‹ La chanson de la croisade contre les Albigeois, commencéeChapitre 69 sur 303 · Bouchart de Marly · texte numérisé non relu

Bouchart de Marly

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Martin Algai l ; et là-bas en Narbonnais il envoya pour Àimeric, afin que chacun vint. Et ils viennent tous : ils n'osent s'en défendre, dès que le comte de Montfort le leur a commandé *.

1. P. de V.-G. nous apprend (fin du ch. lvi) que ce personnage était espagnol. D'abord partisan des croisés, nous le voyons bientôt lâcher pied, probablement par trahison, dans un combat contre le comte de Foix (y. 2145). Plus tard il est décidément au service du comte de Toulouse qui lui confie la défense du château de Biron. Il y est pris et mis à mort par ordre du comte de Montfort (v. 2454 et suiv.). Cest à cet individu que fait allusion le troubadour Ugo de 8aint-Cyr dans la pièce où, s'adressant au vicomte de Turenne, il lui dit qu'en sa compagnie on ne souffre pas moins qu'en celle de Martin Algai (Mann, Ged. d. Troub. n° 1144; cf. Oiez, Leben u. Werke d. Troub. p. 415). Ce Martin Algai était vraisemblablement le seul subsistant alors de quatre frères auxquels Bertran de Born fait une allusion fugitive au dernier vers de sa pièce c Al dous non termini blanc » (Raynouard, Choix, IV, 172) disant que le roi Richard est plus porté à la guerre qu'aucun des Algais. L'exposition (la c razos ») de cette pièce nous fournit à ce propos un précieux témoignage : t Les Algais étaient quatre frères, grands brigands et gens de t proie, qui menaient à leur suite bien mille brigands à cheval et « deux mille à pied, et ne vivaient d'autre rente ni d'autre pour- « suite. » (Choix, V, 95.) Mathieu Paris (Hist. major, an. 1196, Wate, p. 182/24; Luard, II , 421) mentionne, comme étant à la solde de Richard Cœur de lion, les routiers c Markadeus, Algais < et Lupescarus, natione Provinciales ». En 1203 une lettre circulaire de Jean sans Terre le qualifie de sénéchal de Gascogne et de Périgord (Rotuli litteratum patentium, I, 28 b). Martin est le seul des Algais sur la fin de qui nous soyons exactement renseignés, n est probable que le sort des trois autres ne rat guère moins misérable, car Peire Cardinal, dans une pièce qui parait se rapporter à la mort de Baudouin frère de Raimon VI (voy. Diez, Leben, p. 457), prie Dieu d'abaisser et de détruire les traîtres comme il a fait à l'égard des Algai* (Raynouard, Choix, IV, 362; Pam. occit. p. 315).

2. Ceci ne parait pas très-exact, surtout en ce qui concerne Aimeric de Narbonne. P. de V.-G. (ch. lvi, Bouq. 53 b) nous

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Le comte de Montfort convoqua ses barons. [1980] Un jour il était à Garcassonne, comme dit la chanson, autour de lui [il avait] bien cent compagnons qui étaient bons aux armes, hardis comme lions : c Seigneurs, » leur dit-il, c écoutez mes paroles : le comte de Toulouse a mandé ses hommes, [1 985] de toutes ses terres et [ceux] de ses compagnons l. Ils sont plus de deux cent mille, selon ce que me dit un damoiseau que m'envoya comme messager le bailli de Limoux *. Ils se forment à Montferrand et là-bas vers Avignonet3, et ils veulent m'assiéger, si grande est leur hardiesse ! [1 990] en quelqu'endroit qu'ils me trouvent, en aval, en haut ou en bas. Je veux avoir votre avis ; quel le me donnerez-vous? que me conseillez-vous ? >

montré Simon envoyant Gui de Levis et Mathieu de Marli à Garcassonne, à Bésiers, pour avoir du secours, • sed cum perc versi homines et jam vacillantes nollent eos audire, etiam tune

• Aimericum dominum Narbonœ et cives Narbonenses adierunt, c rogantes et monentes ut ad adjuvandum comitem festinarent.

• Responderunt cives Narbonenses et dixerunt Marescallo quod si c Aimericus, dominus eorum, iret cum eis, ipsi eum sequerentur; c ipse vero nullo modo, utpote vir argutissimus, potuit ad hoc c induci. • Finalement les envoyés du sire de Montfort ne purent tirer de Narbonne plus de 300 auxiliaires, et de tout le Garcassais, plus de 500, qui bientôt refusèrent de marcher : c sed omnes statim c ad propria refugerunt. » »

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