A L ÉCRASEMENT DU BULBE
360,7 , Mort.
D'ailleurs les conclusions de cette expérience sont difAdles à dégager, si Ton n'a pas recours aux graphiques que chacun peut construire facilement avec cette expérience.
Ces faits relatifs au refroidissement des cadavres auraient pu être évidemment traités avec plus de détail ; mais ces notions sont suffisantes pour un sujet d'importance médiocre en lui* môme, d'importance considérable par la déduction qu'il entraîne'^ en physiologie générale.
Pendant longtemps on a cru que les activités chimiques pro^ ductrices de la chaleur étaient dues à la fois aux aliments intro* duits dans le sang par la digestion et à l'oxygène introduit par^ la respiration. La vie chimique aurait alors été une combustion^ des matériaux alimentaires par l'oxygène fixé dans le sang.
Cette conception de la vie chimique des organismes semble» décidément inexacte. Ce ne sont pas les aliments qui brûlenl^ dans le sang, ce n'est pas l'oxygène qui détermine leur combus — tion immédiate ; l'oxygène et les aliments ne servent qu'à entre-
tenir la vie normale des tissus, et ce sont ces tissus eux-mêmes qui se consument, se dédoublent, absorbent Toxygène, dégagent de Tacide carbonique, produisent de la chaleur.
Ainsi, le sang, chargé d'aliments et d'oxygène, semble n'être, suivant la parole profonde de Claude Bernard, qu'un milieu intérieur. Renouvelé incessamment par la respiration et la digestion, ce sang va, grâce à la circulation, au devant, pour pour ainsi dire, des différents tissus de l'organisme. Mais enfin, ce n'est pas lui-même qui brûle ; c'est lui qui permet aux tissus de brûler. Les tissus vivent dans le sang, et c'est leur vie, c'està-dire leurs transformations chimiques, qui produit de la chaleur.
Cette vie des tissus est, avant tout, soumise au système nerveux. Nous ignorons comment le système nerveux peut agir sur une combustion chimique ; mais le fait est cependant de toute évidence. Quand on excite un nerf glandulaire, on provoque une sécrétion abondante ; quand on excite un nerf musculaire, on provoque une contraction. De même, quand on excite un nerf qui se rend à un organe, on provoque une activité chimique plus grande de cet organe ; et cette activité chimique est un phénomène de môme ordre que la contraction musculaire ou la sécrétion glandulaire.
Voilà ce que prouvent l'augmentation de température après la mort et les différences du refroidissement cadavérique suivant la cause de la mort.