‹ La ChampagneChapitre 97 sur 166 · OCTOBRE · texte numérisé non relu

OCTOBRE

2 ' fl ,

, Tagnou (Champagne Pouilleuse) .

1 Cerisiers (Forêt d’Otho)

! Sermaize ((’hampagne Humide) . .

1 Châtel-Cliêhéry (Argonue) ....

1 Faissault (au nord de l'Aisne). . .

1. Ou peut comparer les moyeuucs figurant sur ce tableau avec celles d'autres stations, portant sur diverses périodes et publiées, soit daus le Manttel hydrologiqut du ha$»in de la Seine, soit dans le résumé des observations du service hydrométriqne, dans les Annale» du bureau centrai (1895, t. I, p. 186*187, par M. âmoot\ soit dans \e liullet. de la Soe. d’hiet. natur. de lîeim», t. VII, 1898, p. 140 (moyennes de 18 stations du département de la Marne, se rapportant à la période 1881*1896, par J. Lac* bbnt). Cf. à rappeiidioc le tableau B.

2. La comparaison dus fractions pluviométriques mensuelles (exprimées en millièmes) calculées par M. Angot pour un certain nombre de stations de la France du Nord (A. B. C. Jf., 1895, t. 1) confirme ces relations entre les hauteurs mensuelles de pluies.

LES PLUIES

Cette répartition mensuelle des pluies peut être interprétée de la façon suivante: les pluies des quatre premiers mois de la saison froide sont relativement peu abondantes en Champagne, parce que les précipitations atmosphériques de cette période de l’année résultant du refroidissement diretît des vapeurs apportées par les vents océaniques diminuent de plus en plus à mesure qu’on s’éloigne du littoral, si ce n’est dans les pays montagneux et boisés, comme le iNIorvan (‘), par suite de l’abaissement nonnal de la tempéi’ature moyenne. La recrudescence des pluies de la saison chaude, à partir de mai, est essentiellement d'origine orageuse: ces pluies des mois d’été sont dues au refroidissement rapide par détente qui-accompagne les fréquents mouvements ascendants de l’air à cette époque de l’année, conséquence des dépressions barométriques et des orages. Durant l’été, les pluies gagnent de plus en plus vers l’intérieur du continent, par conséquent dans l’est de la France. A partir d’août et septembre, le phénomène inverse commence à se dessiner; en octobre, le refroidissement graduel des pays éloignés du littoral provoque, il est vrai, une recrudescence dans la condensation des vapeurs atmosphériques, d’autant que l’humidité relative de l’air est alors plus considérable qu’au début de la saison chaude. i\Iais en novembre, l’abaissement général de la température coïncide avec une régression des pluies de l’intérieur vers les zones côtières.

L’évaluation du nombre des jours de pluie, et son rapport avec la quantité tombée annuellement, ne doivent pas être négligés : les différences assez sensibles que l’on constate entre les coefficients journaliers de pluviosité d’un certain nombre de stations sont en rapport avec les particularités topographiques qui caractérisent chacune de ces stations.

Groupement de quelques stations de la région champenoise avec indication de leur altitude et de leur coefficient pluviométrique(-).

Falaise tertiaire.

Sézanne 140 mètres 4“"”, 39

Vertus 109 — 4 G3

Pierry 90 — 4 91

Jouchery-sur-Vesle ... 80 — 4 09

1. Hauteur nieusucllc des pluies aux Settons (Morvau, ait. 595 môtrcs) pour la période 1859’1S98: Nov. Déc. Jauv. Févr. Mars. Avril. Mai. Juin. Juillet. Août. Sept. Oct.

2. Lies cocflRcieats des stations de la falaise tertiaire se rapportent à la période 1881-1896 (cf. Tratt.

Champagne crayeuse.

Fay

Troyes

Arcis-sur-Aube . .

Châlons-sur-Marne

Suippes

Forêt d’Othe.

Joigny

... 79 mètres

0mm

Cerisiers ....

Saint-Mards . . .

Chailley

Champagne Humide.

Chessy

0mm

Vosnon

Rumilly

Wassy

Sermaize ....

Argonne.

Châtel-Chéhéry. .

. . . 142 mètres

Grandpré ....

Montfaucon . . .

Pays

au nord de V Aisne,

Faissault ....

^mm

Remaucourt , . .

Les stations de la falaise tertiaire, plus ou moins abritées contre les vents pluvieux, celles des vallées et des plaines dénudées du terrain de craie, ont des coefficients de pluviosité inférieurs à ceux des stations du pays d’Othe, de la Champagne Humide, de l’Argonne, du pays situé au nord de l’Aisne, où une altitude généralement plus élevée, une configuration plus accidentée, le déveloj^pement considérable des surfaces boisées combiné avec l’humidité du sol, déterminent des averses sinon toujours plus fréquentes, du moins plus copieuses. Le massif d’Argonne paraît aft’ecté par un nombre de jours pluvieux (Châtel-Chéhéry 191, Montfaucon 160) sensiblement supé-

de VAcad de Reimê, t. CllT, p. 190); celui de Vassy à la période 1865-1880 (J/annet hydrol, du hatsin de la SeinCf p. 89); tous les autres out été calculés par nous pour la période décennale 1893-HH)2.

LRS ORAGES 193

rieur à celui de la Champagne Pouilleuse (CMiâlous 137, Saiiit-Oulph 129).

Les averses les plus abondantes sont dues aux orages de la sai.son chaude ('). 11 arrivje parfois, en été, que des orages se forment sur place en Champagne, et n’ont pas d’autre origine cpie l’influence de la saison combinée avec celle de la conflguration du sol ; les accidents de terrain de quelque importance sont en ett'et capables de déterminer une inégale répartition de la chaleur solaire et de la vapeur d’eau contenue dans ratmosphere, qui prépare des perturbations plus ou moins importantes : ainsi dans le massif boisé de l’Argonne, où les manifestations orageuses pai’aissent plus fréquentes que dans les l>laines découvertes de la Champagne Pouilleuse (-). Mais ces phénomènes isolés sont plutôt rares, car les orages dépendent ordinairement des conditions atmosphériques régissant une vaste région. En Champagne, où les formes chi relief sont très atténuées, les orages coïncident normalement avec l’arrivée de bourrasques sévissant sur toute l’Europe occidentale. La propagation de ces orages n’est pas toujours régulière et leurs trajectoires ne suivent pas nécessairement les lignes principales du relief; leur direction normale est ouest-sudouest — est-nord-est. En général, quand un orage se produit dans la partie occidentale du bassin de Paris, c’est au plus tard vingtquatre heures après qu’il s’étend à la région champenoise. Il arrive accidentellement que de véritables cyclones, dont la vitesse de translation est considérable, traversent en quelques heures tout le pays situé à l’est de Paris jusqu’à l’Ardenne et aux Vosges (^).

Kelativeraent à Vétat hygrométrique , la Champagne peut être

1. Kicemplcs : le 13 juillet 1887, 56 millimètres d’e.-m à .8.siut-M;ir<l-3ur-le-Mont (Marue ; le 3 octobre 1888, 52 millimètres, eu sept heures. A Chessy (Aube), le 23 juin 1891), 118 millimètres, la plus forte pluie de vingt-quatre heures observée dans le bassiu de la Seine {Service hydrom. de la Seine, résumé des observations, aiiuec 1899, p. 12).

2. yoiabre moyen de journée» orageuee» par année (période décennale lS:i2-t!,0I).

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