‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 254 sur 303 · Ci-dessus vv · texte numérisé non relu

Ci-dessus vv

2. Idée plus d'une fois exprimée dans le poème, voyez par ex. v. 6513.

c jamais unis. À l'aube du jour nous sortirons par les

€ escaliers1

[8330] Toute la nuit leur ardeur croit. Ârnaut de Villemur, dur guerrier, fait armer les meilleurs chevaliers, les bonnes compagnies, les vaillants soudoyer s; [8335] ils garnirent les lisses, les fossés, les plates-formes, d'arbalètes à tour, de bons arcs à main, de carreaux, de flèches, de pointes de fer(?). Au dehors, à la gauche, Estout de Linars, attentif et industrieux, [8340] fit occuper les escaliers, fortifier les sentiers, les débouchés, les chemins de traverse. Et lorsqu'ils furent assemblés, il fut convenu que les hommes de la ville et les seigneurs concourraient ensemble à la prise de la chatte. [8345] Bernart de Gasnac, qui sait bien parler, les exhorte et les éclaire par de sages paroles : c Barons toulousains, voici vos c ennemis, qui vous ont tué fils et frères, qui vous t ont causé maints soucis. Si donc vous les pouvez c occire, ce sera pour vous tout avantage. [8350] Je c connais la manière des Français fanfarons* : ils ont c le corps bien garni de hauberts doubles, mais en c bas, aux jambes, ils n'ont que les chausses. Et si c vous visez aux jarrets et frappez dru, quand la « chasse cessera, il y restera du carnage. > [8355] Et ils répondent : c C'est la récompense qu'ils auront. » Et on se dit l'un à l'autre : c Avons-nous assez de c compagnons ? * — Ugo de la Mote répond : c Ici il

4. Les escaliers qui conduisaient des remparts an fossé; cf. v. 8340. Je place le v. 8331 avant le v. 8330 et corrige oêtalUrsen escaliers; cf. 8359.

2. Bobanciers, cf. ci-dessus, p. 351 n. 2, et Aiol, vv. 1157,

c y en a de reste ; mais c'est quand on en sera aux € coups qu'on pourra faire le compte des combat- € tants ! » Et là-dessus, ils sortent par les escaliers, [8360] s'avancent par la plaine et occupent le terrain, en criant : c Toulouse ! voici que le brasier s'allume. < A mort ! à mort ! ils n'y échapperont pas !» — Et du côté opposé, Français et Berruyers les reçoivent, criant : c Montfort ! Montfort ! nous vous ferons menc tir ! » [8365] Et là où ils se rencontrent le carnage est complet : des épées, des lances, des aciers tranchants, ils se frappent et se portent des coups sur les heaumes de Bavière. Mais Ârnaut de Lomagne leur dit deux mots pour les exciter : c Frappez, chère troupe, c songez à la délivrance : [8370] c'est aujourd'hui que c Parage sera affranchi d'une tyrannie maudite. » Et ils répondirent : c Vos paroles se vérifieront. » Et le tumulte, les cris, l'abattage, redoublent de la part des bourgeois et des hommes du chapitre, [avec eux] Raimon de Las Bordes, vaillant et actif, [8375] Bernart de Saint Martin, pressant et vif, W. P. de Montiaur1, combattant acharné, Peire de l'Isle, solide et actif2, B. de Gomminges8, hardi et toujours prêt; aussi W. Br . de Luzenac4,

1. t Est-ce le « Pontius de Montelauro » contre lequel, au rapport de P. de V.-C. (ch. lxxxv, Bouq. 91 de), Simon de Montfort marcha, vers 1214, parce que ce seigneur c episcopos terrae, pacem et ecclesiam, in quantum poterat, perturbabat » ? D'après P. de Y.-G. il vivait du côté de FArgentière (Ardèche), et se soumit à Simon aussitôt qu'il apprit qu'il allait être attaqué.

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