‹ La céramique chinoiseChapitre 36 sur 38 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Je suis enfin arrivé au terme do mon long voyage et j’espère n’avoir pas soumis la patience du lecteur à une trop rude épreuve. Dans cette excursion, j’ai souvent parcouru des sentiers peu frayés et des pays inconnus ou mal explorés; il n’est pas toujours facile de se diriger à travers la forêt vierge. J’ai cherché la vérité avec ardeur sans craindre aucun obstacle ; parfois j’ai rectifié l’itinéraire de mes devanciers. D’autres viendront suivre ma trace et glaner sur mes pas; ils me remettront dans la bonne voie, si je me suis égaré.

La porcelaine est une merveilleuse invention. La fée, qui protégea son berceau, lui a concédé la beauté en partage.

La beauté sera toujours jeune et puissante; elle a exercé et exercera sans cesse sur les aines d’élite une attraction irrésistible ; elle plane au-dessus de la matière dans une atmosphère limpide et épurée, dans la région céleste; elle est immortelle. L’artiste, le poète l’entrevoient dans leurs rêves, la couronnent dans leurs œuvres; les profanes l’ignorent et ne la comprendront jamais. Elle est le dernier mot de l’art, l’expression la plus haute, la plus raffinée du génie de l’homme, et le génie humain lui-même n’est qu’un faible reflet, une émanation incomplète de la divinité, source infinie et éternelle du vrai, du beau et du bien.

Les arts libéraux se rattachent aux beaux-arts par mille points de contact; ce sont des branches distinctes partant d’une souche commune, et les arts décoratifs ne sont qu’un rameau important des arts libéraux. Il n’y a pas un

grand et un petit art, il y a l’art. Ennemi implacable des sophismes, je protesterai toujours contre cette division aussi fausse que subtile.

Cellini ne croyait pas ravaler son talent ni abaisser le niveau de l’art quand, après avoir exécuté son Persée, il ciselait avec amour les précieuses pièces d’orfèvrerie qui l’ont illustré; la postérité lui a donné raison. Une oeuvre n’a pas besoin d’un large cadre pour être immortelle. Un poème peut être long sans atteindre à la grandeur. L’artiste vraiment doué est un poète, il a reçu d’en haut le souffle et l’envergure ; l’épervier ne sera jamais un aigle. L’art est un comme Dieu, et nul ici-bas ne peut gravir ses cimes élevées, s’il n’est guidé et soutenu par l’inspiration divine.

TABLE DES HELIOGRAVURES

Planches.

Pages.

xxr.

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