandes incessantes des acheteurs, les fabricants ont, sans cesse, eu recours aux contrefaçons, et, en copiant les vases des dynasties antérieures, ils reproduisaient également la date du règne inscrite sur le modèle. Cette supercherie condamnable a engendré plus d’une méprise. J’engage donc les amateurs à consulter la marque, mais à ne l’admettre comme véridique qu’après avoir constaté par un judicieux examen que la qualité de la pâte et la nature du décor sont conformes à la date. Une étude approfondie et une expérience, mûrie par le travail, sont indispensables pour se maintenir fermement dans les limites <le la vérité.
Si les marques chronologiques n’impliquent pas une preuve certaine, elles indiquent généralement que le décor a été emprunté à l’époque inscrite; cet enseignement a bien sa valeur. Les cachets carrés de Yung-tching et de Kienlong se rencontrent, par exception, sur la porcelaine flambée qui est rarement marquée. Je possède une tasse et sa soucoupe, faites pour l’Europe, avec le nien-hao de Yung-tching; elles sont ornées d’un paysage en noir dans une bordure de rinceaux dorés; je n’ai jamais vu un autre exemplaire de cette espèce portant une marque.
Les échantillons de Kiun ont des numéros gravés dans la pâte à la partie inférieure; un et deux sont les chiffres les plus estimés.
Les inscriptions dynastiques sont remplacées sur certaines pièces par des caractères de longévité ou de bonheur, des emblèmes, des attributs, des plantes, des fleurs, des feuilles, des animaux; quel sens attribuer à ces signes Pce sont des marques de fabrique ou des indications pour la destination de l’objet. Souvent les emblèmes de longévité ou de bonheur et les symboles font partie intégrante de la décoration, au lieu de se trouver à la face inférieure; ils sont alors assurément un indice de la destination de la pièce. Je fournirai plus loin toutes les explications nécessaires.
Un grand nombre de vases, de plats ou de bols portent, à côté du décor, une inscription ayant trait au sujet; ce sont, en général, des poésies ou des extraits d’auteurs célèbres. Quelquefois les caractères employés pour ces citations sont faux ou dénaturés de propos délibéré afin de dérouter les savants,
d’exercer la patience du lecteur et de l’embarrasser. Certaines lettres n’occupent pas leur place normale, ont été supprimées ou mal formées à dessein dans le but de rendre la citation incompréhensible. Les supercheries sont aussi anciennes que le monde et la fraude a eu cours en tout temps et sous toutes les latitudes.
Les limites assignées à mon livre m’obligent à renvoyer le lecteur au tableau des marques connues dressé par M. du Sartel qui a utilisé les recherches de MM. G raesse et Franks. Je regarde comme indispensable la liste des empereurs chinois des deux dernières dynasties; toutefois je ne transcrirai ici que les nienhao, les seuls qui figurent sur la porcelaine.
Dynastie chinoise des Ming.
Houng-wou
Tien-choun
Kien-ouen
Tching-hoa
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Yung-lo
Houng-tchi
qi
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1 Ioung-hi
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Tching-te
Sioucn -te
Kia-tsing
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Tching-toung