‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 203 sur 303 · Fort douteux ; voy. au 1. 1, la note du v · texte numérisé non relu

Fort douteux ; voy. au 1. 1, la note du v

4. La pougeoise, originairement denier du Puy, était une monnaie de très-peu de valeur. D'après une charte d'Alphonse de Poitiers (1253) il en fallait quatre pour faire un toulousain (Du Gange, IV, 530 a et V, 328 a), c A la croix » est une traduction hasardée de de creis.

5. Cette interprétation, qui est celle de Fauriel et de M. Ghabaneau (Revue des langues romanes, 2, 1, 204), sans être très-sûre, a sur celle à laquelle je m'étais d'abord arrêté (voy. au t. I la note du v. 6430) l'avantage de n'exiger qu'une très-légère correction : a pour e.

c louse, accomplie en tous biens, chez qui règne c Parage, s'accordant avec Merci, comme vous avez t bien, à l'aide de droiture, chassé orgueil! > [6440] Les Français s'en retournent tristes, furieux et dépités, et les barons de la ville sont restés glorieux, car c'est Dieu et droit qui régnent.

C'est Dieu et droit qui régnent en réalité comme en apparence; orgueil et démesure, tromperie et mauvaise foi [6445] ont été vaincus avec l'aide de droiture, car loyauté a triomphé. C'est que le comte de Toulouse avec son peu de monde, avec heureuse fortune, et avec peu d'armes, a recouvré Toulouse et reçu les serments; et les hommes de la ville, travaillant avec allégresse à la défense [6450] se sont retrouvés, pleins de joie, sous leur seigneur légitime.

Cependant le comte de Montfort mande les médecins savants pour faire des emplâtres et des onguents, et ramener à la vie les blessés ; et le cardinal appelle les prêtres [6455] pour veilla* à l'enterrement des morts. La nuit entière se passa pour eux en soucis croissants, et, au lever du jour le conseil se tint au château Narbonnais, dans la tour antique, en. la salle pavée, [6460] devant Gui de Montfort grièvement blessé. Le comte et les ducs et les principaux barons, avec eux la comtesse, parlent en secret : c Seigneurs, » dit le comte, € j'ai bien raison d'être affligé, quand c en peu d'instants je vois blessés mes parents, [6465] c et ma vaillante compagnie, et jusqu'à mon fils. Si

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je perds ici mon frère1 et demeure seul, ce sera pour toute ma vie un double tourment. Je défends la sainte Église et ses mandements, la Provence était mienne, avec tout ce qui en dépend, [6470] et c'est pour moi un sujet d'étonnement comment Dieu peut permettre, comment il peut lui plaire que je sois honni, moi, son serviteur obéissant, comment il m'a laissé détruire par ses adversaires. — Comte, > dit le cardinal, c n'ayez crainte : [6475] votre esprit est saint et patient, et pour cela vous recouvrerez la ville, et bientôt. Et qu'il n'y ait église, hôpital ni saint f qui puisse leur donner asile, et les empêcher de recevoir la mort, tous ceux de là-dedans! Et si aucuns des nôtres y trouvaient la mort en combattant, [6480] moi et le saint pape nous leur garantissons qu'ils porteront couronne à l'égal des saints Innocents. — Sire comte, > dit Alain, c vous paraissez fait pour vaincre, mais dans le cas présent vous n'avez pas réussi, car Dieu prend en considération les cœurs et la conduite ; [6485] c'est l'orgueil, la fierté, l'outrecuidance qui ont changé les anges en serpents. Et c'est parce qu'orgueil et dureté se sont emparés de vous, parce que merci vous est indifférente, et que discrétion vous ennuie, que vous aimez ce qui est triste et ce qui est lâche, [6490] à cause de tout cela vous est poussée une si grosse surdent qu'il y aura de quoi rogner pour vous comme pour nous. Et le Seigneur qui gouverne et rend de justes arrêts, ne trouve pas bon, ne peut

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