AGRANDISSEMENTS
Le but vers lequel tend la photomicrographie est en lui-même un agrandissement direct de sujets
d'histoire naturelle ; les agrandissements delà photographie commune ne se font qu’intermédiairement sur un petit cliché obtenu à cette fin trèsnettement, et avec une intensité en rapport avec les besoins photographiques. La théorie qui régit les agrandissements est la môme de part et d’autre : ce n’est qu’au détriment de la netteté qu’on gagne en
grossissement; aussi, on ne peut espérer atteindre
des dimensions extraordinaires, en faisant plusieurs agrandissement ssuccessifs ; au second déjà, tous les traits principaux se perdraient dans la confusion. En pholomicrographie, on sera sobre des agrandissements : elle ne s’y prête que dans des proportions restreintes; dans un portrait ou un paysage, un certain moelleux ne nuit pas, il contribue à donner de la douceur dans les ombres d’une tête, sans détruire la ressemblance, et de l’harmonie au paysage ; mais pour la traduction d’un sujet délicat appartenant aux sciences naturelles , la précision en fait toute la valeur; déjà il a perdu une partie de celte qualité, si l’on a poussé le grossissement jusqu’aux dernières limites, comme il arrive le plus souvent, tandis qu’en photographie le sujet est eonsidérable-
menl diminué. Ce n'est du reste dans la pratique, qu’en produisant un très-petit négatif, qu’on est parvenu à faire des portraits presque grandeur naturelle après agrandissement ; avec des objectifs très-grands, on n’aurait pu y parvenir.
Pour produire un négatif destiné à l’agrandissement, il est indispensable qu’il soit rigoureusement mis au foyer en se servant d’une loupe, et qu’ensuitc il soit développé suivant un tel degré d’intensité, que la lumière puisse passer à travers tous les détails les plus fins, sans cependant ne pas manquer d’accuser tous les contours ; trop dur, l’éclairage ne pourrait se faire ; trop transparent, l’image se formerait sans netteté. Le juste milieu à tenir demande beaucoup d’expérience pratique dans ce genre de développement spécial, qui est totalement dissemblable de celui des négatifs destinés au tirage positif. La réussite capricieuse des agrandissements photomicrographiques, dans laquelle échouent les plus habiles, ne sera tentée qu’avec réserve, les épreuves directes répondent, dans la plupart des circonstances, aux besoins scientifiques les plus nombreux, et ont une valeur supérieure d’inaltérabilité.
La chambre solaire usuelle des photographes est l’appareil le plus convenable pour agrandir des négatifs d’objets microscopiques ; on rentrera alors dans toutes les conditions de ce travail courant du ressort de cette branche de la photographie. A défaut d’appareil, on peut user d’un subterfuge, en se servant du microscope lui-même, avec un objectif trèsfaible, en le prenant comme chambre solaire , dont il n’est en réalité qu’une modification dans le système optique. A cet effet, on fera sur des lamelles de verre de dimensions concordantes avec celle de la plaline, et même sur des porte-objets, un petit cliché d’agrandissement, sur lequel on placera la partie inévitablement très-restreinte du sujet à l’étude , mais souvent très-suffisante comme surface, puisquel’on peut obtenir directement les dimensions inférieures de l’ensemble. Afin d’arriver à un ré sultat satisfaisant, on fera bien de prendre plusieurs petits négatifs avec l’objectif fort, dans le but de choisir celui qui conviendra le mieux à la seconde amplification avec l’objectif faible.