POTERIE DE TERRE
¥11. — POTERIE DE TEBBS.
Certains objets n'ont pas besoin d'être confectionnés avec une pâte compacte, leur porosité n'a quelquefois pas d'inconvénients, parfois même elle est utile. Ce genre de fabrication qui ne comporte que la création d'objets rustiques est encore entre les mains de nombreux petits potiers. Le peu de valeur de la marchandise permet de vivre à ces fabricants que Ton rencontre encore dans des villages éloignés d'un grand centre. Là ils peuvent lutter plus avantageusement contre la concurrence des fabriques par suile des frais qu'occasionne le transport à ces dernières et, quoique le nombre de ces poteries campagnardes ait diminué, il comprend encore une certaine quantité d'installations.
Le potier de terre travaille avec les moyens les plus réduits; souvent il est seul. Il prépare sa pâte, la façonne, la met à sécher et la cuit lorsqu'il possède de quoi emplir son four.
La pâte est faite avec un mélange de terres, car il est rare que le potier trouve dans les environs la matière convenable, toute préparée par la nature. Comme dégraissant, si l'adjonction d'une pareille matière est nécessaire, il a recours à des sables fins naturels que l'on rencontre à un état de division suffisante dans la carrière elle-même.
L'emploi du malaxeur n'est pas général; quand la production est petite, comme c'est le cas ici, on actionne l'appareil avec un cheval ou à bras d'hommes. Le plus souvent le potier marche sa pâte et la coupe en ballons qu'il utilise au fur et à mesure de ses besoins.
Le façonnage se fait sur le tour, sans toumassage naturellement. D'un premier jet le tourneur donne la forme, ce qui est facile du reste puisque les profils ne sont jamais compliqués. Si la pièce nécessite une garniture, cette garniture se fait à la main puis est collée sur la pièce un peu raffermie.
La dessiccation se fait dans des séchoirs des plus simples. On dispose des planches sous le hangar qui abrite le four et on les pose au voisinage de celui-ci.
366 CHAPITRE X. — #TKRRES CUITES.
Les fours des potiers présentent les formes les plus variées, mais en général ils sont réduits à leur plus simple expression : une chambre dans laquelle se placent les produits et un foyer dont la flamme traverse le four soit verticalement, soit horizontalement.
Pots à fleurs. — Le pot à fleurs se fait souvent au tour. Quelques fabriques de terre cuite qui se sont occupées de la confection du pot de fleur travaillent la terre mécaniquement. La terre est introduite dans un moule de plâtre, placé sur le tour, dans lequel vient descendre une pièce métallique qui donne la forme intérieure du pot.
Tirelires. — Parmi les pièces que font les petits potiers, une des plus curieuses est la tirelire en forme de tonnelet.
Le tourneur fait d'abord un cylindre de plâtre, puis il le presse à sa partie supérieure en le resserrant et appuie sur la partie supérieure pour égaliser la surface, faire le rebord et forcer le cylindre à prendre un plus grand diamètre en son milieu. La tirelire est terminée, il ne reste plus qu'à creuser une fente.
Dans la région qui les avoisine les potiers peuvent fournir d'autres pièces que la poterie. Ainsi ils tournent des cheminées, des lanternes, même de petits tuyaux. Quand les tuyaux ont une longueur gênante pour le travail sur le tour, on les tourne en deux parties que Ton recolle.
Vin. — P0TEBIE8 POBEUSES.
Dans quelques cas on met à profit la porosité des terres cuites; par exemple, les gargoulettes et les alcarazas, qui servent à rafraîchir Teau, ne doivent leurs propriété réfrigérantes qu'à leur texture poreuse. Leur surface est constamment recouverte d'une pellicule d'eau dont l'évaporation amène le refroidissement du récipient et de son contenu.
Hydrocérames. — C'est sous ce nom générique que Ton
POTERIES POSEUSES. 36j
désigne dans la plupart des ouvrages les poteries destinées au rafraîchissement des liquides.
La confection de ces poteries est tout entière liée à la structure physique de la masse. Il faut que la pâte prenne par cuisson une solidité suffisante pour résister à l'usage et qu'elle conserve pourtant une texture lâche permettant le suintement du liquide.
Les terres que Ton emploie pour celle fabrication sont de natures très différentes; ainsi, les alcarazas d'origine française sont franchement rouges, tandis que celles qui proviennent des colonies sont blanches ou blanchâtres.
On donne à la masse la porosité désirée par deux procédés. La pâte peut être dégraissée avec du sable fin en quantité suffisante; la masse, après cuisson, conservera une structure suffisamment lâche si la température de cuisson n'a pas été exagérée. D'autre part, en introduisant dans la pâte des matières combustibles ou volatiles, on arrive au même résultat. C'est à la sciure de bois et au sel marin que l'on a recours le plus souvent.
Vases poreux. — Le vase poreux employé dans les piles est fait maintenant en biscuit de faïence fine dans beaucoup de pays et principalement en Fiance. Par mesure d'économie, et probablement sans qu'il en résulte de grandes perturbations dans le fonctionnement, on trouve encore, en Angleterre, par exemple, des piles dont les vases poreux sont en terre cuite.
Les argiles calcaires doivent être exclues naturellement de celle fabrication.
Tuyaux de drainage. — Ces tuyaux servent à emmener l'eau déposée dans des fonds de terrain. Par suite de leur faible cuisson ils conservent la porosité nécessaire à leur pénétration par les eaux avoisinantes.