I. — Travaux d’Assainissement et d’Assistance médicale
Actuellement, les travaux d’assèchement de Saint-Louis sont entièrement terminés ; plusieurs quartiers, qui étaient à l’état de marais croupissants, ont déjà pris l’aspect de belles promenades publiques plantées d’arbres, et la construction des égouts et canalisations diverses se poursuit avec activité depuis le commencement de l’année en cours.
L’assainissement de Dakar est également en bonne voie. Les ravins situés à l’intérieur de la ville ont été comblés et ont fait place à un système de chaussées qui constitueront les grandes artères de la ville.
Quant aux égouts, la portion principale comprenant les grands collecteurs est achevée et les branchements secondaires sont très avancés. Ajoutons que la création d’un hôpital indigène est prévue sur les fonds du dernier emprunt.
D’autre part, les marigots qui entouraient la ville de Rufisquc ont été comblés ou régularisés, et le réseau d’égouts sera bientôt commencé.
Enfin, un grand hôpital doit être construit prochainement à Bamako, la nouvelle capitale du Haut-Sénégal et Niger, et un certain nombre de centres vont être dotés d’une installation type Groupe médical indigène, installation qui comprend un dispensaire, une pharmacie, une salle d’opérations, une infirmerie et le logement du médecin.
IL — Travaux d’aménagement des ports
Saint-Louis. — Le plan prévu pour Saint-Louis consiste à refaire les terre-pleins, à agrandir les quais et à effectuer certains aménagements de moindre importance. On s’était borné jusqu’ici à refaire sur une longueur de 500 mètres environ une partie des quais Nord, mais actuellement on est en train de construire
deux appointements, l’un sur le rivage de l’île, l’autre en ciment armé à Sor, et d’aménager une cale de halage.
Dakar. — Lors du premier emprunt (1903), le port de Dakar n’existait que de nom. Aussi, le projet dressé à cette époque comprenait-il : 1° la construction de deux môles de 300 mètres de long sur une largeur respective de 80 et de 100 mètres, reliés par des quais d’une longueur d’environ deux kilomètres creusés partie à 8 mètres de profondeur, partie à 6m 50 ; 2° le remblaiement d’importantes étendues de terrains derrière les môles, de manière à gagner sur la mer 21 hectares de terre-pleins ; 3° le dragage de deux grandes darses ; 4° enfin la construction d’ouvrages accessoires, appontements, hangars, magasins, canalisations, etc. Les travaux ont commencé vers la fin de 1904, et les quais sont livrés au commerce au fur et à mesure de leur exécution. Les voies ferrées, les grues, les hangars sont aménagés simultanément, de façon à éviter tout retard. Etant donné l’activité déployée par les entrepreneurs, l’ensemble des travaux sera sans doute achevé au début de l’an prochain.
On s’est également préoccupé d’améliorer l’éclairage des abords, c’est-à-dire de la presqu’île du cap Vert, au moyen de phares et de feux plus puissants. D'autre part, les moyens d’adduction d’eau à Dakar étant à peine suffisants, l’obligation d’alimenter les navires de commerce ou de guerre qui viendront faire escale dans le port a nécessité la recherche et le captage de nouvelles nappes d’eau douce, à l’aide desquelles on obtiendra une distribution supplémentaire de 4.000 mètres cubes par jour.
On pourra juger par le tableau suivant, extrait du Compte Rendu, de l’accroissement du trafic du port de Dakar depuis quelques années :