‹ La ChampagneChapitre 130 sur 166 · ST · texte numérisé non relu

ST

Variations de la Natalité et de la Mortalité

( Proportion p.1 000 habitants )

parPériodes dans le Cours du XIX®Siècle

Natalité

DEPARTEIWENT DE L’AUBE

DÉPARTEWENT DELA IVIARNE

Les moyennes de 180J-WW;I831 -1840 sont empruntées a Levasseur (La Population française t.ll.p 23 sqq.156}; celles de 1852 à 1896 à l'Album de M'i Cauderlier : Lois delà population en France. Paris. 1902. -Celles de 189/ à 1900 proviennent des statistiques annuelles.

NAMCr.UTH B CA CRR LSVBAUkî B C<*

LA. POl’UL.mOX

mais si les statistiques attestent une diminution légère de la mortalité, depuis le début du xix' siècle, elles dénoncent, par contre, un fléchissement supérieur de la natalité. Les variations de la fécondité légitime (nombre des naissances pour 100 femmes mariées de quinze à quarante- cinq ans) mettent en pleine lumière le jdiénomène de la natalité et son évolution dans les départements champenois vers la fln du xix' siècle (') : elles manifestent une tendance à la diminution. Dans l’Aube et la Marne, les coefficients de fécondité légitime les plus élevés se rapportent à la période consécutive de la guerre francoallemande (1871-1881 à 1881-1886) qui correspond à l’essor de la ville de Reims, à la plus grande prospérité de la bonneterie à Troyes et dans son rayon industriel. La baisse de la fécondité qui caractérise, dans les deux mêmes départements, les époques suivantes, coïncide à la fois avec les effets de la crise agricole, l’invasion du phylloxéra dans le vignoble champenois, le malaise résultant, pour la population ouvrière, de la concurrence industrielle, du resserrement par le protectionnisme des débouchés ouverts aux produits des grandes industries textiles champenoises.

La mortalité infantile, bien que décroissant sensiblement dans la Champagne, se maintient encore à un taux assez élevé, supérieur à la moyenne de la France, qu’elle doit à la forte proportion des décès de cette catégorie fournie par les grandes agglomérations urbaines de Troyes et de Reims, où la mortalité sévit sur les enfants en bas â.je dans la classe ouvrière (•) : c’est ainsi qu’est entravé l’accroissement de la population en Champagne.

On remarque que l’excédent de la mortalité sur la natalité est, dans la région champenoise, en rapport avec une nuptialité assez faible, affectant une tendance à la décroissance (^). Les statistiques départementales n’ont qu’une valeur documentaire d’ensemble ; celles qui portent sur les arrondissements, les cantons et les communes, si incomplètes et si disparates qu’en soient les séries, permettent de saisir de plus près les phénomènes démographiques, notamment leurs rapports étroits avec les conditions variables du milieu géograjihique et économique; elles ont l’avantage de faire ressortir des

1. Cf. à l’appendice le tableau numérique de la uatalitô et de la mortalité dans les départements de la réjfiou cbampenoise dans le cours du xix< siècle (proportion pour 1 000 habitauts des naissauecs et des décès). [Tableau C.]

2. A Reims, la mortalité infantile toud à diminuer;, d'après le D' (TtrRLLioT, la proportion pour 1000 naissances des décès d’enfants a été par périodes ; 1876-1880, 282; 188l-l88.>, 272; 1886-1800, 26^; 1891-1895, 250 (Portbvin, L*Économie êoeiale dans le département de la Marne, p. 130-131).

3. Pour la période décennale 1888-1897, la proportion djs mariages pour 1 000 habitauts était : dans l'Anbe, 7,2; dans la Marne, 6y6, inférieure à la moyenne de la France, 7,1 {Statietique générale de la

contrastes assez sensibles entre les différentes parties de la région champenoise. C’est ainsi que d’après les tableaux dressés par le docteur Antony pour les arrondissements, cantons et communes de la ]\Iarne ('), le Vignoble de la montagne de Reims et les centres urbains où le développement de la grande industrie a contribué à l’extension du bien-être parmi la population ouvrière, se distinguent par une natalité relativement forte; entre les périodes 1830-1838 et 1876-1885, le Hécbissenient de la natalité apparaît moindre dans les deux arrondissements vinicoles et industriels d’Epernay et de Reims, les plus riches de la l\Iarne, que dans ceux de Clnilons, Sainte-Menehould et Vitry, plus spécialement agidcoles et moins fortunés ('). Dans l’arrondissement de Reims, les cantons de Reims et du Vignoble (Ay, Verzy) ont une natalité plus forte que ceux de Châtillon, Bourgogne et Beine, moins favorisés sous le rapport de la richesse.

Les statistiques démographiques urbaines confirment, en les précisant, les moyennes réalisées pour les arrondissements et les cantons. La natalité est supérieure à la raoi’talité dans quelques localités industrielles d’importance moyenne ou médiocre , plutôt rurales

France^ t. XXVll, 1897, p. 80). Les variations de la niatrimonialité (nombre de mariages pour 100 fom« mes célibataires de quinze à quarante-cinq ans) fournissent dei indications très signiücatives sur le mouvement en quelque sorte régres^^if de la population champenoise.

Variation» de la matrimonialitè.

pKKiones.

AVBR.

MAKXK.

D’après Cauderlirr, Le» Loi» de la population en France, gr. in«8‘', Paris, 11^02, avec un atlas de démographie statique et dynamique. Cf. à l’appendice les tableaux relatifs à la nuptialité des départements champenois. (Tableau D.)

1. Finie» statistique» et médicale» »ur le recrutement dansle département de la Marne, in-8<^, Reims, 1881, p. 15*17, et Annuaire démographique de la ville de Ueiin»t 1883 et 1886. (Ces statistiques portent sur les périodes 1830*1838, 1853-1879 et 1876-If85.) Cf. à Pappeudice les tableaux K, F, se rapportant à la natalité et à la mortalité dans les arrondis>emeuts cl les cantons.

2. Dans l’ensemble du département de la Marne ^période 1876*1885), la nuptialité urbaine (7,53) dépasse la nuptialité rurale (6,99); la forte proportion de la nuptialité dans les arrondissements de Reims et d’Ëpernay correspond à un excédent symétrique de la natalité sur la mortalité.

}^uptialité dan» la Marne {période J876‘I885}.

ARROKDISSSMRXTS.

Reims 8,03

Kpernay 8,01

Vitry 7,08

Saiute*Mcnchould 7,01

Cbàlons 6,19

DliPOPULATlON DES CAMPAGNES

qu’urbaines ( Koinilly- sur-Seine, Warmeriville , Suippes), clans les principaux centres du Vignoble (Épernay, Ay, Avize)[‘], tandis que les grands centres industriels, Troyes, Reims, Saint-Dizier , où les conditions sanitaires résultant de ragglomcration de la population et surtout de l’alimentation en eau potable sont plus ou moins défectueuses, la natalité, assez forte, ne compense pas toujours les pertes dues à la mortalité. Partout où l’activité industrielle est faible ou décline (Cbrdons, Sens, Provins, Retliel, Arcis-sur-Aube, Pont-Faverger), dans toutes les petites villes qui ne sont plus guère que des marchés agricoles où le petit commerce local n’est alimenté que par des garnisons (Sainte-iMenehould, i\Iontereau, Sézanne, Vertus, ^"ouziers, Mourmelon, Joigny, Vitry), les décès l’emportent sur les naissances dans des proportions variables ; les circonstances économiques expliquent, dans tous les cas, les variations de la fécondité. Quant à la baisse générale de la mortalité, résultant d’une amélioration des conditions hygiéniques, elle paraît entravée par les progrès de l’alcoolisme (^).

Ce qui ressort nettement de tous ces phénomènes démographiques, c’est l’infériorité des centres ruraux sur les agglomérations urbaines sous le rapport de la natalité et de la nuptialité C). Cette infériorité

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