A DIEU
Pour satisfaire ma foi et ma conscience, il me faut d’abord, et avant toute chose, remercier Dieu. Ma destinée fut son ouvrage — mes luttes me furent utiles pour apprécier mieux mes victoires. Dieu se manifesta sous toutes les formes, dans toutes les années de ma vie, et depuis ma naissance, il me combla de nombreuses joies et de nombreuses peines, en un mot il me permit de « vivre » la vie, bellement, d'en connaître toutes les nuances, toutes les phases, et combien je remercie Dieu de n’avoir point fait de moi un être « exclusivement » heureux !
Combien je lui sais gré de m'avoir fait connaître le goût de la douleur et celui des larmes, de m'avoir permis d’endurer les tortures physiques du corps, celles du cœur, et d’avoir déposé en moi la facilité de pleurer sur les malheurs des autres, à force d’avoir dû pleurer sur les miens; ce sont les luttes et les douleurs de ma vie qui firent l'ultra sensibilité de mon cœur. Ah! comme j'ai
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