CHAPITRE IX
GLAÇURES, COUVERTES, ÉMAUX.
Au sortir du four les poleries seraienl dépourvues d'éclat si on ne leur appliquait une composition vitiifiable fusible ou glaçure. Les produits dont la pâte reste poreuse après cuisson ne pourraient avoir que peu d'emplois si l'apposition d'une couverte ne venait détruire cette propriété fâcheuse et empêcher la pâte de s'imprégner de matières diverses. Au point de vue artistique on peut, en tirant parti des ressources variées que présente la Chimie, faire choix de couvertes qui donneront aux objets un extérieur agréable en permettant l'application et la mise en valeur d'un décor.
On fait souvent dans le langage ordinaire une confusion regrettable entre les divers mots : glaçures, vernis, émaux et couvertes. II y aurait intérêt à réserver à chacun de ces mots un sens défini. On emploie plus particulièrement le mot de couverte pour désisigner la glaçure delà porcelaine. Quant au mot émail il devrait être réservé spécialement aux émaux proprement dits, c'està-dire aux compositions fusibles plombeuses renfermant des colorants en dissolution.
Par vernis on entend le plus souvent les compositions employées pour détruire l'imperméabilité des terres cuites. Le mot glaçure (dérivé de l'allemand glas) devrait être utilisé pour nommer tout ce qui est susceptible de se vitrifier par la chaleur. Ces distinctions ne sont pas admises dans la pratique. Les porcelainiers et les faïenciers emploient constamment le mot émail; lorsque l'on a en vue les vernis des poteries, on trouve parfois le mot glaçure, de telle sorte que les dénomi-
a66 CHAPITRE IX. — GLAÇL'RES, COUVERTES, ÉMAUX.
nations proposées par les auteurs n'ont pas de sanction dans l'usage. Du reste l'emploi de ces mots est gêné par les termes du métier; les ouvriers qui ap|)liquent les couvertes, vernis, glaçures s'appelant émaillears, leur trîy^ail constituant l'émaillage, on conçoit qu'il devient très difficile de respecter les conventions du langage par suite d'une insuffisance de mots.