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III. — CARREAUX

A. — Carreaux ordinaires.

Le carreau de terre cuite, soit carré, soit hexagonal est très employé pour le pavement. S'il est bien confectionné il constitue un pavage résistant que l'on ne trouve plus guère dans les appartements des grandes villes, mais qui est encore utilisé dans les cuisines, les ateliers et dans les habitations de province.

Le carreau, comme les autres terres cuites, peut se mouler à la machine; fait autrefois exclusivement à la main, il est produit maintenant, en grandes quantités, par façonnage mécanique.

. La pâte à employer pour façonner les carreaux doit être capable de se resserrer à la cuisson. Un carreau susceptible de rester trop poreux ne peut que fournir un mauvais usage.

§ 1. — Moulage a la main.

Pour mouler à la main on pose un moule de bois, de dimensions convenables, sur une pierre plate reposant sur une table. On saupoudre de sable, puis on jette la terre dans le moule. On tasse la terre et, au moyen d'un outil tranchant, la plane, on enlève l'excédent de pâle et l'on polit la surface du carreau. Le

354 CHAPITRE X. — TKKRES CUITES.

carreau est moulé en pâte assez dure pour ne pas se plier ; il esl alors posé en pile en ayant soin de ne pas oublier de saupoudrer entre deu\ carreaux. L'oubli de celle précaution amènerait des adhérences dont la conséquence sérail la rupture des carreaux.

Les carreaux empilés sont portés au séchoir puis, lorsqu'ils ont pris une certaine dureté, soumis à l'ébarbage. Au moyen d'une balte en bois les carreaux sont ensuite tapés sur une surface plane. Après ce premier battage on peut procéder au taillage; quelquefois la nature des terres exige une deuxième période de dessiccation suivie d'un nouveau battage. Le taillage se fait au moyen d'un instrument tranchant. L'ouvrier suit les bords d'un calibre et lait tomber la terre en excès. Un bon tailleur coupe de haut en bas en léger biais, de sorte que la base du carreau se trouve un peu plus étroite que la surface supérieure. Celte forme facilite la pose et l'assemblage au mortier.

Les carreaux taillés sont remis en piles, puis séchés avec soin, sans excès de chaleur ni d'air.

Avec des terres cuisant d'une vilaine couleur on peut faire néanmoins du carreau bien rouge. Il suffit, quand le carreau esl déjà séché, de le tremper dans une bouillie épaisse, faite en délayant dans l'eau une bonne terre. Il reste à la surface une couche de terre colorée. On appelle cette opération engobage par immersion; la couche déposée constitue l'engobe. En engobaril au pinceau on a fait autrefois des carreaux de deux couleurs.

On composera aussi, si les terres le permettent, le carreau en deux couches; l'une en terre grossière, l'autre en terre fine.

§ 2. — Moulage a la machine.

Avec une filière appropriée on débite une croûte de terre qu'il suffit de découper à la taille convenable.

A l'exposition de lyoo M. Schlickecyseu avait exposé une presse à filière donnant d'un seul coup des carreaux à surface imprimée. Au sortir de la filière la pâte rencjutrait deux fils parallèles verticaux qui lui donnaient la largeur voulue. La

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