‹ La céramique industrielleChapitre 173 sur 182 · I Oxyde de fer précipité n · texte numérisé non relu

I Oxyde de fer précipité n

^ Fondant 7. bis 78

(') Lavezard, Bévue de Physique et Chimie, 1901, p. i5o.

6l2 CHAPITRE XV. — DÉCORATION.

Le sesqaioxyde d'iridium fournit un beau ton.

\ Oxyde d'iridium ^5

( Fondant 75

Gris.

Les noirs délayés avec de l'oxyde de zinc passent au gris.

/ Carbonate de cobalt 6

) Oxyde de fer jaune i3

Carbonate de zinc i3

Fondant 2 S 68

§ 6. — Application des métaux.

Les métaux mélangés avec un fondant peuvent être appliqués sur les couvertes.

L'or est le plus employé pour l'ornementation. On prépare l'or par précipitation, puis on l'additionne de fondant au bismuth. Ce fondant est formé d'oxyde ou d'un mélange d'oxyde et d'azotate basique de bismuth, obtenu en précipitant par l'ammoniaque la liqueur d'où s'est déposé le sel basique. On mélange les deux précipités et l'on ajoute du borax {voir p. 6o4).

La dorure une fois posée est cuite en moufles; la cuisson est faite à une température supérieure à celle de la cuisson des couleurs.

L'or sortant du moufle doit subir le polissage au brunissoir.

Dans l'industrie on emploie, pour faire de la dorure économique, des préparations dites or brillant.

On ajoute à un dérivé organique un sel d'or et l'on peint avec la solution obtenue. On a ainsi de l'or qui sort brillant, sans brunissage, du moufle. L'or préparé de cette sorte couvre beaucoup; il a le désavantage de donner un métal trop brillant, d'une tonalité peu discrète.

Les solvants auxquels on incorpore l'or sont de natures diverses; ils doivent se détruire au feu sans donner de résidus. A cette catégorie appartiennent certains mercaptans, les baumes de soufre, etc.

COMPOSITIONS UTILISÉES DANS LA DÉCOHATION. 6l3

Le procédé Dulerlre, comme exemple, emploie un dissolvant formé de

Soufre i6

Térébenthine de Venise 16

Essence de térébenthine 80

Quand le tout est fondu, on verse 5os d'essence de lavande.

On ajoute une solution contenant 82? d'or additionnée de 08,12 de chlorure d'antimoine et d'autant d'étain métallique.

On mélange soigneusement, puis on décante les eaux chargées d'acide. Au résidu on fait une dernière addition de 65s d'essence de lavande et de loos d'essence de térébenthine.

On chauffe pour dissoudre le tout et on laisse reposer sur du fondant de bismuth (5s).

D'autres liqueurs mènent au même résultat.

On a préconisé aussi le dissolvant :

Baume de gorgone i4

Huile d'ambre 8

Essence de Rosemary o,5

Actuellement pour donner, dit-on, de la résistance à l'or brillant, certains fabricants y ajoutent un peu de rhodium.

Ce que nous avons dit de l'or peut s'appliquer à d'autres métaux, tels que l'argent et le platine, moins utilisés que le précédent.

§ 7. — Lustres.

Les lustres se distinguent des décors obtenus par les métaux par leur aspect tout spécial. Les métaux étant très divisés joignent à leur éclat métallique les irisations produites par le jeu de la lumière sur leurs particules.

Les poteries hispano-mauresques sont décorées avec des lustres caractéristiques. Ces lustres se retrouvent aussi sur les porcelaines.

Les lustres hispano-mauresques sont faits en mélangeant la composition qui doit fournir le métal divisé avec de l'ocre rouge,

6l4 CHAPITRE XV. — DÉCOUATION.

par exemple l'oxalate de cuivre. On pose le mélange en couche épaisse sur la pièce émaillée et l'on cuit en moufle. Une fois que l'émail est bien chaud et près de son point de fusion, on bouche la partie supérieure du moufle, de manière à enfumer le moufle et son contenu. Il se produit une réaction, et on laisse refroidir. En lavant les pièces on les débarrasse de l'excès d'ocre et l'on voit apparaître les reflets irisés.

En modifiant les rapports d'ocre et du composé métallique, en ajoutant de l'argent on arrive à varier les tonalités de ces lustres.

On peut obtenir aussi d'autres lustres moins brillants que les précédents, mais plus noirs, par d'autres procédés.

Les lustres, dits de Brianclion, sont obtenus en ajoutant à des résines et à des essences des composés métalliques.

Ainsi on fera un mélange de ;

Azotate de bismuth lo

Arcanson 3o

Essenoe de lavande 75

On fera d'abord fondre la résine, on ajoutera ensuite Tazotale et, quand tout sera fondu, on versera f\o parties seulement d'essence. On retire du feu et on laisse refroidir, puis on introduit le reste de l'essence.

La matière ainsi préparée est dénuée de coloration, elle donne simplement des irisations. Avec le fer on aura une coloration rouge, avec l'urane jaune, etc.

On cuit comme les autres peintures.

§ 8. — Peinture entre glaçcres.

Ce procédé de décoration est un intermédiaire entre le décor sous couverte et le décor de moufle. Les couleurs sont posées sur couverte, comme dans la peinture de moufle, et ensuite recouvertes d'une glaçure comme dans le décor sous couverte. En 1900, la Manufacture royale de Berlin avait exposé un grand panneau décoré par ce procédé.

COMPOSITIONS UTILISÉES DANS LA DÉCORATION. 6l5

La glaçure sur laquelle on pose le décor peut être une glaçnre à l'oxyde d'étain ou une glaçure comme celle des faïences fines, ou bien encore une couverte de porcelaine. La composition de la deuxième glaçure devra être modifiée naturellement suivant la nalure de la glaçure précédente.

Voici deux exemples (^) empruntés à la Manufacture royale de Berlin.

La première de ces glaçures était appliquée sur de la porcelaine dite de Seger dont la couverte a pour formule

o,3K20 0,7 CaO

0,5 ÂFOS4SiO^

Pour recouvrir celte couverte, Seger avait choisi une glaçure de même type :

o,7CaO j ^ ( i,33B^O^-

L'anhydride borique y remplace \ de la silice. Pour la préparer on fritte :

Sable quarlzeux '^6)^

Marbre ou craie i7î ^

Borax cristallisé 24 ,6

Acide borique cristallisé -^1 ^'i-

Après frittage, la masse se réduit à 64 parties auxquelles on ajoute 33 parlies de kaolin de Zettlitz. Cette glaçure, ainsi composée, fond à la montre 07.

Pour les carreaux de revêtement on a utilisé une autre glaçure. Cette dernière est plombeuse et sans alcali

o,7CaO ) ' ( o,3B>0»

(') Seger's Schriften, p. 094. et Toninduslrie Zeitung, 1890, p. 769; 1905, p. 70, et La Céramique, 1906, p. i45.

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