VI. — PRESSAGE A LA FILIÈRE OU ÉTIRAGE
En pressant sur une pâte plastique, contenue dans un réservoir muni d'une ouverture, on force la pâte à s'écouler sous forme d'un solide ayant cette ouverture comme section. C'est sur ce principe que sont construites de nombreuses machines à briques. L'ouverture porte le nom de filière, de là le nom de pressage à la filière qui me semble plus juste que le nom d'étirage que l'on rencontre dans certains ouvrages. Il n'y a aucun étirage de la matière, c'est justement de manière opposée que l'on opère puisqu'il y a pressée.
La machine à briques pour pressage à la filière se compose d'un réservoir de métal renfermant la pâte. La pâte est amenée dans Je réservoir par deux cylindres qui la laminent et la chassent dans une ouverture. Dans la caisse formant réservoir un propulseur à hélice pousse la pâte en avant en la triturant et l'oblige à sortir sous forme de prisme que l'on débite en briques.
Le découpage des briques se fait avec un appareil spécial, dit appareil coupeur. Il est formé essentiellement par des fils de métal parallèles tendus et qu'un équipage mobile permet de rabattre sur le prisme et d'amener à traverser complètement la pâte. La distance des fils a été déterminée une fois pour toutes.
L'appareil coupeur reçoit les briques sur des cylindres de plâtre, enfilés sur des tiges métalliques qui leur servent de
100 CHAPITRE VI. — VAÇOSSXGE.
support. De celte manière le prisme sortant de la filière peut s'avancer sans frottement pouvant amener des déchirures: les cylindres roulent à son contact sans entraver sa marche. Au nt où l'on va opérer le découpage, on relève une pièce
Fig. 53.
formant butoir, placée à l'extrémité de l'appareil. Le prisme do pâte pousse alors l'appareil coupeur, qui est monté sur roulettes, et le découpage s'opère nettement, ce qui n'aurait pas lieu si le prisme se déplaçait sur un appareil fixe. Tout se passe alors comme si prisme et appareil étaient fixes. Une fois les briques enlevées il n'y a qu'à ramener l'appareil coupeur h sa position première.
VTI. — MOULAGE A LA PBESSE.
Pour obtenir certaines qualités de compacité, les pâtes doivent subir une pressée puissante; le moulage à la main ne permel pas une action suffisante. On soumet alors le moule à une pression énergique. Les tuiles, dites mécaniques, sont moulées à la presse. On commence par préparer une croûte de terre que l'on enferme dans un moule. Le moule est le plus souvent en plâtre; il est formé de deux parties. La partie inférieure du moule repose sur le plateau de la presse, la partie supérieure est fixée à l'organe mobile de cet appareil. Dans les presses les plus ordinaires la pressée se fait au moyen d'une vis, comme
PRESSAGE A SEC.
dans les presses à balanciers. L'argile en excès s'échappe par les joints. On relève le moule supérieur et Ton amène en avant
Fig. 5',.
le moule inférieur. Une tige sur laquelle le moule glisse permet cette manœuvre. Comme la tige est ronde on peut faire tourner le moule et renverser la tuile fraîche sur un support.
Vm. — PRESSAGE A SEC.
On peut travailler également les pâtes céramiques à l'état sec; on les prend alors sous forme de poussière que Ton comprime fortement. La pression fournie doit être suffisamment forte pour que le produit, sorti du moule, ait assez de dureté et assez de compacité pour être porté au séchoir sans subir de déformation.
■ 88 CHAPITRE Tt. — FAÇONNAGE.
Les presses auxquelles on a recours sont des presses hydrauliques. On commence par donner une faible pressée pour chasser les bulles d'air que renferme la masse. Puis on presse plus fortement de manière à tasser la masse.
La presse hydraulique se compose d'un cylindre, fermé
Kg. 55.
à l'extrémité inférieure, dans lequel se meut un piston muni d'un cuir embouti. De la base de l'appareil partent des tirants verticaux réunis par une traverse horizontale. Les appareils devant résister à de grands efforts il y a avantage à construire toutes les pièces en acier.
Le pressage à sec est surtout employé pour la confection des carreaux. Comme le débit des fabriques qui produisent ces carreaux doit être assez considérable, on a recours à des presses actionnées par des pompes mues mécaniquement. Généralement on ne fait pas agir directement la pompe sur la presse ;
PRESSAGE A SEC.
on intercale dans le circuit des accumulateurs. Ces accumulateurs servent de réservoir de pression. Ils sont formés d'un
cylindre vertical fermé à sa base et dans lequel glisse un piston étanche. L'extrémité <Iu piston est reliée à<un plateau ù contrepoids. En chargeant le plateau d'un poids convenable, ou arrive
1QO CHAPITRE Vf. — FAÇONNAGK.
à produire une pression déterminée. L'accumulateur est complété par deux soupapes : l'une de retenue, l'autre de sûreté qui s'ouvre si la pression est trop élevée ou quand le piston est à fond de course. La soupape de sûreté est chargée suivant le degré de compression que l'on désire obtenir.
Il est nécessaire d'employer des accumulateurs à basse pression pour le début de la pressée et à haute pression pour la fin de la pressée.
Quand la presse est simple, voici quel est le dispositif {fig. 55) le plus fréquemment adopté. Le piston supporte la table destinée à recevoir la forme remplie. Deux règles parallèles creuses Fig- 57.
sont fixées sur la table, elles servent au transport des formes. A travers ces deux règles peuvent mouler, au moyen d'un levier, des pièces de métal. La forme est un cadre creux dont les dimensions intérieures correspondent à celles du carreau à presser. Ce cadre repose sur un socle, muni de poignées. La forme est placée sur son socle et remplie de la matière pulvérisée. On munit ensuite la forme d'un tampon supérieur et l'on introduit le tout dans la glissière de la table de la presse. On donne d'abord la basse pression, puis une deuxième pressée de même valeur et ensuite la forte pression. On laisse alors re~
RACHEYAGE. 191
tourner au réservoir l'eau contenue dans le cylindre et le piston descend. On fait alors fonctionner le levier qui agit sur les pièces de métal traversant les glissières; celles-ci montent et soulèvent le cadre. On donne à nouveau la pression pour démouler.
Dans d'autres dispositifs on a prolongé la table de la presse et les glissières qu'elle supporte. Un tampon démouleur est aménagé au-dessus de la portion de la table ainsi agrandie. Pendant que l'ouvrier amène le moule sur la table en dessous du piston démouleur, il place une nouvelle forme. En donnant la pression, il démoule en même temps la plaque terminée que l'on reçoit sur un feutre.
Les presses à table rotative {fig. 56 et 57) comprennent un disque de métal dans lequel on a ménagé trois ouvertures à intervalles équidistants. L'une de ces ouvertures se trouve-t-elle audessus du piston de la presse, la suivante surmonte le piston du démouleur. Construites de cette manière, les presses permettent de réaliser en même temps le pressage de la masse, le démoulage et le remplissage d'une forme.