LE COMTE, LAURENCE
LE COMTE, à part, souriant. II est charmant! Il me laisse en tête-à-tête avec sa femme. Pauvre petit duc !
LAURENCE. Je VOUS remercie, monsieur, d'avoir bien voulu vous prêter à l'exécution de nos projets sans les connaître.
LE COMTE. Comment donc, madame! ne savez -vous pas que vous pouvez toujours compter sur moi?. . . Et puisque nous avons tous les deux le même secret à garder.. .
LAURENCE. Oh ! pour une heure seulement.
LE COMTE. Une heure?
LAURENCE. Ouî, dans une heure monsieur de Chavigny saura que je suis sa femme, et je lui dirai tout.
LE COMTE, étonné. Tout?
LAURENCE, gravement. Sans rien excepter, monsieur.
LE COMTE. Rien?... oh! c'est aller bien loin !
Air du Domino noir.
Oui, j'en conviens, Je sais combien Une femme fait bien De tout dire à l'époux Triste et jaloux; Mais cependant Il est prudent De lui cacher souvent, Et dans son intérêt.
Certain secret.
Lui direz-vous, moment fatal !
Qu'à Saint-Germain, la nuit du bal, Quand chacun accourait à son joyeux signal, La mariée en cet instant, Seule, hélas! et le cœur tremblant, Se désolait?
L'époux fuyait L'amour qui l'attendait ; A sa place, en secret, Quelqu'un veillait !
Taisons-nous!... pour son bien, H faut, et vous le voyez bien, Qu'un mari ne sache rien.
MAGASIN THÉÂTRAL