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LES ADORATEURS OU FEU

Le soleil est la source apporente de la joie, de la fécondité et de la vie répandues sur toute la nature. Est-il étonnant que l'homme, contemplant la puissance active de cet astre, en ait fait si souvent Tobjelde son culte ! Arrêtant son admiration à ce qui était visible, sans pénétrer jusqu'à la cause qu'il ne voyait pas, il a rendu à l'ouvrage le plus brillant et le plus bienfaisant du Créateur un hommage qui était du à sou auteur. Tel a été le premier essai de religion chez un grand nombre de peuples, et au miheu des superstitions et des fables absurdes issues de Tiguorance, on trouve toujours le culte du soleil et celui du feu, qui est son image. Les anciens Perses avaient plusieurs coutumes fondées sur ce culte ; mais c'est surtout en Amérique que Ton a rencontré, lors de la conquête, des peuples qui adoraietvlXe s^cAavV, k^^^^^^^^^^

(les êtres chimériques, ouvrage de l'imagination et de h crainte, étaient supposés conduire l'univers, les cérémonic^ du culte étaient bizarres et sanguinaires. Mais au Pérou, Ir système de superstition sur lequel les Incas avaient fondé leur autorité était très-différent. Manco-Capac, le législateur des Péruviens, profitant de leur vénération pour le soleil, prétendit que lui et sa femme étaient enfants de cet astre, et qu'ils venaient les instruire en son nom ; il fut écouté et cru, et devint le premier inca ; ses descendants furent apjdé les enfants du soleil, et eux seuls pouvaient monter sur le trône. Là, le culte religieux était tourné vers les objets delà nature, vers la contemplation de Tordre et de la bicnfaisanct* qui existent dans l'univers ; les cérémonies étaient douces et humaines ; on' offrait au soleil les substances que sa chaleur fait produire à la terre, quelques animaux dont on se nourrissait, des ouvrages travaillés avec art. Le caractère des institutions était la douceur, et par suite la civilisation était plus avancée chez ces peuples que chez les autres Américains. Le travail de la terre était en si grand honneur, que les enfants du soleil cultivaient un champ de leurs propres mains, appelant cette fonction leur triomphe sur la terre.

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