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POTERIE VERNISSÉE. 4U

Rarement les fours ronds à axe vertical ont élé utilisés pour cuire Ja poterie, le plus souvent on a donné la préférence aux fours carrés. Le four que nous avons cité a servi avantageusement, d'après Bastenaire Daudenart; il étail, à l'époque où écrivait l'auteur, incontestablement supérieur aux fours signalés pour cette fabrication par Brongniart.

L'enfournement de la poterie commune se fait en charge ou en échappade. Le premier moyen est le plus fréquemment employé, on trouve des traces des adhérences et arrachements qu'il a motivés sur les ustensiles de cuisine.

La cuisson de la poterie vernissée comprend comme toujours un grand feu et un petit feu. Quelquefois la cuisson est faite en atmosphère réductrice ou bien des fragments de combustibles sont entraînés sur les poteries; on voit alors des réductions du plomb à la surface.

Le combustible employé est souvent le bois; on cuit aussi au charbon.

Quoique ce genre de produits ne serve pas comme vases d'apparat, on lui applique quelquefois des couvertes colorées. La coloration de la terre ne permet pas d'obtenir des tons particulièrement beaux. On prépare ces couvertes colorées en ajoutant à la glaçure 4 pour 100 de colorant, soit oxyde de cuivre donnant du vert, soit oxyde de manganèse produisant un brun plus ou moins violacé.

Quelques fabricants engobent leur poterie, au lieu de les colorer au moyen d'une couverte, c'est-à-dire qu'ils appliquent sur la pâte une couche d'argile blanche et qu'ils posent une couverte sur le tout. La partie engobée semble blanche; la couleur est due en réalité à l'engobe placée sous la couverte.

On ne fait plus de poterie vernissée que pour fournir aux ménagères leurs ustensiles de cuisine. Quelques paysans, dans des régions arriérées, se servent encore de vaisselle en terre vernissée; leur nombre va en diminuant, l'assiette de faïence fine ou de porcelaine blanche faisant une concurrence sérieuse à cette poterie grossière. Un grand nombre d'objets peuvent supporter, sans inconvénients, les vernis au plomb; ce sont tous ceux qui ne servent pas à l'alimentation, comme les ter-

/fil CHAPITRE XII. — FAÏENCES.

rines. Il n'en est plus de même des casseroles, des plais, des cocottes ou marmites à pot au feu; ces ustensiles onl encore cours dans beaucoup de cuisines et il serait à désirer que leur fabrication profilât des connaissances que nous possédons maintenant pour l'application des couvertes, sinon sans plomb, mais au moins toujours bien cuites et convenablement composées.

Depuis peu on trouve dans le commerce des poteries dites poteries à feu, qui sont enduites d'un vernis sans plomb. Elles sont bien façonnées, ont un fond blanc et semblent supérieures à ce qui s'est fait jusqu'à ce jour.

La fabrication des alentours de Paris a eu une importance réelle il y a un demi-siècle; des produits mieux faits lui ont porté maintenant un coup sérieux, dont elle ne se relèvera pas. Son vernis qui tressaille à la longue en fera toujours une matière destinée è prendre mauvais goût par l'usage, par suite de l'inclusion de substances alimentaires dans les fissures.

Nous emprunterons à Brongniarl quelques détails sur une fabrication, fort ancienne maintenant, mais qui a peu changé.

La pâte était composée d'argile plastique brune extraite dans la région avoisinant le sud de Paris. On ajoutait à cette argile du sable siliceux, mélangé naturellement de marnes ferrugineuses, que l'on trouvait sur des hauteurs au nord et au sud de Paris (à Belleville, par exemple). Ce sable renfermait en moyenne 93 pour 100 de silice.

La pâte se faisait avec 20 pour 100 de sable et 80 pour 100 d'argile épluchée pour en enlever les pyrites. On la marchait, puis on la livrait au façonnage.

On façonnait au tour. Pour les grandes pièces ce tour n'était pas animé au pied. Il porlait, à la place du plateau, une roue sur les rayons de laquelle l'ouvrier donnait une poussée en s'aidant d'un bâton.

Toutes les garnitures, les pièces ovales se fabriquaient à la main; on ajustait les garnitures de suite sur les pièces. Parfois on avail recours aux moules en plâtre, mais seulement dans les cas compliqués.

La cuisson se faisait dans un four analogue à celui qu'on emploie pour la faïence émaillée.

POTERIK VEIIMSSÊE. 4'$

Les vernis ordinaires avaient comme composition :

Jauno. Brun. Vert.

Minium 70 (>4 65

Argile plastique 16 i5 16

Siible de Bcllevillc. 1/1 i5 16

Bioxyde de manganèse naturel riche. » (> •

Battitures de cuivre » » 3

Ces vernis sont fortement plombeux.

On enfournait en charge et la poterie subissait deux feux (biscuit et vernis).

A Vallauris, dans le midi de la France, on fabrique encore beaucoup de poterie vernissée. L'intérieur est engobé en blanc. La glaçure est ordinairement plombeuse. Cette poterie a pour pâte une argile locale dégraissée au sable de mer. Le mélange est façonné, engobé et émaillé sur cru. On n'effectue qu'une seule cuisson.

Au golfe Juan, en France, on fabrique beaucoup de faïences dont les formes sont recherchées et présentent une certaine élégance. Leur décoration est des plus simples. La plus grande partie des pièces ne reçoivent qu'une couverte colorée.

En Allemagne on peut rencontrer une poterie possédant encore une certaine célébrité, c'est la poterie de Bunzlau. Elle se dislingue principalement de la poterie parisienne par sa glaçure non plombeuse.

On composerait une poterie analogue avec une argile plastique réfractaire, additionnée du tiers de son poids de sable fusible. La pâte ainsi faite est engobée intérieurement avec :

Tesson de porcelaine 75o

Argile 2000

Feldspath 1000

La glaçure intérieure se compose de :

Sable fusible 75

Feldspath 55

Tesson de porcelaine 45

Craie 45

Kaolin 25

4 f 4 CHAPITRE XII. — FAÏENCES.

Extérieurement on pose une autre glaçure :

Argile ferrugineuse aî

Ocre 5

Carbonate de potasse 2

Après une cuisson réductrice en gazelles, on ferme le. four. Par refroidissement lent il se développe une coloralion brune.

Les poteries vernissées sont encore restées l'apanage des petits poliers dans la plupart des pays.

Presque toujours limitée aux objets de première nécessité, la fabrication n'a jamais cherché à s'affiner. Les quelques pièces décoratives que Ton fait actuellement dans ce genre de poteries sont généralement fort pauvres. Elles sont l'œuvre de paysans presque toujours.

n. — faïence commuwe ématllée ou stahiiifèbe et MAJOLMUE.

A. — Faïence é maillée.

Pour masquer la couleur de la pâte, qui est toujours plus ou moins rouge ou jaune, on a appliqué une glaçure opaque blanche à ce genre de faïence. L'opacification étant due à l'addition de l'oxyde d'élain, on a tiré de cette particularité un nom générique pour ce genre de produits.

La pâle de celte faïence est, comme la pâte des poteries vernissées, tendre et à texture lâche. La cassure de la pâle est terreuse. La masse a les propriétés d'une terre cuite sur laquelle on a posé une glaçure.

L'émail slannifère est sujet à tressailler; pour corriger le manque d'accord de la pâte et de la glaçure la présence de chaux est nécessaire, aussi l'on introduit dans la composition de la pâte de la marne.

Certaines de ces faïences sont capables de supporter les brusques changements de températures, aussi les emploie-t-011 dans les ménages pour l'usage culinaire. Ce genre de faïence allant au feu est presque le seul type de faïence stannifère, avec

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