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APPLICATION DE LA DÉC01ATION

§ 2. — Impression mécanique.

Au Heu de recourir au travail du pinceau, travail lent et coûteux, l'industrie utilise dans la fabrication courante l'impression mécanique. Le dessin est imprimé sur un papier préparé et l'on reporte le dessin supporté par le papier sur la pièce.

Gravure. — Le dessin est d'abord fait en creux sur une planche de cuivre. Il est facile, par la galvanoplastie, de reproduire le même dessin le nombre de fois désiré, une fois que l'on possède l'original.

On tire alors sur ces planches avec une encre, composée d'huile d'impression et de colorant. L'huile d'impression se fabrique de différentes manières.

Brongniart (') indique une huile de lin ou de noix préparée par la méthode suivante : on verse dans une marmite l'huile de façon à ne remplir le vase qu'aux deux tiers, car le liquide gonfle sous l'action de la chaleur.

Quand l'huile est déjà chaude et voisine du point d'inflammation, on jette des tranches de pain dans le liquide. Le pain roussit, cuit et l'huile devient limpide.

L'huile maintenue sur le feu s'échauffe de plus en plus et s'allume. On laisse la combustion s'effectuer, mais on relire l'huile du feu. On pose le couvercle. Quand l'huile n'est plus assez chaude pour se rallumer d'elle-même, on essaie avec une baguette si elle est devenue assez visqueuse. Dans le cas où ce résultat n'est pas atteint, on remet le vase sur le feu et on laisse l'inflammation se reproduire. On continue cette série d'inflammations et d'extinctions jusqu'à ce que /huile possède les propriétés nécessaires.

Lambert (*) préconise de chauffer comme précédemment,

( l ) Loc. cil. , p. 65o.

(*) Loc, cit., p. 187.

■nais sans introduire de pain, le mélange :

Huile de lin 2!

Colophane ioo*

Litharge 10

Acétate de plomb 10

Copal 10

En faisant bouillir la composition suivante pendant plusieurs heures, on obtiendrait aussi des résultats satisfaisants :

Huilo de lin 10

Huile do navet 1

On n'introduit l'huile de navet que lorsque l'huile de lin a déjà subi une ébullition d'une heure. Quand le mélange est froid on l'additionne de 1 partie de goudron de bois.

Le mélange des couleurs et de l'huile se fait à la molette pour de petites quantités; on a recours à une machine pour des quantités importantes.

L'encre est appliquée sur la planche chauffée, étalée, puis enlevée de la surface avec un tampon. On tire alors avec la planche, bien chargée dans ses creux, sur un papier au moyen d'une presse. Le papier et la planche passent entre deux cylindres. Pour un très grand débit on a remplacé les planches par des cylindres gravés.

Le papier n'est pas du papier collé. On le détache de la planche et on le passe aux découpeuses qui séparent les divers fragments du dessin. On applique ensuite le papier sur la poterie en frottant et en s'aidant d'une roulette. La séparation se fait en trempant dans l'eau l'objet et le papier imprimé. Le papier gonfle et se sépare de l'impression qui reste sur la pièce.

Ce procédé est très employé pour l'impression monochrome sous couverte.

On obtient de même les profils de dessins qu'il ne reste plus qu'à remplir de couleurs.

L'or s'applique par un procédé analogue. On le délaie dans l'huile en y ajoutant un tiers en volume de noir de fumée.

APPLICATION DE LA DÉCORATION. 6a3

Le mélange est pauvre en or et l'impression s'en ressent, aussi repasse-t-on de l'or divisé sur l'image encore humide. Le dessin est renforcé et fixe une quantité d'or convenable.

On a essayé d'obtenir de la dorure par décalque, comme dans la chromolithographie (').

Chromolithographie. — Pour obtenir des images imprimées en plusieurs couleurs, on suit un procédé analogue. On imprime en plusieurs couleurs successivement sur la même feuille et Ton reporte le tout sur la pièce.

Le papier est un papier collé, résistant, capable de ne pas subir des extensions inégales. On le recouvre d'une préparation renfermant de la fécule, de l'arrow-root ou d'autres matières semblables. Leur rôle est de faire un enduit, se gonflant dans l'eau, opérant la séparation du papier et de l'impression. On se sert aussi de papiers recouverts de pellicules, telles que des pellicules collodionnées.

Ces papiers se conservent avec leur impression et sont encore bons à être employés longtemps après leur préparation.

On tire les couleurs à la presse lithographique en ayant soin de bien repérer les diverses impressions. Au lieu d'employer de l'encre colorée, on tire simplement au vernis et l'on saupoudre après.

Le vernis est soit à base d'essence de térébenthine, soit à base de vernis lithographique mélangé de vernis copal et de suif.

Le saupoudrage suit l'impression au vernis, il se fait en étalant la couleur au blaireau, soit en passant la feuille dans une boîte pleine de couleur en poudre, dite botte à poudrer. On fait autant de fois celte série d'opérations qu'il y a de tons à imprimer; on peut arriver couramment à tirer au moins douze couleurs et plus. Dans la pratique on se contente d'un nombre moindre.

Pour une grande production on a construit des presses travaillant maintenant avec des encres colorées, comme les presses lithographiques.

(') Tonindustrie Zeitung, 1901, p. 663.

6'i4 CHAPITRE XV. — DECORATION.

Certains industriels livrent au commerce les chromolithographies toutes préparées.

Pour appliquer ce papier imprimé et Taire adhérer le décor, il faut recourir à une mixture spéciale. Les mixtures sont composées différemment suivant les fabricants. On emploie l'essence, on se sert aussi de mélange de poix blanche et de térébenthine de Venise dissous dans l'essence. Le vernis copal étendu d'essence peut constituer aussi une mixture.

Une fois la mixture posée soit sur la pièce ou le papier, soil aussi sur les deux objets, on applique le dessin. On presse pour faciliter l'adhérence et l'on sépare par l'action de l'eau.

On a perfectionné beaucoup ces papiers et maintenant certains papiers, comme ceux de la Zieherdrilck Ans tait de Glogau, ne nécessitent plus l'emploi d'une mixture. Ils se détachent du papier par l'action de l'eau. Le dessin est posé sur une pellicule qui se sépare très facilement par immersion. On pose le décor un peu différemment. C'est le papier supportant la pellicule, rendue libre par trempage dans l'eau, que l'on applique à l'endroit à décorer. Puis on fait glisser le papier sur la pellicule qui tombe sur la surface de la pièce.

La chromolithographie est très employée dans le décor de la porcelaine du commerce.

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