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III. Influence du mouvement et du repos

de l’air

Nous passerons maintenant à l’influence du mouvement et du repos de l’air sur la transpiration des animaux à sang chaud. Les recherches expérimentales que nous venons d’exposer sur l’action relative de l’air sec et humide sont de nature à éclairer cette nouvelle question. Les effets de l’équilibre et de l’agitation de l’air ont des rapports intimes avec les faits précédents. La vaporisation continuelle qui a lieu autour du corps des animaux, dans un air qui n’est pas saturé d’eau, leur fait une petite atmosphère particulière, plus humide que le reste de l’air. Or, les courants renouvellent les couches qui environnent immédiatement le corps, et les remplacent par un air plus sec. Il doit donc se produire ici un effet semblable à celui que nous avons constaté plus haut. La présence d’un air relativement sec augmentera la transpiration. Elle diminuera, au contraire, dans un air calme,

parce que les couches» ambiantes, en se renouvelant plus lentement, seront plus imprégnées d’humidité.

Ces effets sur l’économie se déduisent nécessairement des résultats que nous avons obtenus des recherches expérimentales sur l’influence de l’état hygrométrique de l’air. Mais nous ne pouvons adopter ce raisonnement sans examen ultérieur. Nous devons examiner si le mouvement ou le repos de l’air n’aurait pas quelque autre influence qui pût modifier la conclusion précédente. L’agitation de l’air, dans le cas qui nous occupe, ne se borne pas à remplacer un air humide par un air plus sec. La température des animaux à sang chaud élève celle du fluide en contact avec eux; dans les circonstances ordinaires, le mouvement de l’atmosphère substitue des couches plus froides ù» des couches plus chaudes, et enlève par conséquent plus de chaleur au corps qu’il n’en perdrait, toutes choses égales d’ailleurs, par un temps calme. Ce refroidissement tend à diminuer la transpiration, et il reste à savoir si cet effet du mouvement de l’air ne l’emporte pas sur l’autre.

Je laisserai de côté tous les raisonnements qui serviraient à établir de quel côté doit pencher la balance, pour fonder une opinion sur des preuves plus positives. J’ai comparé les pertes par la transpiration dans l’air le plus calme que je pouvais me procurer, et dans l’air modérément agité. Voici les circonstances dans lesquelles j’ai opéré. L’ap-

pareil que j’employais pour les expériences sur l’état hygrométrique de l’air, servait en même temps à einPé(jher, autant que possible, l’agitation de ce fluide. Supposons des animaux placés chacun dans un vase fermé, mais assez grand pour que la respiration ne soit pas gênée; il est évident qu’il sera h l’abri des mouvements de l’air libre de l’appartement, Des animaux de même espèce, placés dans celui-ci, seront donc exposés à un air plus agité. Si toutefois les autres conditions étaient les mêmes, on aurait occasion de constater les effets comparatifs du calme et du mouvement de l’air sur la transpiration. Il n’est pas possible de se procurer le même état hygrométrique dans les deux cas. Dans le vase, la transpiration rend l’air plus humide qu’au dehors, et cette condition suffit pour que la transpiration soit moindre. Si l’on prend le parti de dessécher l’air, elle sera relativement plus grande. Mais nous verrons qu’en suivant ce dernier procédé, nous tirerons de cet obstacle, qui s’oppose à l’égalité des conditions, un moyen de nous assurer davantage des effets de l’air en mouvement et en repos. On a vu comment nous avons évalué les pertes par la transpiration dans l’air sec. Je les ai comparées avec les pertes d’animaux de même espèce à l’air libre de l’appartement, et j’ai trouvé, non seulement sur les mammifères, mais sur les oiseaux, que les pertes étaient plus grandes dans l’air libre de l’appartement. Or, en vertu de la plus grande sécheresse de l’air dans les va-

ses, la transpiration aurait dû y être plus abondante; mais l’air y était plus calme, et la légère agitation de l’air extérieur l’a emporté sur les effets qui seraient résultés de la seule différence de l’état hygrométrique.

Si, malgré cette inégalité de condition, la balance a été en faveur des effets de l’air libre, nous devons en conclure qu’à, plus forte raison cette prédominance aurait lieu de part et d’autre s’il y avait eu même degré de sécheresse.

Nous en trouverons la confirmation dans les expériences sur le même sujet consignées dans la première partie de cet ouvrage. Nous y avons exposé les effets marqués que de légères différences dans les mouvements (le l’air produisaient sur la transpiration des vertébrés à sang froid.

Arrivés à la fin de cette nouvelle série d’expériences sur la transpiration des animaux à sang chaud, nous jetterons un coup d’œil en arrière, pour comparer tous les résultats précédents avec nos recherches correspondantes sur les vertébrés à sang froid.

L’inspection des tableaux de la transpiration dans les différentes classes .d’animaux vertébrés, suffit pour faire voir la similitude des effets produits par les mêmes agents physiques. Cet accord entre les résultats de part et .d’autre fait qu’ils se prêtent un secours mutuel; et la confirmation est d’autant plus grande, que les animaux qui les fournissent présentent les plus grandes modifica-

lions de structure dans réchelle des vertébrés. On ne saurait avoir une plus forte preuve de l’énergie d’une cause dont on veut apprécier les effets, que d’y voir indistinctement soumis des êtres qui diffèrent le plus par leur organisation.

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