LA CHANSON DE FORTUNIO FORTUNIO
Pardieu! ce n’est pas à mon bonnet que je parle.
VALENTIN, il part.
Est-ce qu’il se douterait... Je tremble comme un voleur. Je ne lui ai pourtant rien volé j usqu’ic».
FORTUNIO, à part.
Je me souviens que, lorsque maître André me regardait en face, il me passait des brouillards devant les yeux. Voyons s’il a des brouillards. (Haut.) Eh bien?
VALENTIN
Eh bien ! monsieur, je vous regarde.
Et pourquoi me regardez-vous?
VALENTIN
Mais, monsieur, c'est vous qui m’avez dit.. j
Je le sais bien, (a part.) Pas le moindre tressaillement. Ce petit bonhomme est bien fort. (Haut.) Monsieur Valentin !
VALENTIN
Monsieur Fortunio?
Montrez-moi vos escarpins, (vatentin fait mine de s’en aller.) Vous me comprenez fort bien : montrez-moi vos escarpins ! (il regarde les souliers de Valentin.)
VALENTIN, à par*..
Je suis perdu !
FORTUNIO, à part. 9
C’est pourtant bien la mesure... (liant.) Monsieur Valentin! croyez-vous à l’immortalité de l’âme ?
Oh ! oui, monsieur !
VALENTIN
Eh bien ! vous savez afors que les crimes dont vous ne serez pas puni pendant votre vie, vous les expierez après votre mort.
Des crimes ! (a part.) Ah! mon Dieul il sait tout! (Haut.) Que voulez-vous dire?
Rien de plus!... Monsieur Valentin, la jeunesse est audacieuse, mais la maturité est clairvoyante... A bon entendeur , salut! Allez. (Valentin va pour sortir, — Le rappelant.) Ah 1 monsieur Valentin ?
VALENTIN
Monsieur?
La maturité est clairvoyante , pensez-y... (a part.) Cepeiitbonhomme est plus fort que moi!... (Haut.) Pensez-y! (il sort.)