‹ La chaleurChapitre 39 sur 63 · LES OEYSERS · texte numérisé non relu

LES OEYSERS

^^J0B8 maintenant d'appliquer les çtrAcÀç^"?» Y^^^^^^^"^

n2 Ik CHALEUR.

à divers phénomènes que Ton a souvent attribués à des causes mystérieuses, et qui ont longtemps exercé la sagacité des savants.

L'Islande est une île volcanique, sur laquelle se dresse une chaîne de montagnes recouvertes de neiges éternelles. Une dizaine de volcans sont alignés le long de cette chaîne, parmi lesquels le plus connu est l'Hécla. Les glaciei^ descendent des sommités neigeuses et laissent échapper d*immenses cataractes d'eau qui s*étcndent au pied des montagnes en nappes de plusieurs kilomètres. Ces nappes forment de vastes marais dont le fond est crevassé par l'action volcanique. L'eau s'engouffre dans les crevasses, pénètre par les canaux souterrains jusqu'au cœur des montagnes, s'échauiTe et sort parles cratères en torrents de vapeur. De temps en temps on rencontre des mares fumantes et pâteuses, à la surface desquelles se soulèvent d'énormes bulles, qui crèvent en lançant leur écume à plusieurs mètres de hauteur. Ailleurs ce sont des jets intermittents d'eau bouillante qu'on appelle les geysers. Partout on assiste à l'action effrayante de la chaleur centrale, et il semble que la nature ait rassemblé dans ce lieu désolé ses moyens de destruction les plus tenibles.

Mais oubliez le fracas des explosions, approchez-vous d'un geyser en repos, et vous aurez le spectacle d'un puits merveilleux creusé par la nature.

Au sommet d'un tertre de quelques mètres de hauteur est un bassin tapissé d*une couche semblable au cristal de roche; au centre de ce bassin est un large puits dont la profondeur est souvent considérable, et dont les parois sont revêtues de nicme cristal que celles du bassin. « Une vapeur légère ondule à la surface, dit M. Tyndall, l'eau du puits est de l'azur le plus pur et teinte de ses nuances délicieuses les incrustations fantastiques des parois, o Telle est l'admirable structure (I*un geyser. Le plus céVèbte 4e V\s\;wade est au sommet d'un

EYAPORATION ET EBULLITIOK. 245

tertre de i 2 mètres de hauteur ; sou bassin à peu près circulaire a 1 7 mètres de diamètre ; son puits a 5 mètres de diamètre et 23 mètres de profondeur.

Lorsqu'une éruption va avoir lieu, le puits et le bassin se remplissent d'eau chaude ; le sol est ébranlé, et des détonations souterraines se font entendre en même temps que leau est violemment agitée. Bientôt Teau est soulevée en bouillonnant et se déverse autour du geyser ; tout à coup une immense colonne d*eau et de vapeur s'élance dans Tair, puis la masse projetée retombe dans le bassin ; quelques détonations ont encore lieu et tout rentre au repos. Mais ce repos est momentané ; les éruptions se succèdent régulièrement pendant plusieurs années, puis elles cessent. Il ne reste du geyser que le puits, dans lequel la source d'eau chaude continue à se rendre jusqu'à ce qu'elle ait trouvé une autre issue.

Le célèbre chimiste allemand M. Bunsen a observé attentivement le grand geyser et il en a donné la théorie. Voici, d'après M. Tyndall, une expérience qui en reproduit le principal effet.

L'appareil qui sert pour cette expérience est formé par un tube de fer de deux mètres de longueur, surmonté d'un bassin et disposé verticalement. On le remplit d'eau et on chauffe le tube en deux points, d'abord au fond par un fourneau, puis à 60 centimètres plus haut à l'aide d'une grille annulaire (fig. 76). Quand Teau est assez chaude, un jet s'élance dans l'atmosphère; puis l'eau projetée retombe dans le bassin, remplit le tube de nouveau et, après quelques petites détonations, rentre au repos. Un instant après le même phénomène se reproduit. Voilà donc des explosions intermittentes semblables à celles des geysers : expliquons-les.

L'eau située au fond du tube doit bouillir sous la pression le : l'aiDdosphère augmentée de la pression d'une colonne l'eau de deux mètres et par suite à la lbmçét^\.\«fe ^^ W^ ^^-

„Tes L'eau situa i ()0 centiDiMrcs auilcssus n'ayant a MJiicie (juc l'dljnov|ili(.rectiinecolonne il eiu lie liO tentiiiièlrcs, dottbomliii I 105 (legic- (.union Mais SI, loisijuclle \a atteindre I ( tte tenipi.ratiir«, ( lie cefsc lie siipiior- 'ii une lelli près- ■'loii, jiar exemple '^l on supprime l> loloniip de 140 ccn litULtres cette eau 'oit st. convertir intanlincniait en W piui cil ilesLtiiilanl

I 100 dLgru. Car [iii ^it (lut, telle est

II tcinpuilure Ai bullitiun d( I eau sous 1-1)11 essiouordiinue il uiic ilnio-

plièie Collct^ol1S loiiL leau porta.

|ires({iie h 105 dc- „i£.aupoiiit(.cliJiifl^ |>ar Ij grille aiuiu- Jairc et celle du

\a, ^a^^eu^ produite

ÉVAPORATION ET ÉBULLITION. *2i5

soulever la colonne d*eau dans toute la longueur du tube ; bassin se remplira et la couche d*eau à 1 03** sera poussée rs le haut ; elle supportera donc une colonne d'eau inféîure à 140 centimètres et se réduira brusquement en vaur. Cette vapeur achèvera de chasser Teau du tube, et à use de la vivacité de FeiTet, l'eau sera projetée au-dessus du ?siii ; on aura un jet d'eau mêlée de vapeur. Ce jet se reidira dans l'air et retombera dans le bassin en gouttes uides, qui refroidiront ensuite la vapeur restée dans le tube ; ite l'eau du bassin se précipitera dans l'appareil, comme ïs le vide, avec un choc assez violent ; quelques bulles de ►eur poiu'ront se former au contact des parois chaudes ; is elles seront immédiatement condensées au contact des icbes d*eau froide et tout cela entraînera de petites détonais avant le retour du repos. Les sources de chaleur contiint à agir rétabliront la colonne d'eau flans le même état î précédemment ; une nouvelle éruption aura lieu et ainsi suite.

"elle est l'image du geyser. M. Bunsen a mesuré les lemature de leau du grand geyser à diverses profondeurs, et vu qu'elles décroissaient réguUèrement de bas en haut. La che d'eau située à 9 mètres au-dessus du fond, était à X degrés seulement au-dessous de la température d'ébullii qui correspondait à la pression supportée par cette cou- . Il suffisait alors qu'elle fut soulevée de deux mètres r qu'elle pût entrer en ébullition et projeter au dehors te la colonne d'eau supérieure. Quant à la cause de ce souiment, elle est dans la force élastique des vapeurs qui arrit au fond du puits, amenées par les canaux souterrains profondeurs volcaniques où elles se sont formées, lette théorie ingénieuse explique toutes les particularités geysers. L'eau qui l'alimente est chargée d'une matière euse qui se dépose sur les parois du Wç>svw \i\s\fôsvst^ o^^

2S6 LA CUALEIH.

Peau s'évapore. Le bassin s'élève donc progressivement avec lui Touvertuve du puits, ainsi que le tertre qui le ( tient. C'est ainsi qne le geyser a été lentement construit une source d'eau siliceuse avant que les éruptions a commencé. II n'y avait originairement qu'une simple boi de vapeur, et peu à peu un long tube cristallin s'est élevé dessus de cette boucbe. Les éruptions se sont prodi quand ce tube a pu contenir une colonne d'eau suilisami haute, faisant obstacle au jet de vapeur, mais n'empéc pas rébullilion au fond. Plus tird, il viendra un moment par suite de l'augmentation de la longueur du tube, la lonne d'eau sera assez haute pour arrêter toute ébullitior vapeur souterraine trouvera une autre issue et le geyser teindra.

Page 1