Le poème mentionne successivement la barbacane du Pont
nouvellement construit, sont les habiles archers qui tirent dru et protègent la rive et les abreuvoirs, [9545] de sorte qu'aucun bateau ni aucun ennemi n'y puisse aborder.
Les barons, tous ensemble, ont juré sur les reliques, que crainte, assaut, coups, blessures, panique, mort, carnage [9550] ne feront quitter à personne son poste ; les Toulousains, d'un commun accord, désignent parmi les meilleurs et plus braves de la ville, des chevaliers, des bourgeois, des sergents pour aller au secours là où l'effort de l'ennemi sera le plus grand1. [9555] La ville est mise en parfait état de défense avec les barons [alliés], avec les Toulousains, avec le glorieux martyr2 et les autres saints. Que le fils de la vierge, qui est splendeur et lumière et donna son sang précieux pour assurer la victoire à Merci, [9560] veille sur raison et droiture ; qu'il prenne garde que les torts et les crimes retombent sur les coupables ! Car le fils du roi de France s'avance, plein d'orgueil, avec trentequatre comtes, et tant de monde qu'il n'est en ce monde aucun homme capable [9565] d'en compter les mille et les cents. Le cardinal de Rome3, qui prêche et
Neuf (v. 9541) et le pont du fiazacle (v. 9542); la réd. en pr. ne mentionne que c le pont neuf du Bazacle qui était fait depuis peu » ; et en effet, les deux désignations du poëme se rapportent & un seul et môme pont, qu'on pourrait appeler indifféremment Pont neuf ou pont du Bazacle; voy. Du Mège, Inst. de Tout., 1,69.
1. Il s'agit ici de la formation d'une réserve composée de Toulousains, à la différence des défenseurs placés en première ligne qui paraissent avoir été tous ou presque tous étrangers à Toulouse, comme la liste qui précède le montre.