LES QUAIS
6i9 CH (VAUX
D Aix 1 066 610 ailô'wt*
/Mr. PU SÈMAPHÛKt BARIA TU TH M/tHSEUiE
Le cours est plus ou moins large, suivant que l’industrie a été plus ou moins prospère.
L’estuaire d’embouchure représente exaclement l’importance de l’industrie en 1905.
Nous ne pouvions pas utiliser pour toutes les industries la même unité de mesure, bien qu’il fût nécessaire de donner la même dimension linéaire aux diverses unités choisies.
Cette dimension linéaire fut le millimètre, correspondant au millier de tonnes pour les industries portant sur des marchandises de valeur moyenne; au million de francs pour les industries portant sur des marchandises de valeur élevée, au millier de chevaux-vapeur et au million de kilowats pour les industries de production de force.
II nous a paru que la création de force à l’aide de divers agents : charbon, pression d’eau ou autre, était une véritable industrie et qu’elle méritait de prendre sa place dans ce travail, à un moment surtout où la production de force paraît devenir une industrie nourricière des autres et d’une importance jusqu’ici insoupçonnée.
Nous devons remercier de leur bon concours tous ceux à qui nous nous sommes adressés pour mener à bien notre enquête et réaliser la pensée de la Chambre. Tous les industriels se rendant compte de l’intérêt présenté par le but poursuivi, ont mis énormément de bonne volonté à seconder la tâche de l’enquêteur et à lui fournir les renseignements les plus circonstanciés et les plus exacts.
M. Huot, architecte, a tracé l’épure d’après laquelle M. Apy a exécuté le graphique et tous deux ont concouru de leur mieux à la réalisation de votre pensée.
Il a été exprimé le vœu que ce graphique fût reproduit avec quelques renseignements sommaires sur les origines de l’industrie marseillaise et sur son développement au cours du xixe siècle et du premier lustre du xxe. Cela pourrait être emporté par les visiteurs de l’exposition et les premiers exemplaires de ce travail devraient, à notre sens, être adressés aux industriels, auprès de qui nous nous sommes renseignés, de façon à leur montrer le résultat d’intérêt général que notre Compagnie a pu obtenir, grâce à leur bonne volonté individuelle.
La diffusion de ce travail servirait d’ailleurs à prouver, par une démonstration pratique , la valeur des principes dont notre Compagnie a tenu à honneur de ne jamais s’écarter.
Il en ressort un enseignement considérable que nous croyons devoir mettre en lumière, car il dément de la façon la plus formelle une assertion qui, souvent répétée, avait fini par prendre auprès de bien des esprits la force de la chose démontrée.
Il s’agit de l’opinion commune que, si l’avènement du régime protectionniste a nui au mouvement commercial de Marseille, il a considérablement aidé à son mouvement industriel.
On appuie ordinairement celle assertion en comparant le chiffre des chevaux-vapeur utilisés dans le département en 1892, à celui de 1905.
Un seul coup d’œil jeté sur le graphique détruit la portée de l’assertion.
La minoterie, après avoir durement subi les atteintes du régime protectionniste, s’est développée dans les deux dernières années, par suite d’une situation mondiale dont le protectionnisme a été impuissant à l’empêcher de bénéficier, mais qui lui aurait autrement profité, si celte industrie, qui est revenue à son mouvement de 1880, avait continué son ancienne progression.
On voudra bien reconnaître que le protectionnisme ne favorise en rien l’huilerie, les industries céramiques, la production des chaux et ciments, etc.
Quelle est donc la cause de la progression? Elle réside d’abord dans la plus grande importance prise par le centre marseillais lui-même, ce qui influe sur la boulangerie, la cordonnerie, le vêtement, etc. Les progrès de l’hygiène ont créé à Marseille des industries importantes, mais c’est surtout dans les applications, toujouis plus nombreuses, de la science à l’industrie, qu’il faut voir la cause du développement de l’industrie marseillaise.
La chimie, tout particulièrement, est venue en aide au travail et nous lui devons la création de l’huile de tcoco comestible qui.
sous le nom de Végétaline , a l'ail dans l'alimentation une entrée triomphante.
Cette industrie mérite une citation à part, à cause de son essor à travers le monde et de son origine marseillaise. Après s’être développée à Marseille, où la Végétaline a été suivie de la Cocose, elle est en train de faire son tour d’Europe, en attendant le tour du monde.
Cette extension donne des craintes à ses créateurs, mais s’ils savent, comme les promoteurs de l’industrie automobile, ne pas demander de protection au Parlement et s’ils ont dans leur ingéniosité, dans leur savoir taire, la confiance que ces qualités méritent, la production marseillaise de l’huile de coco comestible conservera la place prise et l’avance que lui a assurée sou initiative.
Elle est arrivée en huit années à un développement qui lui permet d’atteindre un chiffre annuel de production de 12.000 tonnes valant 10 millions de francs.
J’ai cité l’automobile née des perfectionnements de la mécanique.
Les Filatures et Tissages, créés à la Capelette, acclimatent à Marseille une industrie à laquelle le Nord doit une partie de sa prospérité et, malgré que cette industrie croie devoir demander aide aux lois restrictives dans son pays d’origine, on devra bien reconnaître après un moment de réflexion qu’elle n’a rien à gagner à Marseille à une doctrine qui, en réduisant les échanges, diminue le tonnage des marchandises à emballer.
N’est-il pas vrai que si la minoterie avait une importance double de celle à laquelle elle est heureusement revenue, ce que les circonstances actuelles auraient permis sans les atteintes subies par celle industrie dans les dix dernières années, la vente de la farine et par suite l’emploi des sacs seraient bien plus considérables?
Ces considérations sont de mise pour toutes les industries d’emballage.
Parmi celles-ci, je citerai la tonnellerie mécanique qui, bien que remontant à 1855 pour l’emballage des marchandises solides, a pris tout récemment, par l’emploi des procédés mécaniques pour la construction des luts de liquide, une extension
considérable; or on peut aisément évaluer à cent mille tùts, d’une valeur moyenne de quinze cent mille francs et d’un poids de trois mille cinq cents tonnes, ce que le régime actuel fait perdre annuellement à la seule tonnellerie par les entraves mises à l’exportation des vins communs.
Il nous a également paru que l’édition des journaux constituait une industrie, car elle transforme en produits fabriqués des matières premières qui sont le papier et l’encre d’imprimerie, mis en œuvre par le travail de l’information, de la rédaction et de l’impression.
Les produits chimiques devaient se ressentir tout particulièrement des progrès de la science. La glycérine, qu’on jetait autrefois, est aujourd’hui un produit employé tel quel et la matière première de l’industrie de la distillation des glycérines.
Enfin la production de force qu’a nécessitée à Marseille la création de l’admirable réseau de la Compagnie des Tramways, et, tout récemment, de la Compagnie des Tramways des Boucliesdu-Rhône, est une industrie qui ne doit rien à la protection.
Il est curieux de constater par un coup d’œil jeté sur le graphique, que pas une industrie, nous disons pas une, ne s’est créée dans les cinq années qui sont allées de 1891 à 1896, période de préparation et d’avènement du régime (1).
Par contre, il serait cruel et hélas facile de citer les industries plus spécialement protégées qui n’ont pas prospéré et aussi celles que les droits ont tuées. La distillerie a pu renaître dans ces dernières années, mais non sans avoir subi une éclipse dont elle se ressent encore et parce qu’elle a trouvé une nouvelle matière
(1) Voici la liste clans l’ordre de date des industries créées à Marseille au
cours de la seconde moitié du
xix'' siècle :
Affinage de plomb . .
Literie métallique . ...
Tonnellerie métallique .
Torréfaction de café . .
Vinaigrerie .
Assainissement . .
Préparation du caoutchouc. . . .
Chauffage, ventilation .
Raffinerie de pétrole .
Teinturerie .
Glace artificielle .
Boîtes métalliques .
Silicate vitreux . .
Distillation de la glycérine. . .
Cachets énazymes .
Graisse alimentaire. . . . .
Filatures et tissages .
première en remplacement de celle qui lui avait été brutalement enlevée.
Ce n’est pas dans un intérêt de doctrine que nous faisons ces constatations, mais pour justifier les persévérantes affirmations de notre Compagnie, qui ne s’est jamais laissé abuser par les fallacieuses promesses du protectionnisme et à qui on n’a pas toujours entièrement rendu justice à cet égard.
Valeur de la production industrielle de Marseille de 1830 à 1905
Tableau N° 1