‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 195 sur 303 · Traduit d'après la correction proposée au v · texte numérisé non relu

Traduit d'après la correction proposée au v

3. Traduction fort aventurée; p.-ô. cristal désigne-t-il, non renseigne mais le heaume de Simon. P.-ô. encore pourrait-on songer au • lion crôté » dont il est souvent fait mention comme terme de comparaison dans les chansons de geste. Il n'y a rien à tirer de Fauriel : c chevauchant Lion, son bon cheval » (!).

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louse. Ils arrivèrent aux prés. Son frère vint à sa rencontre avec maint autre personnage , et là où ils se présentèrent règne un cordial amour. [6260] Frère, » dit le comte, « comment se fait-il que vous n'ayez pas fait pendre les traîtres déloyaux , confondre la ville et incendier les maisons? — Frère, » dit le comte Gui, c nous ne pûmes faire autre chose [que ce que nous avons fait]. Nous attaquâmes la ville et pénétrâmes dans ses murs, [6265] de façon à engager le combat avec eux dans les rues , et là nous trouvâmes des chevaliers, des bourgeois, des artisans1 qui avec masses, avec piques, avec coignées tranchantes, en poussant des cris, en nous portant des coups mortels, vous ont par notre intermédiaire transmis vos cens. [6270] Gui*, votre maréchal, peut bien vous dire quels marcs d'argent ils nous donnaient du haut en bas des fossés3! Par

1. La distinction des citoyens de Toulouse en chevaliers (ou nobles), bourgeois et artisans, déjà indiquée au v. 2996 (où toutefois les chevaliers ne sont pas mentionnés), ne figure pas dans les chartes toulousaines, mais n'en est pas moins très-réelle. Ces trois ordres formaient Vuniversitas ou communauté : « la com- « mune, l'université, comprend trois classes de citoyens, savoir : c 1° les milites, ou hommes de guerre ; 2° les burgenses ou les c cives ; 3* les populares, menu peuple. » (Clos, Recherches sur le régime municipal dans le midi de la France, dans les Mémoires présentés à VAcad. des Inscr., 2e série, III, 288 ; et p. 64 du tiré à part.) On retrouve aussi à Perpignan la division des citoyens en trois classes ou mains ; voy. Henry, Rech. sur la constit. munie, de Perpignan, dans les Mémoires précités, 2e série, I, 235 et suiv.

3. Le sens de c fossé » est hypothétique. P.-é. faudrait-il traduire canal, dans tous les cas où il se rencontre dans le poème (voy. le vocab.) par c chemin » ; voy. Du Gange, canalis. La trad. de Fauriel f de dessus les toits • est un peu libre.

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la foi que je vous dois, il n'y a si vaillant qui, lorsqu'ils nous jetèrent dehors par les portes de la ville , n'eût préféré la fièvre ou bataille en champ ! — [6$75] Frère , » dit le comte , t c'est une honteuse affaire, quand des hommes sans armes nous ont tenu tète. Que je perde à tout jamais l'aide de Dieu et le secours de saint Martial, si je laisse décharger sommier ni harnois ni tonneau, jusqu'à [ce qu'on puisse le faire] dans la ville même, sur la place du marché! — [6280] Sire comte, » dit Alain, n'allez pas si loin! votre serment vaut autant que rosée1, car, par la foi que je vous dois, il va nous falloir parler sur un autre ton. Et si vous comptez franchir les murs, les sommiers ne seront pas déchargés jusqu'à Noël, [6285] car, par le corps saint Pierre! n'était qu'ils se montrent faux à notre égard, je dirais que vous n'avez «jamais vu hommes plus solides au combat. > Ensuite vint la foule des riches barons, par dessus tous le seigneur cardinal, l'archevêque* et l'évèque8, avec la mitre et l'anneau , [6290] avec la croix et la crosse et les missels. Il (le cardinal) parle et sermonne, et dit avec autorité : c Seigneurs, le roi spirituel vous c fait savoir à tous qu'en cette ville est le feu de c l'enfer, qu'elle est comble de péchés criminels, c [6295] car entre ses habitants séjourne leur sei- « gneur ; et quiconque la combattra sera sauvé devant t Dieu. Vous reprendrez la ville, occuperez les maic sons; que nul, homme ni femme, n'ait la vie sauve;

1. Comparaison proverbiale qui reparaît au v. 6588 et qui existait en anc. fr. : voy. Tex. de Rutebeuf que cite M. Littré, rasée.

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