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Ibis

Silice 2'5, 4o 22,46 16, 83 33, 3o i5,g8 5,69 10

Anhydride borique .. . » 7,61 11,12 38, 40 36, 06 17,59 11

Oxyde de plomb 74>6o 66,40 67,34 u,oo 47,96 76,72 79

Soude » 3,4<> » '7j16 » » »

Ces fondants sont désignés sous les noms de :

i, fondant rocaille.

3, fondant aux gris.

3, fondant de carmins.

4, fondant de pourpres.

5, fondant de viole is.

6, fondant de verts.

Le fondant 7 est de l'azotate basique de bismuth, il sert particulièrement à fixer l'or, après addition de ^ de borax anhydre.

On prépare les fondants de 1 à 6 par fusion de :

Sable quartzeux 25 22,22 i5 33,33 12, 5o 5, 00 9

Minium 75 66,66 60 11,12 37, 5o 67,56 73

Borax fondu » n, 11 25 55,55 » » »

Acide borique cristallisé ... . » » » » 5o,oo 27,50 18

On fait parfois des distinctions dans les couleurs de moufle. Brongniart appelle certaines d'entre elles qui ne peuvent pas

COMPOSITIONS UTILISÉES DANS LA DÉCORATION. 6o5

supporter une température relalivement élevée sans accident : couleurs de moufles tendres. Nous laisserons de côté celles qu'il désigne par couleurs de demi-grand feu ou de grand feu de moufle et nous n'examinerons que les premières, seules employées :

Blancs.

Sable quartzoux 53

i { Calcine (à i5 pour 100 d'étain) 26

Carbonate de potasse 21

Borax fondu 1 4

1 Oxyde d'étain 14

Anhydride arsénieux 4

\ Cristal C 68

Il serait plus logique de prendre l'arsenic sous une forme moins volatile que l'anhydride arsénieux. Le cristal C est fait avec :

Sable ft

Carbonate de potasse 18

Ou peut faire un blanc à mêler en modifiant le blanc 2, qui est un blanc fixe, par des additions de fondant 1.

Bleus.

Carbonate de cobalt 1 3

22 (indigo) { Carbonate de zinc 26

Fondants 61

Alun 92

23 (turquoise) J Carbonate de cobalt 6

Carbonate de zinc 2

On dissout l'alun dans l'eau, les carbonates dans l'acide chlorhydrique et l'on mêle les solutions. On précipite alors par le carbonate de soude et on lave le précipité.

Calciné au rouge cerise, il prend une teinte bleu turquoise. A plus haute température il passe au violet.

Le fondant comprend :

Sable quartzeux 60

Minium 20

Acide borique cristallisé • 20

24 (azur). 28 (ciel).

Carbonate de cobalt 11 7

Carbonate de zinc 2* 14

Fondant 2 67 79

En faisant varier le rapport du zinc au cobalt et au fondant, on a le bleu de ciel 28. On peut étendre de fondant.

Î Carbonate de cobalt ...... 29 Sablo quarlzeux 29 Carbonate de potasse 42

Verts.

35. On prépare d'abord le colorant suivant, en donnant un bon coup de feu :

! Oxyde de chrome 5o Carbonate de cobalt 25 Carbonate de zinc (*) 25

On mélange 1 de cet oxyde à 4 de fondant 3 ou 6.

™ , * , x \ Colorant vert foncé *>5

36(f0nCé) | Fond.* 3 on 6 75

Le colorant est obtenu en chauffant fortement un mélange de a5 parties de carbonate de cobalt et 76 parties d'oxyde de chrome.

Les verts de Meissen s'obtiennent en faisant d'abord un colorant analogue, que Ton additionne d'un fondant composé de :

Î Sable quartzeux 18 Acide borique 9 Minium 73

( l ) Brongniart indique bien du carbonate de zinc. Cette recette ne donne pas de vert bleu. Il y a lieu de remplacer le carbonate de zinc par de l'alumine.

On prend i6,5 de coloranl et 83,5 de fondant. On peut jaunir la teinte par mélange avec du jaune. Ainsi on pourra composer un vert clair, un vert jaune et un verre bleu.

Vert clair. Vert jaune.

Colorant 12, 5 9,25

Jaune 25 72 , 25

Fondant 62, 5 i8,5o

Le jaune ajouté au vert clair est formé suivant A, celui que Ton mêle pour avoir le vert jaune est composé suivant B.

Oxyde d'antimoine 1 4 , 5 4,5

Oxyde de zinc 9 4,5

Oxyde jaune de fer \ ,5

Fondant 72

Quarlz » i8,;>5

Minium » 7-2,73

Le vert bleu emprunte la môme base, mais il nécessite un autre fondant.

Colorant 5 ,75

Oxyde de zinc 5,75

Vert bleu { Oxyde d'élain 5 , 75

Fondant A 16,75

Fondant B 60

Fondant B l Kaolin 12

Feldspath 12

Acide borique cristallisé 17,5

Le fondant A et les jaunes A et B sont fondus et coulés.

Jaunes.

Jaune 41 B 33

Émail blanc 67

Antimoniate de potasse 79

41 B { Carbonate de zinc 1 4

Fondant 2 bis 7

6o8 CHAPITRK XV. — DÉCORATION.

Ou fond le mélange.

Antimoniale de potasse i 4

42 ! Carbonate de zinc .• 7

Fondant 2 bis 79

On fond.

SAntimoniate do potasse 17 Carbonate de zinc 4

( foncé) j Oxyde de fer 4

Fondant 75

On fond.

I Oxyde d'urane s5

( Fondant 1 ou 2 75

Rouges.

On peut, au moyen de l'oxyde de fer, obtenir tous les tons du rouge orangé au rouge violâtre foncé. On prend, pour 1 de colorant, 3 de fondant 2 ou 2 bis.

Rouge orangé.

Le ton dit corail s'obtient au moyen de chromate de plomb rouge dans un fondant pas trop acide.

Bruns.

Les bruns jaunes se préparent en ajoutant à l'oxyde de fer du zinc, que l'on prend sous forme d'oxyde ou d'hydrocarbonate.

{Oxyde de fer jaune 8 Carbonate de zinc 1 5 Fondant 2 77

On peut porter l'oxyde de fer à 23 dans les tons très foncés en diminuant un peu le carbonate de zinc. On augmente la dose de fondant à 80 dans les tons clairs.

Les bruns rouges contiennent de l'oxyde de fer avec des oxydes de cobalt et de manganèse.

COMPOSITIONS UTILISÉES DANS LÀ DÉCORATION, 6og

l Oxyde de fer bran 25

j Fondant y 5

( Oxyde de fer précipité 12,1

A } Carbonate de cobalt 3 ,0

Carbonate de zinc 12,2

Fondant 2 bis 72,7

On arrivera au brun sépia en forçant la teneur en cobalt.

[ Oxyde de fer précipité » 11,8

, Carbonate de zinc 11.8

Carbonate de cobalt 5,8

Fondant 2 bis 70,6

Pourpres et carmins.

Ces couleurs sont à base d'or. Leur préparation dérive dé celle du pourpre de Cassius. On obtient le précipité de pourpre en traitant une solution de chlorure d'or par du chlorure d'étain. Les préparations indiquées sont nombreuses, nous reproduisons celle de Bunel.

On dissout l'étain dans :

Acide azotique 4

Acide chlorhydrique 1

Eau 10

cette solution est étendue de 51 d'eau. On la verse lentement et en agitant dans la liqueur d'or étendue au même volume. Pour le poids indiqué il faut prendre 5e d'or. Le précipité est lavé avec soin.

On peut aussi précipiter l'or par le chlorostannite d'ammonium.

Brongniart (') recommande d'opérer comme il suit.

On prend le précipité encore humide; on l'étend sur une glace et l'on y ajoute un volume de fondant trois fois plus considérable que celui du pourpre employé; on ajoute encore quelques grains de chlorure d'argent et l'on broie jusqu'à mélange intime.

(') Traité des Arts céramiques, 18.J4, t. II, p. 577.

6lO CHAPITBE XV. — DÉCORATION.

En augmentant la dose de fondant on a un carmin tendre. L'essai de la couleur indiquera si Ton a réussi. Un ton terne nécessite une augmentation de fondant, un ton jaune une diminution de chlorure d'argent. Il est bon, pour introduire l'argent dans la couleur, de fondre préalablement ou de fritler à une légère chaleur le fondant de carmin broyé à l'eau avec le chlorure d'argent.

Les carmins renferment toujours de l'argent; en diminuant la teneur du fondant en ce métal le ton vire au pourpre, en la supprimant au violet. Pour faire le violet d'or on mêle volumes égaux de pourpre et de fondant i ou 5. L'excès d'oxyde de plomb dans le fondant fait aussi virer le carmin au violet.

Tenax (!) indique de dissoudre 5* de chlorure d'or neutre dans io1 d'eau distillée et de précipiter par 76,5 d'une solution de chlorure stanneux de 1,7 de densité. Ou opère comme précédemment en versant le réactif lentement et agitant. Le précipité tombe au fond après addition de quelques gouttes d'acide sulfurique. Le pourpre humide est mélangé à 10* de fondant et broyé; on ajoute à la masse sèche o*,5 de carbonate d'argent. Pour préparer des pourpres clairs on fait la précipitation avec 2* de la solution précédente de chlorure stanneux et 5s d'étain dissous dans l'eau régale. On étend à 101 avant l'introduction du précipitant et l'on part de o*,5 d'or à l'état de chlorure neutre. La liqueur colorée en rouge foncé reçoit une addition de 5o* de solution ammoniacale. Au précipité, humide et lavé, on incorpore 20* de fondant. Après dessiccation le mélange est broyé avec 3« de carbonate d'argent.

Ces procédés ont été l'objet de nombreux essais, car leurs insuccès sont fréquents. Un moyen de préparation plus récent consiste à faire une laque kaolinique en précipitant l'or par le chlorure d'étain comme nous l'avons indiqué.

Dans 81 d'eau, on délaie afo 5 de kaolin et l'on ajoute o*,5 d'or dissous dans l'eau régale.

La précipitation se fait avec 2*, 5 d'étain, à l'état de chlorure d'étain, qu'on laisse couler goutte à goutte et en agitant. Il

(l) DU Steingut und Porzellanfabrication, p. 207.

COMPOSITIONS UTILISÉES DANS LA DÉCORATION. 6l I

reste une laque rose que Ton additionne d'eau de manière à amener l'émulsion à occuper 5oocm\ On forme la couleur avec

2,5 fondant, -2,5 fondant à l'argent, i4cm*,8delaque.

Le fondant contient :

Borax fondu 22 ,36

Feldspath 9,82

Minium 16, 38

Sable 34 ,3a

Carbonate de soude 3,21

Craie 3,5i

Pour avoir le fondant à l'argent on prend 6o* de ce fondant, préalablement fondu, on les broie et les arrose avec i*,a d'argent dissous dans l'acide azotique. Le tout est évaporé et fondu (4).

Cette manière d'opérer est sujette à des variations, car les laques kaoliniques ne sont pas toujours comparables. 11 faut tenir compte de la quantité plus ou moins grande du kaolin introduit.

Noirs.

(Carbonate de cobalt 10 Oxyde de fer précipité 8 Fondant 2 bis 85

on fritte.

En variant les quantités de colorant on change la tonalité. Le noir foncé est composé avec :

Î Carbonate de cobalt 11 Oxyde de fer précipité 11 Fondant 2 bis 78

(l) Lavezard, Revue de Physique et Chimie, 1901, p. i5o.

6ia CHAPITRE XV. — DÉCORATION.

Le sesqaioxyde d'iridium fournit un beau Ion.

1 Oxyde d'iridium -23

/ Fondant j5

Gris.

Les noirs délayés avec de l'oxyde de zinc passent au gris.

Carbonate de cobalt 6

Oxyde de fer jaune i3

Carbonate de zinc 1 3

Fondant 2 S 68

§ 6. — Application des métaux.

Les métaux mélangés avec un fondant peuvent être appliqués sur les couvertes.

L'or est le plus employé pour l'ornementation. On prépare l'or par précipitation, puis on l'additionne de fondant au bismuth. Ce fondant est formé d'oxyde ou d'un mélange d'oxyde et d'azotate basique de bismuth, obtenu en précipitant par l'ammoniaque la liqueur d'où s'est déposé le sel basique. On mélange les deux précipités et Ton ajoute du borax (voir p. 6o4).

La dorure une fois posée est cuite en moufles; la cuisson est faite à une température supérieure à celle de la cuisson des couleurs.

L'or sortant du moufle doit subir le polissage au brunissoir.

Dans l'industrie on emploie, pour faire de la dorure économique, des préparations dites or brillant.

On ajoute à un dérivé organique un sel d'or et l'on peint avec la solution obtenue. On a ainsi de l'or qui sort brillant, sans brunissage, du moufle. L'or préparé de cette sorte couvre beaucoup; il a le désavantage de donner un métal trop brillant, d'une tonalité peu discrète.

Les solvants auxquels on incorpore l'or sont de natures diverses; ils doivent se détruire au feu sans donner de résidus. A cette catégorie appartiennent certains mercaptans, les baumes de soufre, etc.

COMPOSITIONS UTIUSÉES DANS LA DÉCORATION. 6l3

Le procédé Dutertre, comme exemple, emploie un dissolvant formé de

Soufre 16

Térébenthine de Venise 16

Essence de térébenthine 80

Quand le tout est fondu, on verse 5o* d'essence de lavande.

On ajoute une solution contenant 3a* d'or additionnée de 08,12 de chlorure d'antimoine et d'autant d'étain métallique.

On mélange soigneusement, puis on décante les eaux chargées d'acide. Au résidu on fait une dernière addition de 65* d'essence de lavande et de 100s d'essence de térébenthine.

On chauffe pour dissoudre le tout et on laisse reposer sur du fondant de bismuth (5«).

D'autres liqueurs mènent au même résultat.

On a préconisé aussi le dissolvant :

Baume de gorgone 14

Huile d'ambre 8

Essence de Rosemary o,5

Actuellement pour donner, dit-on, de la résistance à l'or brillant, certains fabricants y ajoutent un peu de rhodium.

Ce que nous avons dit de l'or peut s'appliquer à d'aiHres métaux, tels que l'argent et le platine, moins utilisés que le précédent.

§ 7. — Lustres.

Les lustres se distinguent des décors obtenus par les métaux par leur aspect tout spécial. Les métaux étant très divisés joignent à leur éclat métallique les irisations produites par le jeu de la lumière sur leurs particules.

Les poteries hispano-mauresques sont décorées avec des lustres caractéristiques. Ces lustres se retrouvent aussi sur les porcelaines.

Les lustres hispano-mauresques sont faits en mélangeant la composition qui doit fournir le métal divisé avec de l'ocre rouge,

6l 4 ' CHAPITRE XV. — DÉCORATION.

par exemple l'oxalate de cuivre. On pose le mélange en couche épaisse sur la pièce émaillée et l'on cuit en moufle. Une fois que Témail est bien chaud et près de son point de fusion, on bouche la partie supérieure du moufle, de manière à enfumer le moufle et son contenu. Il se produit une réaction, et on laisse refroidir. En lavant les pièces on les débarrasse de l'excès d'ocre et l'on voit apparaître les reflets irisés.

En modifiant les rapports d'ocre et du composé métallique, en ajoutant de l'argent on arrive à varier les tonalités de ces lustres.

On peut obtenir aussi d'autres lustres moins brillants que les précédents, mais plus noirs, par d'autres procédés.

Les lustres, dits de Brianchon, sont obtenus en ajoutant à des résines et à des essences des composés métalliques.

Ainsi on fera un mélange de :

Azotate de bismuth 10

Àrcanson 3o

Essenoe de lavande 75

On fera d'abord fondre la résine, on ajoutera ensuite l'azotate et, quand tout sera fondu, on versera (\o parties seulement d'essence. On retire du feu et on laisse refroidir, puis on introduit le reste de l'essence.

La matière ainsi préparée est dénuée de coloration, elle donne simplement des irisations. Avec le fer on aura une coloration rouge, avec l'urane jaune, etc.

On cuit comme les autres peintures.

§ 8. — Peinture entre glaçures.

Ce procédé de décoration est un intermédiaire entre le décor sous couverte et le décor de moufle. Les couleurs sont posées sur couverte, comme dans la peinture de moufle, et ensuite recouvertes d'une glaçure comme dans le décor sous couverte. En 1900, la Manufacture royale de Berlin avait exposé un grand panneau décoré par ce procédé.

COMPOSITIONS UTILISÉES DANS LA DÉCORATION. 6l5

La glaçure sur laquelle on pose le décor peut être une glaçure à l'oxyde d'étain ou une glaçure comme celle des faïences fines, ou bien encore une couverte de porcelaine. La composition de la deuxième glaçure devra être modifiée naturellement suivant la nature de la glaçure précédente.

Voici deux exemples (') empruntés à la Manufacture royale de Berlin.

La première de ces glaçures était appliquée sur de la porcelaine dite de Seger dont la couverte a pour formule

o;73cIo!o'5A,,o,•4sio,•

Pour recouvrir cette couverte, Seger avait choisi une glaçure de même type :

°'3K,°lo541«0. \^Si0i 0,7 CaO j°'5Alu ( ,,33B'0'-

L'anhydride borique y remplace j de la silice. Pour la préparer on fritte :

Sable quartzeux 26 , 3

Marbre ou craie 17,1

Borax cristallisé 24 ,6

Acide borique cristallisé -27,2

Après frittage, la masse se réduit à 64 parties auxquelles on ajoute 33 parties de kaolin de Zettlitz. Cette glaçure, ainsi composée, fond à la montre 07.

Pour les carreaux de revêtement on a utilisé une autre glaçure. Cette dernière est plombeuse et sans alcali

,,*î*ôio-*,,°,l*,££

0,7 CaO ) ( 0,38*0*

(') Seger's Schriftcn, p. 5g4« et Ton indus trie Zeitung, 1890, p. 769; 1905, p. 70, et La Céramique t 1905, p. i45.

6l6 CHiPITHB ir. — DÈC011T10I».

On l'obtient en friltant :

Sable i5o

Marbre ou craie 3o

Minium 160

Acide borique cristallisé 55

A la fritte on ajoute 26 parties de kaolin.

En général, il faut se rappeler qu'il y a avantage à donner à la glaçure qui recouvre le tout une teneur en chaui et alumine aussi élevée que possible. Faute de tenir compte de celte observation, on s'expose à voir la glaçure altaquer les colorants.

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