TEMPÉRATURES DOUTEUSES
TEMPÉRATURE
OBSERVATIONS
AUTEURS
TERMINAISON
Traumatisme de la moelle épinière
Teale.
Brine.
Mahomed.
Mackensie.
Philipson.
Steel.
Ducastel.
Rivington.
Guérison.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Id.
Rhumatisme aigu
Hystérie
Ostéo-périostite
Hystérie
Id
Id
Ostéite d'un moignon d'amputation et pneumonie . .
(1) Voy. la discussion qui a eu lieu à ce sujet à la ClÎ7iical Society of London {Lancet, 5 novembre 1881, p. 796). La malade de M. Mackensie avoua plus tard qu'elle aiait stimulé ces températures en chauffant le thermomètre avec une bouled'eau chaude. Dans cette même séance, M. Riving-ton et M. Hartley ont cité d'autres cas de température paradoxale, peu véridiques.
(2) L'observateur aurait dû ne pas perdre de vue sa malade, et cela n'a pas eu liue.
§ II. — Coup (le chaleur.
Malgré les abaissements ou les élévations du milieu extérieur^ nous restons à peu près uniformément au-dessus de 37° et audessous de 38°.
Nous réglons notre chaleur — et cette étude fera l'objet d'une prochaine leçon plus détaillée — soit en variant notre production de calorique, soit en variant notre déperdition de calorique. Pour résister à la chaleur, notre principale ressource est la transpiration cutanée. Les observations des physiologistes anglais de la fin du dernier siècle ont montré que, dans une étuve humide, on ne peut supporter à beaucoup près la même température élevée que dans une étuve sèche ; car, dans une étuve humide, la transpiration n'est pas possible, et alors il n'y a pas de refroidissement par l'évaporation de la sueur à la surface du corps.
Mais, môme en supposant que la transpiration se fasse bien, ce qui ne semble pas être toujours le cas, la chaleur extérieure peut être encore assez forte pour augmenter la température organique, et cela, dans des proportions considérables.
Nous n'avons pas l'intention d'examiner ici, dans leurs détails, les influences de la chaleur sur l'organisme. Nous nous proposons seulement de savoir à quelles limites compatibles avecla. vie peut s'élever la température du corps de l'homine.
Malheureusement les observations des auteurs à cet égard, avec des températures précises, ne sont pas très abondantes ; et, quoiqu'un grand nombre d'observations aient été prises sur la mort par le coup de chaleur, pour un petit nombre d'entre elles seulement on a bien noté la température. Nous donnons dans le tableau suivant quelques-unes des observations dans lesquelles la température observée a été supérieure à 42°.
On voit que des hommes ont pu survivre à une température supérieure à 43°, 6, encore qu'on doive, ce me semble, faii-c quelques réserves sur ce cas.
On ne peut donc rien conclure pour l'homme, relativement à la limite extrême de la température compatible avec la survie, et, |)ar suite du petit nombre d'observations thermométriques bien I)rises, il nous est impossible de fixer la limite extrême de la vie possible après un coup de chakiur.
Il semble qu'en pareille matière, c'est moins le maximum de l'élévation de la température qui est à craindre que sa prolongation. Une température de 42', pendant deux heures, est vraisem-
blablement plus périlleuse qu'une température de 43° qui ne dure que quelques minutes et qui est promptement et heureusement combattue par une médication appropriée.
N'est-ce pas un fait bien étonnant que cette résistance du corps humain à l'élévation de la température extérieure? Dans quelques pays, la température s'élève à 52°. M. Duveyrier a trouvé 60° à l'ombre, dans le pays des Touaregs. M. Jousset a trouvé 80° à Saint-Louis du Sénégal, dans une boite fermée exposée au soleil. Dans la chambre de chauiffe des navires à vapeur, la température, dans les mers tropicales et dans la mer Rouge, atteint communément 50°, et par exception 69°. Et cependant, malgré cet énorme excès du milieu extérieur sur notre température propre, il n'y a relativement que peu de morts par l'excès de chaleur extérieure ; il faut donc considérer l'organisme humain comme admirablement constitué pour résister à la chaleur, puisque, tout en produisant de la chaleur par lui-même, il peut vivre et se maintenir au milieu d'une atmosphère plus chaude que son corps.
Môme sur la température propre du corps dans les maladies, la température du milieu extérieur n'est pas sans influence, et les fortes ascensions thermométriques, que l'on a parfois constatées dans les fièvres, coïncidaient avec une température extérieure élevée. Wunderlich, dans l'espace de quelques jours, a trouvé 6 fois des températures au-dessus de 42°, alors que le thermomètre à l'ombre marquait toute la journée plus de 30°.
Sans produire le cowp de chaleur mortel, avec d'énormes ascensions de température, la chaleur extérieure amène des troubles organiques notables ; accidents que l'on comprend sous le nom général ù' insolation. Alors survient un malaise général avec céphalalgie atroce, vertiges, dyspnée, faiblesse musculaire, sueur visqueuse, quelquefois délire ; tous accidents dus à la chaleur organique trop forte, vraisemblablement à l'hyperthermie du système nerveux surchauffé.
Il est à remarquer que rarement la chaleur seule produit ces phénomènes. Il faut qu'il y ait, en même temps que la chaleur, un travail musculaire énergique ; marche, exercice violent, ou simplement exercice. Des hommes au repos sont rarement frappés par la chaleur. Aussi le coup de chaleur relève-t-il surtoiit de la médecine militaire. Ce sont les soldats en marche, commandés pour un exercice, avec des vêtements souvent peu adaptés au milieu extérieur, qui sont atteints : ce sont aussi les moissonneurs dans les grandes plaines de l'Amérique du Nord, aux bords
du Mississipi ; presque toujours des hommes qui marchent et qui travaillent.
M. Zuber a constaté sur lui-même qu'une marche forcée d'une demi-heure, au grand soleil, terminée par une course d'une dizaine de minutes, faisait varier la température de l'aisselle de 37" à 38%6. En piochant activement la terre pendant une heure, la température monta un jour à 39°,2. M. Stapiï a constaté des faits analogues, et on pourrait multiplier à cet égard les indications bibliographiques.