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CHAPITRE XIV

leur a ajouté, dans ce four, des cheminons auxiliaires réglables par des registres (*).

La figure i53 montre un four à globe voûté, mais à flamme directe.

Fig. i53.

La manière dont on conduit la cuisson présente des particularités singulières. Les cuiseurs ont l'habitude de tellement cuire en réducteur qu'à la fin de la cuisson le globe se trouve complètement encrassé par des dépôts de carbone pulvérulent. On chasse et brûle ce carbone en introduisant, à la fin de la cuisson, du bois dans les alandiers. Quand le moment du décrassage est arrivé, au moyen d'une tige de fer, traversant le globe et reposant sur la sole, on arrache le rondeau fermant le passage direct du laboratoire au globe quand le four est à flamme renversée. Le four fonctionne alors comme un four à flamme directe. Le bois dégage une grande quantité de gaz qui provoque le lavage du globe.

Cette manière de conduire le feu est spéciale à la région et ne se retrouve pas dans d'autres pays.

La cuisson de la porcelaine se fait au charbon, le bois n'est

(M Larchevêque, toc. cit., p. 140, fig. 118.

PORCELAINE DURE. 5l5

employé qu'exceptionnellement. Dans le Berry on utilise des alandiers moins bien compris que ceux que nous avons donnés. Nous renvoyons pour leur description à l'Ouvrage de M. Larchevêque (*).

Les Limousins ont également diverses formes d'alandiers. L'un des plus employés est l'alandier dit de Minton.

Ce dernier alandier est formé d'une cuve quadrangulaire fermée à sa partie inférieure par une grille. Pour charger l'alandier, on introduit le charbon parla partie supérieure en ouvrant une porte à parois de fonte. L'air entre par une ouverture, ménagée à la partie inférieure qui permet à l'air de passer sous la grille et au-dessus de la grille quand cette dernière est encrassée.

Le gaz de gazogène n'est pas employé couramment, il a été essayé dans des fours continus qui n'ont pas donné les résultats attendus, sans qu'il soit permis pour cela d'incriminer le gaz lui-même. La manière dont on a conduit les essais n'est pas sans prêter le flanc à la critique (*).

Les fours à porcelaines que nous avons cités ont les formes les plus employées. Il existe de nombreuses variantes (').

Les pâtes françaises sont tantôt kaoliniques et feldspathiques, tantôt kaoliniques, feldspathiques et calcaires ; quelquefois même le calcaire est le seul fondant (4).

§ 2. — Fabrication de Sèvres.

La fabrication de Sèvres diffère, par ses pâtes et ses procédés, de celle de l'industrie française. Son souci de faire bien et son indépendance au point de vue commercial lui permettent de faire les sacrifices nécessaires à une bonne exécution.

(1) Loc. cit., p. i4i, fig. 1 19-120.

(2) La Céramique, 1901, p. 122.

(3) On trouvera dans le Bulletin de la Société d'Encouragement la description <le fours avec alandier central destiné à chauffer le centre. Fabrication de la porcelaine de Bayeux, 1857.

(4) Voir Larchevkque, loc, cit.

5l6 CHAPITRE XIV. — PORCELAINES.

Sèvres emploie actuellement deux pâtes bien distinctes : l'une très alumineuse, la pâte dure; l'autre plus conforme à la fabrication chinoise, la pâle nouvelle.

Pâte dure. — La pâte dure de Sèvres a subi divers remaniements depuis l'origine jusqu'en i836. À celle époque Brongniart établit la composition actuellement en vigueur en prenant la moyenne entre les pâtes lui paraissant les meilleures. Cette manière singulière de procéder l'amena à adopter comme composition chimique moyenne :

SiO» 58

CaO 4,5

Alcalis 3

Laissons la parole à M. Vogt (') auquel nous empruntons ces détails : « Ce n'est pas le désir de faire une porcelaine propre à tel ou tel usage qui a guidé Brongniart dans ce cas, ni une vue scientifique, mais uniquement l'empirisme. »

Brongniart reconnut les défauts de la pâte adoptée par lui et les signala dans son Ouvrage. Il insisla même sur les difficultés qu'amènerait la délicatesse de la pâte, mais il conserva ce genre de pâte excessivement alumineuse :

Kaolin 65

Feldspath 1 5

Quartz i4,5

Craie 5,5

La couverte au début de la fabrication fut calcaire, elle devint presque tout de suite exclusivement feldspatbique. On la fait encore avec de la pegmaiite. Celte couverte, excellente pour le service à cause de sa dureté, ne permet pas à la décoration do prendre tout l'éclat qu'elle pourrait acquérir.

( l ) La Porcelaine, p. a36.

PORCELAINE BURE. 5lJ

Pâte nouvelle. — On a donné ce nom à une pâte rappelant la porcelaine de Chine par ses propriétés et établie à Sèvres il y a près de vingt ans par MM. Lauth et Vogt.

Le but des recherches qui ont abouti à la création de cette porcelaine était d'obtenir une pâte sur laquelle des émaux et des couleurs pouvaient s'appliquer avec plus d'éclat et en plus grand nombre que sur la porcelaine dure ordinaire (*).

Le Tableau des compositions de différentes porcelaines permet de se rendre compte facilement des écarts que présentent la pâte de Sèvres et la pâte chinoise.

On a adopté pour la pâte nouvelle une composition plus en rapport avec la porcelaine de Chine, elle est donnée dans le Tableau des compositions, page 493.

La couverte adoptée finalement a été une couverte calcaire dont voici la formule moléculaire

ASiO'o5Al'0> |°'7Ca0'

Soit :

Craie 70

Feldspath 167

Kaolin 5*2

Quartz > 108

Coulage. — Une installation unique a été donnée au coulage. En dehors des vases de dimensions ordinaires que l'on peut effectuer couramment par coulage, Sèvres s'est fait une spécialité de grands vases décorés. Certains de ces vases atteignent im,75 de hauteur. Le façonnage de semblables pièces ne s'accommode pas des procédés ordinaires de fabrication. Aussi a-t-on donné une disposition spéciale au coulage des grandes pièces.

Le procédé employé s'applique couramment. On fait arriver la barbotine au fond d'un moule et on la laisse séjourner le

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( ' ) Lauth et VoûT, Notice sur la porcelaine nouvelle.

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